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Sylvain Besson
Nicolas Sarkozy est pris en étau entre deux crises. Le président joue peut-être son mandat en ces jours décisifs
Nicolas Sarkozy s’attendait à un hiver difficile, mais sans doute pas à ce point. Le voilà pris en étau entre deux crises : la tourmente financière, qui menace la France d’une sévère récession, et les émeutes en Guadeloupe, dans lesquelles certains Français voient le signe avant-coureur des désordres qui pourraient gagner la métropole.
Sur ces deux fronts, le président n’est pas exempt de reproches. Il a tardé à prendre la mesure du conflit aux Antilles, où son long silence et les atermoiements de son gouvernement ont été perçus comme des signes de mépris.
Concernant l’économie, en revanche, il a réagi vite. Mais la succession de plans annoncés en cascade depuis l’automne donne l’impression qu’il court derrière les événements, sans réelle vision. Les 2,6 milliards d’euros d’aides annoncés mercredi ont peu de chances de calmer les mécontentements, dans un pays qui a gardé en travers de la gorge les 360 milliards de prêts et de garanties consentis en octobre pour sauver les banques.
Après vingt-deux mois de pouvoir, l’homme de la « rupture » se retrouve ainsi acculé dans la posture traditionnelle du président français aux abois, plombé par les mauvais sondages, et contraint de multiplier les concessions face aux protestations qui s’accumulent.
Son tournant « social », amorcé le 5 février et confirmé hier, est lourd de dangers. Même si elles sont limitées dans le temps et ciblées sur les plus modestes, les aides annoncées par Nicolas Sarkozy ressemblent fort à ces « coups de pouce » de l’Etat – au salaire minimum, aux retraites, aux allocations diverses – qui ont médiocrement servi la France depuis trente ans.
Le président joue peut-être son mandat en ces jours décisifs. Car ses difficultés actuelles alimentent une critique récurrente ces derniers mois : il a réformé beaucoup, mais pas toujours en profondeur, et l’on cherche encore dans son bilan une action décisive, à même de modifier radicalement le visage de son pays.
Jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy balayait ce reproche en assurant qu’il aurait, contrairement à ses prédécesseurs, la ténacité nécessaire pour réformer tout au long de son règne. Il l’a redit hier : « Les réformes doivent continuer. » Le contexte actuel, fait de crise économique et d’impopularité, pourrait lui interdire d’honorer cette promesse.





Messages
1. Un président en état de siège, 19 février 2009, 10:08, par momo11
Non, ses réformes sont bien appliquées en faveur du merdef,et des plus riches. Qu’attendre de ce "monarque" ;rien.Donc il nous reste la rue,a l’exemple de nos camarades des dom tom .momo11
1. Un président en état de siège, 19 février 2009, 10:11
Le Medef s’interroge sur le financement des mesures anti-crise, cf le matin ch
"Je ne sais pas si on peut dire que le compte n’y est pas" comme le disent les syndicats "car je n’arrive même pas à faire les comptes", a déclaré Mme Parisot sur France Info. "Tout ceci se passe au moment où Bruxelles rappelle la France à l’ordre" sur les déficits, a-t-elle souligné.
"Il faut faire les choses d’une manière telle que cela ne grève pas l’avenir. Et aujourd’hui on peut se poser des questions", a poursuivi Mme Parisot.
Selon elle, "il faut faire les choses avec maîtrise". "J’étais très surprise d’entendre hier le président de la République dire qu’il approuvait la proposition de la CFDT de créer un fonds d’investissement social", a poursuivi la présidente du Medef.
Doté de 2,5 à 3 milliards d’euros, que l’Etat est prêt à financer pour moitié, ce fonds doit coordonner les efforts en matière d’emploi et de formation professionnelle.
"Rien ne nous a été dit sur comment financer ce fonds", a relevé Mme Parisot, rappelant sa proposition d’un "comité de pilotage des outils de réponse à la crise" pour assurer notamment un "monitoring financier".
Au sujet des discussions entre partenaires sociaux sur la valeur ajoutée et le profit, qu’a demandées Nicolas Sarkozy en menaçant d’intervenir, Mme Parisot s’interroge : "qu’est-ce qu’il va faire, qu’il le dise".
"Je crois que les choses n’ont pas été dites non plus de ce point de vue-là", a-t-elle ajouté.
"Les entreprises françaises n’ont pas à rougir de la façon dont elles rémunèrent leurs salariés, de la façon dont elles vont même au-delà de tout ce qui se fait en Europe, dans le monde occidental, avec les systèmes de participation et d’intéressement", a-t-elle martelé.
2. Un président en état de siège, 19 février 2009, 10:17
"Tournant social" quel tournant social ? L’auteur de ce brillant article devrait prendre rendez-vous au plus tôt avec son ophtalmo.
3. Un président en état de siège, 19 février 2009, 14:29
alors ? a quand le siège éjectable pour le despote ?
Makhno
1. Un président en état de siège, 19 février 2009, 15:46
"Despote", c’est pas un produit violemment corrosif qui débouche les chiottes ?
;-)
LL
2. Un président en état de siège, 19 février 2009, 15:47
En son temps, Rika Zaraï préconisait des bains de siège répétés dans l’eau froide et les légumes pour déboucher certains transits.....
3. Un président en état de siège, 19 février 2009, 17:27
Oui, mais depuis "despote" est arrivé !
4. Un président en état de siège, 19 février 2009, 17:10, par (k)G.B.
En état de siège ?
Vous voulez dire qu’il est bien assis sur le trône ?
(k)G.B.
5. Un président en état de siège, 19 février 2009, 17:37
Non mais il rêve encore ? Si ce sont des réformes, genre loi sur les belles-mères, les beaux-parents dans les familles recomposées, on s’en tape un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ! Si cette loi qui semble l’agiter du bocal, est faite pour mieux contrôler l’héritage du fils de Carla, ou pour que son Louis, par rapport à Attias..., eh ben c’est pas une réforme ça.
Quelqu’un a suggéré à la radio ce matin (RMC, ?) que chaque président passé est chacun père d’une grande réforme, Giscard c’est la majorité à 18 ans, Mittérand, l’abolition de la peine de mort, et Chirac, la fin du service militaire.
Donc, ce quelqu’un propose pour Sarkozy : la fin des parachutes dorés !
Aïe, Parisot !
Les propositions d’une vraie réforme sont ouvertes.
1. Un président en état de siège, 19 février 2009, 19:49, par madame michu
"Le président joue peut-être son mandat en ces jours décisifs" ça veut dire quoi précisément cette phrase à l’emporte pièce ? Ça consiste en quoi jouer son mandat ? Si ça veut dire qu’il va être obligé de dégager avant la fin du quinquennat, alors qu’il joue, et surtout qu’il perde. Vite
Madame michu
2. Un président en état de siège, 20 février 2009, 00:19
Mais... il a perdu !