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Vie et mort de deux amis de Sarkozy

Publie le samedi 13 juin 2009 par Open-Publishing
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Vie et mort de deux amis de Sarkozy
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Le hasard de l’actualité réunit sous ses feux deux ex grands amis de Sarkozy : le président gabonais Omar Bongo, officiellement décédé cette semaine, et le banquier Edouard Stern, assassiné en 2005, mais dont la meurtrière est jugée en ce moment.

Commençons par Bongo. J’ai été interloqué à la lecture d’un article signé par un dénommé Jean-Basile Makundu , et repris par plusieurs sites internet africains. Il y annonce que le président gabonais serait en fait mort depuis le 7 mai ! Impossible de vérifier cette information, non reprise par la presse Française (ce n’est surtout pas une preuve !), mais il me semble fort bien documenté. Hep, m’sieur Canard ?

Bongo était une référence en matière de Françafrique. Régnant sans partage depuis plus de 40 ans sur son pays, il était le pilier d’un système qui permettait à la France, via la société publique ELF devenue depuis la société privée TOTAL, de piller les ressources pétrolières gabonaises. En échange, Bongo et sa famille menaient un train de vie de nabab, et finançaient plus ou moins discrètement les partis politiques français, mais aussi probablement ses dirigeants.

Tout ce beau monde étant bien tenu par les couilles, Bongo pouvait donc tout se permettre. Et il se permettait tout : rien qu’en France, 39 appartements, hôtels particuliers et maisons, 70 comptes bancaires et neuf voitures… Sans compter les paradis fiscaux, pour lesquels par définition aucune information n’est disponible.

Bongo était à ce point influent qu’il a même fait virer l’an dernier du gouvernement Fillon le “secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie”, le “Socialiste” Jean-Marie Bockel, qui avait eu le tort de dire la vérité… Et ce dans un quasi-silence assourdissant .

Il est également étrange que le parquet ait tout fait pour freiner l’instruction d’une plainte déposée par l’association “transparency international” et un citoyen gabonais, et visant le train de vie de Bongo en France.

Malgré la manne pétrolière, le peuple gabonais, pendant ce temps-là, vivote. Niveau de vie très bas, mortalité infantile élevée, espérance de vie inférieure à 60 ans. Il est d’ailleurs assez symptomatique de voir qu’une fois malade, Bongo préfère aller se faire soigner dans un pays occidental, plutôt que d’être soumis au régime déplorable de sa population… Il aurait d’ailleurs dû venir en France, mais sous la menace judiciaire, il a opté pour l’Espagne. Où il est donc décédé.

Voici donc la version de l’article cité plus haut : “c’est le 7 mai dernier dans les airs, entre le Maroc et l’Espagne, que le Président Omar Bongo a rendu l’âme dans l’avion médicalisé dépêché par la France et qui le conduisait en Espagne. Alors que son décès est constaté par les médecins qui étaient dans l’avion avec lui, l’Elysée et sa cellule Afrique, en accord avec Pascaline Bongo, Directrice du Cabinet et fille de Bongo maintiennent la destination « Barcelone » et imposent le silence total.

Pourquoi ? Parce que dit-on, L’Elysée tient à récupérer un certain nombre de documents que possédait (puisqu’il est déjà mort) le Président gabonais. Parmi ceux-ci un dossier sur le financement de la dernière campagne électorale en France”. Il me semble que Giscard avait déjà à l’époque dépêché quelques barbouzes lors de la chute de Bokassa pour récupérer dans son palais quelques documents compromettants…

C’est du joli ! Démocratie, transparence, indépendance de la justice fin de la Françafrique : il semble qu’une fois de plus Sarkozy ait menti sur toute la ligne !

Alors que notre oligarchie rend un hommage quasi unanime à un “grand ami de la France”, Noël Mamère a salué le président gabonais de cette épitaphe : “On ne va pas pleurer sur une crapule de plus qui disparaît de la planète”. Hum. J’aimerais bien connaître tous les bénéficiaires français du système Bongo, et notamment ceux qui sont encore au pouvoir. Cela permettrait une mise à jour plus exhaustive de la liste des crapules.

