Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

Geodis : ces batailles du flux des ouvriers de la logistique
de : David Gaborieau
mardi 18 juin 2019 - 09h19 - Signaler aux modérateurs
1 commentaire
JPEG - 312.9 ko

Depuis quatre ans, les forçats du stockage et de la manutention de l’entrepôt Geodis de Gennevilliers sont en lutte contre un secteur logistique qui génèrent conditions de travail dégradés et emplois précaires. Ces conflits documentés par le travail du collectif « Plateforme d’Enquêtes Militantes » éclairent un secteur d’activité en pleine expansion et les contours d’un monde ouvrier lui aussi en mutation.

 

« Une grève pour pas qu’on crève. » Le slogan écrit à la bombe de peinture sur une banderole en 2015 résume l’absolue nécessité de leur mobilisation. Cette année-là, les salariés de Geodis à Gennevilliers mènent une grève d’un mois pour exiger l’amélioration de leurs conditions de travail et la titularisation des intérimaires. Aux piquets de grève et rassemblements s’ajoutent des phases de blocage des poids-lourds à des moments clefs, puis des grèves de la faim lorsque le conflit se durci. Dans cet entrepôt Geodis situé au cœur du Port Autonome de Paris, 130 ouvriers travaillent dans un bâtiment vétuste, sans cesse encombré par des piles de colis en tous genre, allant de la lettre postale aux animaux vivants, en passant par les pares-choques de voiture ou les livraisons Amazon.

Parmi eux, plus de 70 sont intérimaires, embauchés sur des contrats courts, souvent renouvelés années après années. Les espaces de travail sont saturés, les cadences très élevées et le niveau d’accidentologie énorme. Depuis quelques années, les taux de fréquence des accidents du travail et des maladies professionnels dans le secteur logistique sont en train de dépasser ceux du BTP, habituellement champion dans ce domaine. C’est pourtant dans ce contexte difficile pour les luttes syndicales, dans un secteur qui s’est structuré récemment, qu’une section CGT mène un combat permanent. Ces militants ouvriers mobilisent aussi bien les recours juridiques et la grève que des formes d’actions plus directes. Le blocage notamment, est une pratique parfaitement maîtrisée par ces professionnels du flux.

 

Des profits et des ouvriers, cachés derrière des quais

 

Alors qu’on nous répète depuis le début des années 1980 que le monde ouvrier est en voie de disparition, que la France se désindustrialise, la logistique draine toujours plus de manutentionnaires. Ils sont aujourd’hui plus de 700 000 – sur un total de 900 000 emplois dans le secteur selon l’INSEE – à manipuler des colis, palettes et autres cagettes, dans des entrepôts de plus en plus grands, en bordure des grands axes autoroutiers. Un mécanisme assez simple permet de comprendre le basculement qui s’est opéré : en délocalisant leurs productions, les économies occidentales suscitent des besoins colossaux en termes d’infrastructure logistique, pour faire transiter à moindre coût les biens jusqu’aux lieux de vente. De cette économie de la circulation résulte un nouveau type d’usines, des « usines à colis », dans lesquelles on ne produit pas des biens, mais du flux.

Une partie importante de ce secteur a pris naissance sur les ruines – ou sur le découpage – des grands groupes publics européens du transport et du courrier. Des multinationales comme TNT ou DHL par exemple, sont issues de plusieurs cycles de fusions-acquisitions au sein des services postaux hollandais, italiens et allemands. Leader de la logistique en France, Geodis est quant à elle une des multiples filiales privatisées de la SNCF, parmi les 1200 que comptent désormais le groupe. Une filiale hautement rentable, qui a dégagé plus de 8 milliards de chiffre d’affaire en 2018, profitant du démantèlement organisé du fret public pour disséminer ses camions sur toutes les routes et sur tous les marchés. Un business florissant qui fait rarement la une, alors que les « dettes cachés » de la SNCF sont continuellement pointées du doigt pour justifier les réformes du statut des cheminots. Mais si on parle peu de ce miracle économique, c’est peut-être aussi parce qu’il s’appuie sur des modes d’exploitation peu reluisant.

 

Bloquer les flux, bouger les lignes

 

En 2018, le mouvement des cheminots a donné un nouveau souffle à la lutte chez Geodis, l’organisation des sous-traitants logistiques illustrant ce que peuvent craindre les autres personnels SNCF. Les ouvriers de Gennevilliers étaient en première ligne dans les cortèges d’opposition à la casse du rail, pendant que la conflictualité retrouvait des niveaux importants dans l’entrepôt. En retour, les cheminots grévistes se sont aussi mobilisés auprès des Geodis pour des blocages de la plateforme des Hauts-de-Seine. Les réseaux syndicaux locaux, autour de l’Union Locale CGT de Gennevilliers notamment, ont aussi joué un rôle important de support financier et logistique, compensant ainsi les absences d’une Fédération du Transport qui s’intéresse peu aux entrepôts.

