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TCHÔK

jeudi 2 octobre 2014, par Nemo3637

TCHÔK , 8 euros. Editions Armaguedon BP 12 – 65501 VIC, 8 euros.
Email : lutte972 at orange.fr

L’auteur d’un livre est-il le mieux placé pour parler de son œuvre ? On peut bien sûr en douter… Mais comme très peu ont osé parler du mien, même pour le contredire, hormis Radio Libertaire qui m’a interviewé, il me semble nécessaire de le promouvoir moi-même, d’en faire une nouvelle évocation, soulignant le succès d’estime qu’il a déjà eu sous les Tropiques.

« Tchôk », écrit en 2013, évoque « la crise capitaliste, des conflits et des enjeux » entre 2009 et 2014. Plongeant d’entrée dans l’action, il a sans doute le « défaut » de situer celle-ci, au départ, dans les Antilles. Certains l’ont donc rangé trop rapidement dans la série des ouvrages à caractère régionaliste, voire localiste. Ce sont bien pourtant des questions sur l’ordre mondial qui sont posées. Cet ordre capitaliste fonçant vers le chaos est ici revisité, exploré à travers cette vaine quête pour une « reprise » que l’on sait ne jamais venir. « Tchôk » explique pourquoi il n’y a pas d’avenir pour le système capitaliste tel qu’il s’est construit au XIXe et XXe siècle.

Sont explorées aussi les fausses pistes proposées par ceux qui tout en prétendant défendre les démunis, sont simplement porteurs d’un réformisme anachronique dénué de toute rationalité.

L’actualité, avec la démission de certains ministres, nous montre que la politique des états ne peut aujourd’hui déroger à ce que commande la Finance.
Le danger populiste est également évoqué. Sciemment minimisé, c’est la dernière carte que joue le système s’apercevant qu’il ne peut plus faire illusion. Ses partisans sont déjà aux marches du pouvoir en Europe. Au Moyen-Orient, en Asie ou en Afrique, il a revêtu les oripeaux de la religion.

Il ne rencontre aucune opposition sérieuse de la part des libéraux encore au pouvoir en Occident car on connait trop bien son utilité pour écraser toute velléité de résistance populaire. On compte les lâcher quand la dernière esbroufe des financiers aura fait long feu.

La droite fascisante, celle qui était parvenu au pouvoir en France dans la confusion de la défaite militaire de 1940, a donc ressurgi en force dans les années 1980. Xénophobe et démagogue, elle plonge directement ses racines dans le pétainisme et l’antisémitisme comme le montre l’origine de ses fondateurs tels François Brigneau, ancien milicien, ou Roland Gaucher.

Si le populisme voit un boulevard s’ouvrir devant lui, c’est parce que l’opposition prolétarienne est aujourd’hui considérablement affaiblie. Car seul un prolétariat combattant, porteur de l’alternative, pourrait le combattre et le vaincre.

Tchôk évoque cette alternative qui n’est qu’une utopie « raisonnable » et qui ne peut survenir que par un sursaut populaire où chacun fera preuve de volonté et de détermination. On en semble loin, dira t-on. Pourtant vaille que vaille, des conflits inévitables surgissent et des luttes souvent désespérés s’engagent.
Que cette énergie soit canalisé dans le bon sens est l’objectif des militants qui doivent délaisser les jeux politiciens des partis et des élections, pour s’impliquer dans des luttes de terrain où l’essentiel réapparait. Dans le combat, nombre de camarades tombent sous le coup de persécutions, souvent dans la solitude née du reflux des luttes. Hervé Pinto, comme d’autres, a été ainsi injustement condamné pour son action syndicale. Ne sommes nous pas condamnés à poursuivre ledit combat.

Bien sûr, nombre de vieux camarades préfèrent évoquer les chers souvenirs d’antan plutôt que de débattre sur une réalité qui semble nous échapper. C’est de ceux qui ont choisi la lutte d’aujourd’hui dont parle Tchôk.