Venons-en donc à un autre grand ami de Sarkozy : le banquier Edouard Stern. Je n’ai pas l’intention de revenir sur le fait-divers sordide de son assassinat, ni de partager l’espèce de réjouissance malsaine de la presse à se délecter des circonstances glauques dans lequel il s’est produit.

Je préfère parler de sa vie, que ce fait-divers m’a fait découvrir, et qui est tout à fait édifiante.

Edouard Stern était un fils à papa, qui n’a eu qu’à naître pour hériter d’une banque. Il est né très riche, mais grâce à ses “talents” de financier, il est devenu immensément riche. Trente-huitième fortune de France au moment de sa mort, ça doit représenter plusieurs centaines de millions d’euros. Il fut en effet un pionnier et un expert de la prédation financière, des fusions-acquisitions, de la spéculation malsaine, des raids hostiles et autres foutaises lucratives. Il ne s’est pas marié avec une ouvrière intérimaire, mais avec la fille de Michel David-Weill, un autre banquier milliardaire, propriétaire de la Banque Lazard.

Mais en “affaires”, il est mauvais perdant, et la perte par son fonds d’investissement de 60 millions d’euros sur l’achat d’actions Rhodia le met dans une durable colère folle. Pauvre chou.

Il est évidemment impossible de mettre un seul visage sur la “crise financière” dont les retombées plongent en ce moment même des millions de français dans la mouise, mais s’il fallait faire un portrait de groupe, il y aurait assurément figuré en bonne place. Avec son ami Alain Minc, qui avait en gros les mêmes pratiques (je parle de la finance, pour le reste je n’ai pas d’avis…). Au passage ses amis tremblent en ce moment, car il paraît que sa meurtrière en sait long, et aurait gardé des films de partouzes qu’il organisait fréquemment. Au nombre de ses amis, il y a donc un certain Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on connaît l’attrait immodéré d’icelui pour les riches, les puissants, leur pognon et leur train de vie. Mais il y avait aussi un certain Laurent Fabius, vous savez, le mec de “gauche”. Sans doute l’aura-t-il croisé un matin qu’il faisait la queue en charentaises à la boulangerie, ou alors au Lidl du coin où il était allé acheter des carottes rapées…

Outre une maîtresse qui faisait manifestement bien son boulot, Stern avait lui aussi un train de vie hallucinant. Comme Pinault, il dépensait des fortunes en “œuvres” d’art moderne. Il possédait “évidemment” un jet privé, qu’il utilisait comme vous prenez votre bagnole (ou votre vélo, il y a des décroissants qui me lisent). Il était, comme Giscard, un chasseur de grand fauves. Il organisait même des safaris en Afrique. Des pratiques d’un autre âge, pensez-vous. Mais quand on fait partie de l’oligarchie, tout est permis.

Lors de l’un de ces massacres, qui a duré trois semaines en Afrique, il a zigouillé allègrement 70 bestioles (lions, léopard, hippopotames…). Avant de prendre en photo sa maîtresse qui chevauchait les cadavres. Je ne sais pas ce que vous pouvez penser d’un type qui prend un avion afin d’aller tirer “pour le plaisir” sur un hippopotame, mais le mot “dégénéré” arrive parmi les premiers, peu avant “lie de l’espèce humaine”, en compagnie d’autres qui seraient moins polis… Ah oui, il est mort. Paix à ses cendres…

Et pendant ce temps-là, Sarkozy nous bassine avec son Grenelle de l’Environnement, envoie sa “grande amie” Maud Fontenoy nous expliquer qu’il ne faut pas laisser couler l’eau quand on se lave les dents… Ou alors son autre amie Laurence Parisot qui nous explique que le montant du SMIC est trop élevé, que les entreprises françaises ne sont pas compétitives. Il peut aussi nous expliquer lui-même pourquoi sauver ces pauvres banquiers était une obligation, tant notre sort était lié au leur…

Pourquoi je vous raconte ça ? C’est simple : regardez bien les amis de Sarkozy : vous comprendrez ainsi aisément que Sarkozy n’est pas votre ami…

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