Depuis cette période, la lutte des Geodis mobilise également de nombreux soutiens en Île-de-France provenant d’horizons très divers. Le 24 avril 2018, un important blocage du site a rassemblé près de 200 personnes sur quatre heures, pour un impact évalué à plus de 300 000 euros. Autour du barbecue et de la sono, on retrouvait non seulement les bases syndicales habitués à sortir des carcans sectoriels, mais aussi des étudiants, des précaires et des chômeurs, ainsi que des militants autonomes et antifascistes. Pour comprendre cette composition très hétérogène, il faut préciser que les Geodis sont eux-mêmes des habitués du débordement militant. On peut les croiser en soutien de nombreuses grèves sur le territoire du 92 où leur maîtrise du blocage est de notoriété publique. Plus rare, ils étaient aussi présents pour appuyer les occupations de facs ou les blocages d’examens contre la sélection à l’université, impulsant ainsi des formes d’alliance entre monde étudiant et monde ouvrier.

Partant de cette mobilité, les ouvriers Geodis n’ont pas hésité longtemps à enfiler le gilet. À l’automne 2019, alors que les directions syndicales peinaient à se positionner, eux ont très vite été présents aux manifestations du samedi, puis dans les assemblées locales de leur territoire. Avec des emblèmes comme le blocage des flux, les ronds-points et les feux de palettes, ce mouvement ne pouvait que leur donner une place importante. Comme ce fut le cas ailleurs, les partages de savoir-faire en matière d’immobilisation de poids-lourds ont suscité des configurations inédites et fructueuses pour chacune des parties. En Île-de-France, des entrepôts Geodis ont été bloqués par des coordinations de gilets jaunes et gilets rouges non seulement à Gennevilliers, mais aussi à Bonneuil-sur-Marne et Limeil-Brévannes dans le 94, ou Bonneuil-en-France dans le 95.

 

L’offensive comme forme de visibilité

 

Dans des conflits aussi durs que celui qui est mené dans l’entrepôt de Gennevilliers, difficile de mesurer les répercussions concrètes du travail de mobilisation. En plus des progrès obtenus en matière de sécurité et de précarité, c’est surtout dans le maintien d’un rapport de force permanent que la lutte des Geodis produit des effets concrets, en tant que résistance quotidienne contre les atteintes à la dignité, aux corps ou bien au droit du travail. En retour, la direction mène une politique de répression antisyndicale particulièrement virulente. Parmi les quatorze élus CGT de l’entrepôt, douze sont sur le coup de mises à pied, dont quatre à titre conservatoire, et onze salariés mobilisés sont convoqués à des entretiens pouvant aller jusqu’au licenciement. Les suspensions de salaire sont monnaies courantes et les mutations sur des postes pénibles sanctionnent directement les corps.

Mais en sortant de l’entrepôt pour bloquer des zones logistiques, pour soutenir des luttes à proximité, pour rejoindre les têtes de cortège ou défendre des facs occupées, les militants Geodis parviennent à contrer les logiques patronales qui profitent de l’isolement syndical et de la déstructuration des collectifs de travail. Ce faisant, ils exercent aussi tout un travail de mise en visibilité d’un monde ouvrier en pleine émergence. Un monde logistique qui occupe désormais une place stratégique, dans des systèmes de production qui dépendent très fortement de la circulation en juste-à-temps des biens et des matières.

 

David Gaborieau

Auteur de « Des Usines à colis. Trajectoire ouvrière des entrepôts de la grande distribution » thèse en sociologie

https://rapportsdeforce.fr/classes-...



Imprimer cet article


Commentaires de l'article
Geodis : ces batailles du flux des ouvriers de la logistique
19 juin 2019 - 14h35 - Posté par Camille

"Une filiale hautement rentable, qui a dégagé plus de 8 milliards de chiffre d’affaire en 2018"

L’amalgame sémantique du syndicaliste en dit long pour faire passer un message dans un registre qui passe largement par dessus ses facultés : on génère du chiffre d’affaire et on dégage des bénéfices qui se transforment en plus-value d’investissement. Si la rentabilité n’est pas, ou plus suffisante, on ampute ! C’est pourtant si simple.






