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SARKOZY fait le choix de L’AFFRONTEMENT

Publie le jeudi 19 février 2009 par Open-Publishing
5 commentaires

Éditorial, par Patrick Apel-Muller

Nicolas Sarkozy parle et ses paroles s’envolent. En un an et demi de pouvoir sans partage, le président de la République a saturé les écrans et les ondes comme aucun chef d’État avant lui, espérant ensevelir toute opinion critique sous le flot de ses réactions. À l’origine était le verbe… mais il n’a pas résisté à l’épreuve des faits et le gros temps lui est fatal. Si l’Élysée n’est plus crédible, c’est que la crise apporte la douloureuse confirmation que les choix libéraux conduisent dans le mur et sont néfastes pour l’immense majorité des Français qui paient la facture des spéculations des plus riches. Les annonces de mercredi soir sont très loin de permettre une relance de l’activité. Les grands syndicats unanimes l’ont déploré et ont appelé à l’action le 19 mars puisque le président a choisi l’affrontement.

Le mécontentement du pays - ce n’est plus seulement de l’inquiétude - a cependant acculé Nicolas Sarkozy à concéder quelques mesures sociales supplémentaires. Il ne parle plus de 1,4 milliard destiné au social mais de 2,6 milliards en assurant la création d’un fonds d’investissement social. C’est mieux que lors de son interview télévisée, mais c’est si peu quand on le compare aux 6 milliards d’euros offerts aux grandes fortunes par la loi TEPA ! Il a beau multiplier les manœuvres de diversion, larguer des leurres, jouer la montre, le mouvement social, symbolisé par une exceptionnelle unité syndicale, le presse de toute part. Mais un nouveau « coup d’épaule » sera nécessaire le 19 mars, prédisaient des syndicalistes, avant l’ouverture du sommet social. Les faits leur donnent raison. Le président lâche un peu de lest mais ne change pas de cap.

Une nouvelle fois, la droite et le patronat tentent d’élever un barrage contre la revendication d’augmentations de salaires. Ils inventent des mesures provisoires : l’illusoire partage des bénéfices qui maintiendrait les salaires au plus bas par temps de vaches maigres et dégraderait les comptes sociaux et les retraites, une prime ici, une baisse d’impôts pour quelques-unes et pas pour les 16,5 millions de foyers non imposables… Les mesures restent ponctuelles et chiches. Les grotesques acrobaties pour rebaptiser le « chômage partiel » en « activité partielle » résument l’entreprise. Nicolas Sarkozy et son amie Laurence Parisot, qui s’est montrée brutalement intransigeante, veulent à tout prix maintenir l’effarante régression qu’ils sont parvenus à imposer : le partage des richesses créées entre le capital et le travail n’a jamais été aussi défavorable aux salariés depuis 1960 !

Comme si de rien n’était, le président maintient le massacre de l’emploi public et des hôpitaux, refuse toute hausse du SMIC, reprend la rengaine de la baisse du coût du travail, des cadeaux en tous genres pour le patronat - 28 milliards d’exonération de la taxe professionnelle ! - et il continue à sanctuariser l’impôt le plus injuste, la TVA, qui frappe au même niveau l’ouvrier modeste et le PDG du CAC 40 lorsqu’il achète la même marchandise. Comme si de rien n’était… alors que des millions de Français tirent le diable par la queue, que 50 000 chômeurs s’ajoutent chaque mois, que des centaines de milliers de salariés sont au chômage partiel. Même quand il paraît conditionner des allégements de charges sociales, c’est seulement à l’ouverture de négociations par les directions d’entreprise et non à leurs conclusions !

Un débat s’est ouvert dans la société que ni la répression en Guadeloupe, où un syndicaliste a été assassiné, ni l’arrogance des ministres, ni les doctes leçons des économistes patronaux, qui se sont toujours trompés, ne parvient à circonscrire. Il porte sur la manière de produire, pour qui et pour quoi, sur le rôle des banques et la priorité donnée aux marchés financiers… et désormais sur le capitalisme même qui n’apparaît plus comme le fin du fin de l’histoire. À suivre, le 19 mars et dans les mois qui viennent.

http://www.humanite.fr/L-editorial-...

Messages

  • je suis tres frustre par la deplorable, mise en scene de l’elysé. IL n’a même pas été a la hauteur de ces paroles. Je me demande, si parfois il sait au moins ce qu’il dit ? A croire que non, Un avertissement n’a pas ete suffisant il en faut un second voir même une greve generale. Ce qui serais vraiment bien en fait, plus rien ne marcherais comme en oute mer, et la peut être il prendrais concsience des la réalitée de la vie des Français de toutes classe.

  •  Pas de hausse de smic = pas de consommation.

     Restons vigilants à l’allègement des charges sociales = fin de la Sécu et de la retraite par répartition.

     Les économistes que nous connaissons ne savent faire qu’une chose, c’est blablater.

     Ne pas oublier que Sarko et toute sa clique nous coûtent très cher en dépenses somptuaires et en gaspillages de tous genres. Même un Chirac, à part son petit déj’ quotidien à 300 € , n’arrive même pas à la cheville de NS.

    Qui contrôle Sarko ?

    Ne serait-il pas urgent de faire pratiquer des audits sur les entreprises ? Il y aurait de belles surprises en substance.

  • Comme d’habitude une série de mesurettes qui apporteront quelques centaines d’euros de plus à un certain nombre de personnes dans le besoin, mais rien à côté des cadeaux bouclier fiscal en faveur des plus riches.

    Il refuse de revaloriser le Smic, comme bien sûr les autres salaires. Mais il continue de poursuivre ce qu’il appelle les réformes, c’est-à-dire le démantèlement des services publics : le système hospitalier, l’enseignement etc.

    Pour les patrons des grandes entreprises et des actionnaires, il a joué les moralistes en faisant appel à leur bonne volonté. Le Medef lui avait répondu par avance qu’il n’était pas question d’accepter de voir remis en cause.

  • Sarko devrait déjà annuler sa commande de EPR pour en faire des économies d’énergies et de créer des emplois du temps intelligent, 7 fois plus que ne le ferait cette construction nucléaire de dégénération à 5 milliards d’euros, vous vous rendez compte, le social en france ne mérite guère plus qu’une moitié d’EPR , ben dites donc !

    Allez sans rancune, et dites leur a MGB et consort que le NUC c’est dépassé.