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Elle n’est pas belle, la France du Gagner plus du Ptit ?
Sarkozy, le président attrape-grognes
FRANCE |
Après deux ans de pouvoir, le président de la République a mené nonante grandes réformes. Mais éprouve mille peines à les traduire en actes.
cf JEAN-NOËL CUÉNOD PARIS
Après deux ans de pouvoir, le président Nicolas Sarkozy concentre sur sa personne le mécontentement social des Français. Il est devenu un président attrape-grognes. Son bras droit, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, met en avant les nonante grandes réformes que Sarkozy a engagées. Aucun président n’en avait fait autant, du moins sur le plan quantitatif.
Car on serait bien en peine de dégager une seule qui soit emblématique de son début de règne, comme la suppression de l’exécution capitale pour François Mitterrand ou la loi sur l’avortement pour Valéry Giscard d’Estaing.
Panorama contestataire
D’autant plus que plusieurs réformes lancées par l’actuel président éprouvent mille peines à être traduites dans la vie de tous les jours, en raison de la résistance des différentes catégories sociales à les accepter, notamment dans trois secteurs.
Les ouvriers en colère. Les 20% des ouvriers avaient voté pour Nicolas Sarkozy il y a deux ans. Aujourd’hui, ils sont les plus nombreux à se déclarer déçus par l’action présidentielle. Il faut dire que la crise a donné un brutal coup de vieux au slogan sarkozyen « travailler plus pour gagner plus ». Cette formule qui sonnait bien aux oreilles ouvrières leur est devenue inaudible. Avec 2,1 millions de chômeurs et une augmentation de 282 000 sans emplois prévue pour 2009, l’heure n’est plus aux… heures sup ! D’où l’impression de ces salariés de ne pas être entendus. Ce qui, parfois, se traduit par des séquestrations de patrons.
L’université à la dérive. La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, est parvenue à faire passer au parlement ses réformes, destinées notamment à donner plus d’autonomie aux présidents d’université. En revanche, elle a dû reculer sur de nombreux points devant la mobilisation impressionnante des professeurs, des chercheurs et des étudiants. Malgré cela, le mouvement de grogne se poursuit. La grande crainte des universitaires est de voir leurs établissements sortir du service public pour être placés sous la coupe des intérêts économiques.
Les prisons au bord du volcan. En matière d’exécution des peines, la France accuse un retard considérable par rapport à ses voisins. Dans ce domaine, elle est plus proche de la Turquie que de la Suisse. La surpopulation carcérale atteint un niveau record : 63 351 détenus pour 52 000 places. L’an passé, 15 prisonniers se sont suicidés. Cette désespérance extrême touche a ussi les gardiens. Dix d’entre eux ont mis fin à leurs jours depuis le début de l’année. Les surveillants n’ont pas le droit de faire grève. Mais actuellement ils mènent diverses actions de désobéissance civile pour se faire entendre.