Gauche homard et gauche caviar : Débat pour en sortir !
dimanche 21 - 10h48
de : Christian DELARUE
1 commentaire
Mort d’Adama Traoré : le « J’accuse ! » de sa sœur Assa (repris par le yéti blog)
samedi 20 - 17h52
de : nazairien
les deux actions du 18 juillet
jeudi 18 - 23h19
de : Jean-Yves Peillard
À LA LIGNE - Feuillets d’usine
jeudi 18 - 19h09
de : Ernest London
Pourquoi je suis gilet jaune
mercredi 17 - 22h52
de : Chantal Mirail
1 commentaire
Un américain à Paris (sans Gene Kelly) : LE REGARD D’UN AMÉRICAIN SUR LES GILETS JAUNES (vidéo)
mercredi 17 - 22h32
de : nazairien
2 commentaires
Ni République de l’apparat, ni moine-soldat
mercredi 17 - 21h24
de : Christian D et Monique D
1 commentaire
JUSQU’À RAQQA : AVEC LES KURDES CONTRE DAESH
mercredi 17 - 11h51
de : Ernest London
Révolution algérienne : « l’auto-organisation constitue la clef de la suite du mouvement »
mercredi 17 - 11h38
1 commentaire
L’ANARCHISME N’EST NI UNE MODE NI UNE POSTURE
mercredi 17 - 11h28
de : jean 1
1 commentaire
Exigeons la libération de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah arrêtée en Iran
mercredi 17 - 08h40
de : Christian DELARUE
14 Juillet 2019, est ce un "galop d’essai" , avant la "prise de la Bastille" ? (vidéo)
mercredi 17 - 00h26
de : nazairien
3 commentaires
Manon Aubry Députée Européenne (LFI), balance du lourd, envers, Ursula von der Leyen, candidate à la sucession de Junck
mardi 16 - 17h06
de : nazairien
4 commentaires
"Homard m’a tué" François de Rugy démissionne du gouvernement
mardi 16 - 15h21
de : nazairien
9 commentaires
Gauche homard du capitalo-écologisme
mardi 16 - 00h26
de : Christian DELARUE
12 commentaires
Le NICARAGUA inaugure la plus grande centrale solaire d’Amérique-Latine
lundi 15 - 17h57
de : JO
Gilets Jaunes 14 juillet, Champs-Elysées : Une femme serait éborgnée !
lundi 15 - 17h42
de : JO
Hommage des Gilets jaunes d’Angers aux révoltés de 1789
lundi 15 - 16h27
de : Le Cercle 49
macron au firmament
lundi 15 - 14h06
de : jean 1
Saïd Bouamama censure post-coloniale
dimanche 14 - 23h49
de : UJFP LMSI via jyp
2 commentaires
14 juillet, Champs-Élysées, Paris : les Gilets jaunes humilient « l’éborgneur » (vidéos)
dimanche 14 - 15h46
de : nazairien
11 commentaires
Alain Damasio : « Créer une pluralité d’îlots, d’archipels, est la seule manière de retourner le capitalisme »
samedi 13 - 14h51
de : jean 1
Courant continu : C’est l’heure de l’mettre, avec entre autres Youssef Brakni, et Alexandre Chantry
samedi 13 - 12h22
de : Hdm
PLUTÔT COULER EN BEAUTÉ QUE FLOTTER SANS GRÂCE - Réflexions sur l’effondrement
samedi 13 - 11h17
de : Ernest London
Affaire De Rugy : l’exemplarité pour tous !
samedi 13 - 09h29
de : JO
alerte gilets noirs
vendredi 12 - 19h06
1 commentaire
Cela suffit
vendredi 12 - 13h46
de : jean 1
1 commentaire
BURQINI de droit bien que contestable !
jeudi 11 - 22h15
de : Christian DELARUE
3 commentaires
LA HORDE et le Député François Ruffin revisitent "La Marseillaise" ! (video)
jeudi 11 - 22h07
de : jean 1
« Chute catastrophique » du niveau scolaire en France : une prof torpille l’Éducation nationale (vidéo)
jeudi 11 - 15h38
de : nazairien
2 commentaires
Lettre ouverte à Emmanuel Macron : non, la grève n’est pas une « prise d’otage »
jeudi 11 - 08h01
de : Cédric Maurin
1 commentaire
Le RIC des gueux ( que l’on nomme RIC Campagnard) est de retour.
mercredi 10 - 18h33
de : Arnaud
2 commentaires
COEUR DE BOXEUR - Le Vrai combat de Christophe Dettinger
mercredi 10 - 08h24
de : Ernest London
1 commentaire
Décrocheuse de portrait
mardi 9 - 23h51
de : Jean-Yves Peillard
Message publié par le Collectif Autonome de Dockers de Gênes
mardi 9 - 18h38
de : jean 1
La France de Macron : la liberté d’expression en péril ! (no coment)
mardi 9 - 11h48
de : JO
2 commentaires
Sanctions contre les chômeurs : dix associations, collectifs et syndicats déposent un recours devant le Conseil d’État
lundi 8 - 17h06
ENVIRONNEMENT : Pas nette la planète sauf que "bla/bla" etc... !
lundi 8 - 16h11
de : JO
GODIN, INVENTEUR DE L’ÉCONOMIE SOCIALE
dimanche 7 - 20h11
de : Ernest London
1 commentaire
Billet de Pierrick Tillet : Effondrement : le ministre Blanquer contraint de saborder le baccalauréat
dimanche 7 - 12h01
de : nazairien
3 commentaires

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir. Gandhi
Info Com-CGT
Facebook Twitter Google+
NON AU LICENCIEMENT DE GAEL QUIRANTE / STOP À LA REPRESSION (video)
Solidarité, le sens d’une vie » de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia
« Liquidation » de Mourad Laffitte (video)
DAZIBAO
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
Lire la suite
Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
Lire la suite
Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
Lire la suite
Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
Lire la suite
Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
Lire la suite