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Rencontre avec Subhi Toma

lundi 27 janvier 2003 - Contacter l'auteur


Subhi Toma est sociologue, d’origine irakienne, exilé en
France depuis 1971. Il a été secrétaire général
des étudiants irakiens opposants au régime de Bagdad.
Cofondateur de la coordination internationale contre les embargos,
il a conduit plusieurs missions d’observation en Irak depuis la
guerre de 1991.

Déjà en décembre 2000 Subhi Toma avec des
organisations humanitaire et nombreuse personnalité a participe
a l’organisation de "Un avion pour l’Irak" contre l’embargo :

"Il est urgent de relayer le cri d’alarme lancé par
des organisations humanitaires, des responsables politiques ou
d’anciens hauts fonctionnaires de l’ONU en place en Irak sur les
effets dévastateurs des sanctions imposées sur ce
pays depuis bientôt dix ans. Ces sanctions, désignées
aussi sous le vocable plus neutre d’embargo, tentent à
priver le peuple irakien de ses droits à l’éducation,
à l’emploi et à la santé. Selon l’UNICEF,
plus d’un million d’enfants sont morts depuis 1991, soit une moyenne
de 152 par jour. Le taux de mortalité infantile de 7000
par an avant la Guerre atteint maintenant 50000 et cette augmentation
peut être directement attribuée à la malnutrition
ou à des maladies qui ne peuvent être traitées,
faute de médicaments ou de vaccinations. Cette pénurie
affecte de plus le traitement de cancers en tous genres en nette
augmentation parmi la population adulte et enfantine (leucémie)
à la suite de l’utilisation par les forces armées
américaines d’armes en uranium appauvri." il disait
Subhi Toma.

L’opération "Un avion pour l’Irak" restera clouée,
en décembre 2000, au sol à cause de la pression
des autorités américaines sur le gouvernement française
et sur les autres pays d’europe.

Paris, le rencontre :

"Rappelons pour commencer que l’accord pétrolier
entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite arrive à
échéance en 2005 et qu’il sera sans doute compliqué
à renégocier. Rappelons ensuite la constance de
Washington à sécuriser son approvisionnement énergétique
dans la région. Enfin, souvenons nous de la place particulière
que la Grande Bretagne, qui a formé une partie de la classe
moyenne irakienne, souhaitait accorder à ce pays aux portes
de l’Asie et du Golfe".

"Des Irakiens, reconnus comme des forces politiques d’opposition
à la dictature de Bagdad en exil, ils se sont réunis
à Londres les 14 et 15 décembre, parmi eux, des
représentants des deux partis Kurdes, d’anciens baasistes,
des communistes, mais surtout des membres du Conseil suprême
de la révolution islamique en Irak (SCIRI), des chiites
basés à Téhéran et dirigés
par l’ayatollah Mohammed Bakr al-Hakim. Sa présence traduit
les tractations actuelles entre Washington et Téhéran.
Les Américains souhaitent obtenir la neutralité
de l’Iran. Ils ont donc besoin de cette opposition pro-iranienne
qui constitue un gage de choix. Les Kurdes ont des revendications
nationalistes, et le Congrès national irakien (CNI), mouvement
pro-américain dirigé par le banquier Ahmad Chalabi
est presque anecdotique et ne dispose pas de légitimité
de terrain suffisante.
L’ayatollah Bakr al-Hakim s’est prononcé en faveur de l’instauration
de la Charia en Irak, on ne peut donc pas le qualifier de démocrate
modèle. Mais il faut aussi savoir que depuis des années,
les États-Unis soutiennent des mouvements rigoristes dans
la région"

"Ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis
de mettre en place un gouvernement démocratique car la
démocratie doit s’accompagner d’une certaine transparence,
or Washington n’a pas trop intérêt à opérer
une prise de contrôle de l’industrie pétrolière
au grand jour. Les vrais opposants auraient préféré
que l’on soutienne leur action et leur revendication pacifistes
plutôt qu’on leur impose par la force un changement de régime".

"Les Américains avaient promis aux Afghans de mettre
en place un gouvernement démocratique. Ce qui s’est passé
c’est qu’ils ont remplacé une bande de fanatiques par une
bande de trafiquants tueurs. La démocratie en Afghanistan,
ce n’est pas pour demain. Il va se passer la même chose
en Irak, mais il existe encore de chances pour la paix et je souhaite
une vie meilleure pour mes compatriotes il faux sortir de l’embargo
et il faux se mobiliser vite sans attendre le début de
la guerre, bien sur je donne mon soutien total a la manifestation
"pour la paix contre les guerre" organise a Paris pour
le 18 janvier a 14.30 a Montparnasse e a toutes les autres forme
d’initiatives contre cette guerre "

Le Collectif Bellaciao
27.01.2003

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Les
signataires de l’appel "Un avion pour l’Irak"

L’irak
victime du pétrole

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