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on meurt pour des industriels...

dimanche 9 novembre 2014 , par hdm - Contacter l'auteur - 2 coms

CE MERCREDI 12 NOVEMBRE 2014

A 18H30

C’EST « L’HEURE DE L’METTRE »

Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6

En direct et en archives sur www.campuslille.com

Au pied du Monument aux Morts avec des Majuscules, des écoliers agitent machinalement des petits fanions tricolores. Des porte-drapeaux, mentons carrés et bedaines où pendouillent les médailles d’une autre guerre, sont au garde-à-vous. Monsieur le Maire oppose au vent indifférent de novembre son profil couperosé d’élu de la bourgeoisie. Une solennité contrefaite impose aux figurants de cette scène un ennui morose. La mort rôde jusque dans les discours convenus, où agonisent les préceptes qui furent révolutionnaires d’une République aujourd’hui d’apparat. L’armistice.

Ce n’est plus 1918 qu’il s’agit de célébrer, mais cette communion factice autour de la Nation idéalisée et de ses principes. C’est l’armistice dans la guerre des classes, plus que jamais nécessaire pour masquer les contradictions mortelles du capitalisme. C’est ce cimetière-là qu’il faut faire durer, en enterrant définitivement ce qui fait tâche, dans l’Histoire et maintenant : les mutineries face au Profit tout-puissant et face aux guerres qu’il entraîne.

Aussi, il nous appartient de nous réapproprier notre passé pour posséder notre présent. Si la « Grande Guerre » a envoyé tant de nos ancêtres au casse-pipe, ce n’était pas pour la Patrie en danger. Et, comme hier, ceux qui jouent avec nos vies, ce sont les industriels de la citation d’Anatole France.

En situant la grande boucherie impérialiste de 14-18 dans le contexte déterminant de la guerre des classes, Jacques Pauwels, historien forcément controversé, nous aide à mieux lire notre présent. Nous l’avons rencontré à Manifiesta le 20 septembre dernier, puis il est venu dans nos studios. Nous l’écouterons mercredi, évoquant le contenu de son dernier ouvrage, 1914-1918, la Grande Guerre des Classes.

Nous reviendrons également sur la grande manifestation qui s’est déroulée à Bruxelles jeudi dernier, et où, au milieu de 150000 travailleurs de Belgique, nos micros étaient présents.

Mots clés : Guerres-Conflits / Histoire / Radio /

Messages

  • pour ceux qui auront raté, voir(ou revoir) ou enregistrer

    Programme Paris Première Dim 16 à 22h10 sur Paris Première

    LES SENTIERS de la GLOIRE

    Synopsis : En 1916, dans les tranchées. Conscient que seule une victoire spectaculaire pourra rehausser sa réputation peu brillante, le général Broulard incite le général Mireau, en mal d’avancement, à lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, connue sous le nom de « Fourmilière ». La perspective de promotion rapide que lui a fait miroiter Broulard décide Mireau à engager ses troupes dans cette incroyable opération. C’est le colonel Dax qui doit conduire l’attaque, mais ses hommes sont épuisés. Dax, conscient des pertes humaines que va provoquer cette action, se résout toutefois à obéir. Comme prévu, l’opération tourne au massacre. Niant l’absurdité de sa stratégie, le général Mireau accuse les soldats de lâcheté et réclame des exécutions pour l’exemple..

    Réalisateur : Stanley Kubrick Casting : Kirk Douglas, George MacReady

    RAPPEL utile car "tout et dans "tout"

    Enfin, certains films sont jugés offensants à l’égard de la France et de ses institutions. Dans le cadre hautement tabou de la colonisation et de la guerre d’Algérie, ces films, nombreux depuis ceux de René Vautier (Afrique 50, 1950) ou d’Alain Resnais (Les statues meurent aussi, 1953) jusqu’à La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1970), sont condamnés par des groupes de pression parce qu’ils portent atteinte à l’honneur national. Les Sentiers de la gloire se situent quelque part dans ce dernier groupe de films : il ne fait pas bon fustiger l’attitude inhumaine d’officiers français au moment même où ceux-ci accomplissent leur douloureux devoir dans les djebels et casbahs d’Algérie.
    Ainsi, en 1966, 114 longs métrages demeurent officiellement interdits en France, et cela depuis la fin de la guerre. Mais Les Sentiers de la gloire, on verra pourquoi, ne figurent pas dans la liste.
    Qui censure en France alors ? Officiellement, le ministre chargé du cinéma ou la présidence du Conseil (sous la IVe République), après avis consultatif de la Commission de contrôle des films, ou le ministre de l’Information (sous la Ve République). Mais le poids des censures « officieuses » est souvent prépondérant. Les associations familiales et la Centrale catholique qui évalue le degré de visibilité des films, notamment, font la pluie et le beau temps. De frileux élus locaux, maires en tête, parachèvent le jugement porté par ces ligues morales en usant de leur droit d’interdire la projection de films dans les communes dont ils ont la responsabilité.
    Or il existe une forme de censure plus douce et plus efficace : l’autocensure. C’est de celle-ci que souffrent Les Sentiers de la gloire en 1958-59. En effet le film de Kubrick n’a jamais été soumis à la censure officielle française. Mais, montré en Belgique, il subit bien vite les attaques de militaires et d’anciens combattants choqués par la vision de l’armée française que propose le réalisateur. En outre, la diplomatie française déclenche une violente offensive à destination des Artistes associés, distributeurs du film en Europe. Malgré le succès du film à Bruxelles (il y obtient le prix du Chevalier de La Barre), le Quai d’Orsay demande à Washington de suggérer aux distributeurs de renoncer à une exploitation des Sentiers de la gloire en Belgique. Autocensuré, le film n’a donc plus aucune chance de sortir en France. Il faut attendre 1975 pour que, les passions étant apaisées et la censure assouplie, le film de Kubrick puisse enfin être projeté... pendant l’été.

  • Un autre film insupportable : johnny got his gun.
    Très psychologique avec pour toile de fond la bétise de la guerre.

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