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Rassemblement contre l’extradition de Marina Petrella le 28 mars à 18 heures

mardi 25 mars 2008 - Contacter l'auteur

MARINA PETRELLA : signez la pétition de soutien ici

Rassemblement vendredi 28 mars à 18 heures Fontaine des Innocents (les Halles)

Marina Petrella a été arrêtée en France le 21 août dernier alors qu’elle effectuait une banale formalité administrative. Elle est, depuis, incarcérée à la maison d’arrêt de femmes de Fresnes et fait l’objet d’une procédure d’extradition à la demande du gouvernement italien.

Il y a trente ans, en Italie, elle fut de ces dizaines de milliers de jeunes militants dont la révolte – qui s’était radicalisée jusqu’à la lutte armée – fut durement réprimée par une justice d’exception. Après 8 années de détention préventive, Marina s’est réfugiée en France en 1993.

Parole d’État ou Mensonge d’État ?

En effet, peu après sa première investiture, François Mitterrand, dans un objectif d’apaisement, avait décidé d’accorder un asile aux Italiens réfugiés en France – en pleine connaissance des faits reprochés et sans discrimination. Un asile « à l’abri de toute sanction par voie d’extradition » pour autant, évidemment, qu’ils aient « rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés » et renoncent définitivement à toute forme de violence. Ce qu’ils ont fait.

Le judiciaire contre le politique

Alors que l’Etat italien s’enferrait dans le refus d’une amnistie pour les délits commis dans les années 60 et 70, la parole donnée par François Mitterrand a été respectée pendant 20 ans par les gouvernements de gauche et de droite qui se sont succédé dans notre pays.
L’engagement de la France fut concrétisé par la régularisation administrative de tous les réfugiés italiens, la délivrance de cartes de séjour en bonne et due forme, et, en conséquence, par la reconstruction en France de la vie de ces réfugiés.
Ainsi, Marina, arrivée en France en 1993 avec sa fille aînée alors tout enfant, a donné naissance à une seconde fille aujourd’hui âgée de 11 ans et s’est investie depuis 15 ans dans son métier d’assistante sociale en mairie ou au sein d’associations.

Cette politique d’asile a été brisée durant l’été 2002, avec la livraison à l’Italie de Paolo Persichetti, puis, en 2004, avec la décision d’extrader Cesare Battisti. C’est maintenant au tour de Marina : un « avis favorable » à son extradition a été prononcé le 14 décembre dernier par la Chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Versailles. Dorénavant, une vingtaine de réfugié-e-s italien-ne-s installés en France depuis des décennies vivent avec la même insupportable menace sur leurs vies, leurs destins, et ceux de leurs familles.

L’Europe carcérale

Pourquoi cette rupture ? Pourquoi cette trahison de la parole de l’Etat ? Après l’attentat contre les « Twin Towers » en 2001, les gouvernements européens se sont lancé dans la nouvelle croisade : en 2002, un accord fut conclu entre les gouvernements français et italiens relatif à « la lutte contre le terrorisme ». Ainsi, se trompant d’époque et de conflit et pour véhiculer une image de « fermeté », les deux Etats ont entrepris d’exhumer des tiroirs de la République française quelques anciens exilés des « années de plomb », et de les extrader les uns après les autres pour donner en pâture à une opinion publique inquiète des listes de noms savamment mélangés à quelques faits sanglants des années 70.

Sarkozy, Fillon et la vie de Marina

Contre l’avis de la Chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Versailles, un pourvoi en cassation a été introduit en décembre dernier. Nous approchons donc de la phase politique de la procédure d’extradition de Marina Petrella. Laquelle procédure laisse au gouvernement français la plus totale liberté puisqu’en matière d’extradition l’avis des juges – quand il est favorable – n’est pas contraignant. Il appartiendra donc exclusivement aux autorités politiques françaises de décider au final du destin de Marina Petrella.

Un État pénal

En signant le décret d’extradition, François Fillon, et donc l’omnipotent Nicolas Sarkozy, condamneraient Marina à finir ses jours dans les geôles italiennes pour des faits remontant à plus de 25 ans. Et ce en exécution d’une sentence prononcée en Italie voici 15 ans, en violation de toutes les règles d’un procès équitable, en application d’une législation « d’exception » mise en place dans un contexte de « guerre civile de basse intensité ».

Extrader aujourd’hui Marina Petrella, ce serait ne tenir aucun compte de l’écoulement du temps, de l’éloignement des faits et de leur contexte, de la réinsertion sociale incontestable de tou-te-s ces réfugié-e-s.

DROIT D’ASILE !

La signature du décret d’extradition de Marina Petrella constituerait donc une violation des engagements de la France et un déni du droit d’asile. Ce serait pour la France faire le choix du « tout pénal » et renoncer aux principes qui font de la France un Etat de droit.
L’asile accordé par la France pendant 20 ans a signifié le choix d’une politique d’apaisement, choix fondé sur le principe d’une amnistie de fait pour les délits anciens, à l’opposé d’une politique de la vengeance et de la punition sans fin. Celles et ceux qui ont, depuis des décennies, renoncé à la violence armée doivent pouvoir connaître la paix : une résolution politique des conflits sociaux est l’essence même de la démocratie.

Nous demandons aux autorités françaises de respecter l’asile octroyé par la France voici 25 ans et de permettre le maintien de Marina Petrella sur le sol français parmi les siens. Le déni d’asile aux réfugiés italiens n’est pas seulement une inacceptable injustice : c’est le signe inquiétant, parmi tant d’autres, d’une dérive vers l’arbitraire et le cynisme politiques.

FILLON NE DOIT PAS SIGNER !

En solidarité avec Marina Petrella et les réfugiés politiques
tous à la Fontaine des Innocents
le vendredi 28 mars 2008, à 18 heures
Contre le terrorisme judiciaire de l’État pénal

Les Collectifs de solidarité avec Marina Petrella
Contact et signature de la pétition : www.paroledonnee.info

Pour éclairer la cellule de Marina de notre solidarité, inondons-la de nos cartes postales :
Marina Petrella, Maison d’Arrêt de Femmes, N° d’écrou 932940, Allée des Thuyas, 94261 Fresnes

Chèques ou virements à l’ordre de Janie Lacoste (67 rue de la Mare, 75020 Paris)
CCP : 2113776N020 54 (établ.30041/guichet : 00001).

APRES LE RASSEMBLEMENT DU VENDREDI 28 MARS A LA FONTAINE DES INNOCENTS EN SOUTIEN A MARINA VENEZ FAIRE UN DEBRIEFING CONVIVIAL ET SYMPA à LA FASTI 58 RUE DES AMANDIERS PARIS 20 EME METRO PERE LACHAISE ON POURRA DISCUTER DE LA MOBILISATION ET DE CE QUI NOUS UNIT AUTOUR D UN VERRE

Mots clés : Dazibao / Extraditions - Exil / FR - Ile de France (01) / Manifs-actions / Marina Petrella /
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