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La séparation du sépareur

de : Crambeule
lundi 12 janvier 2009 - 21h27 - Signaler aux modérateurs
1 commentaire

Lettre de Guilhem et Rémi

Éclaircissements

Nous avons, le soir des élections, interrompu les émissions de télévision en coupant les calbes des émetteurs. Cet acte, realisé par des personnes libres de toute contrainte et non influencées n’est ni commandité, ni orchestré par une quelconque organisation, chacun étant libre de son choix. Il a été réalisé en contestation de l’influence des médias de masse, formant une entrave au déroulement d’une véritable démocratie.

Y avait-il une alternative aux résultats déjà programmé de l’affrontement entre le Ps et l’Ump ?

Peut-on dire que nous vivons dans une démocratie lorsque les questions et les réponses sont déjà établies et ne sont données que par des médias manipulateurs aux mains d’intérêts financiers directement liés aux politiques ?

On vous dira que nous avons nui à la démocratie ; mais en quoi les personnes privées de télévision ce soir là étaient privées de réflexion ou de capacité à réagir et à débattre ? Nous préférions que nos « voisins » débattent entre eux, plutôt qu’avec leur poste de télévision. (souligné par moi : Crambeule)

Cet acte n’étant que symbolique, nous n’avons pas souhaité le revendiquer sur le moment parce que nous pensions qu’il parlait de lui-même ! Ensuite deux personnes sont aujourd’hui inculpées. Les médias usent déjà des qualificatifs de « saboteurs », « commandos », « comparses »… reprenant ainsi directement les mots du procureur. Nous n’avons jamais voulu commettre d’acte totalitaire visant à renverser la démocratie mais susciter une réflexion.

Cet acte était-il bien choisi ? Nous ne détenons pas de vérité quant à cette question. Certes nous étions conscients à l’époque des faits, d’un risque. Toutefois, l’inculpation choisie par la justice d’« association de malfaiteurs » est disproportionnée, deux personnes risquent aujourd’hui de lourdes peines. Nous dénoncer ? Nous constatons que cela ne fera qu’alourdir l’ensemble des sanctions. Quelques foyers n’ont pas eu de télévision pendant une soirée. Certains en ont été gênés, d’autres ont ri, et la plupart se sont couchés plus tôt. Cela nécessite-t-il de mettre deux personnes en prison pendant des années ? Puisque telle semble être l’intention de la justice. Deux questions se posent aujourd’hui aux gens ici présents :

1. Cette peine encourue n’est-elle pas disproportionnée ? Ne mérite-t-elle pas d’être contestée ?

2. Les motivations de cet acte méritent-elles d’être soutenues ?

Vous vous poserez sans doute des questions, ce problème en soulève tant ! Nous pensons que nous n’avons pas de meilleurs réponses que celles que vous pourrez apporter.

Courrier adressé au comité de soutien, puis paru dans le Midi Libre le 14 septembre 2007.

La question ici posée est : En quoi le fait de n’être PLUS en contact avec les mass-média est-il un élément déniant la démocratie. En quoi le fait de ne pas m’occuper de ce que disent les mass-média est-il contre-démocratique. En quoi le fait de considérer ce que disent les mass-média comme "anti-démocratique" est-il anti-démocratique ?

Mettons qu’on me coupe de BellaCiao. Je vais être offusqué de quoi ? D’informations qui me semble, pour le fait que je me sente intégré à une communauté, indispensables. Ces gens là vont donc être jugés sur ce SEUL fait d’avoir "désintégré des gens d’une communauté de contacts, virtuelle" dont ils sont les tenants et les aboutissants.

Ha ! Et cette communauté est celle (et je suis tout-à-fait d’accord sur ce point — et sans doute d’autres encore) de l’État, de son consortium de nantis qu’il protège au moyen de sa jUSTICE, etc. Il y a donc une démocratie plus importante qu’une autre : celle de l’État que les gens (vous, moi) assertissent par leur existence et parfois par leur vote et toujours par leur participation à la marchandise ; et celle, de proximité que cette démocratie virtuelle s’évertue à outrepasser (avec les moyens qu’on lui connaît : télé, radio, journalistes, en bref : mass-médias) ce contact entre les gens, immédiat, ce contact qui est LÀ, ici et maintenant, afin de régler NOS problèmes et non plus les problème de cette "démocratie".

Je dis souvent que la société fonctionne sans LA politique : le pain est fait par le boulanger, le boucher découpe la viande tuée par l’abatteur, les légumes sont produits par les maraîchers et transportés sur le marché par d’autres et échangés contre de l’argent par d’autres encore… qui sont souvent les mêmes. Tout répond à une nécessité correspondant à un besoin ou des désirs.

LA politique n’interfère que pour ponctionner des impôts, des taxes, etc. qui sont dispensables en vue de la construction des routes, d’écoles, d’hôpitaux (qui seront bientôt gérés par des délégations privés loueuses du bien public et rédistributrices des locaux construits par ces impôts, précisément, pour en percevoir un loyer). Mais tout tourne, quand même, sans LA politique. LE politique est l’organisation des gens de l’environnement qui leur est commun, mais LA politique est une manière de se rendre indispensable quand on ne fout pas que le désordre (pour rester poli).

Tout fonctionne sans LA politique car LE politique est une forme NORMALE d’organisation des gens entre eux qui ne nécessite pas d’organe distancié, séparé pour fonctionner. Cela fait parti de l’être humain : LE politique fait parti de l’organisation normale de l’ÊTRE humain.

Ce qui est tout aussi "normal" est le désir de savoir ce que fait l’autre et le désir de faire savoir ce que l’on fait soi : le contact entre nous est indispensable pour nous qui sommes ce que nous sommes, quoi que nous soyons. C’est ce qui correspond au fait de ce que je nomme "l’ÊTRE ENSEMBLE" : l’être humain adore être ensemble : il ne peut même s’en passer : il FAUT qu’il sente un ensemble et qu’il s’y intègre ou s’en sépare. L’ÊTRE ENSEMBLE est la forme même de sa vie, de son existence, de son ÊTRE humain : tout ce qui retourne de lui l’intéresse et ce qui ne retourne pas de lui il l’intègre à lui.

Mais n’en faisons pas une exception : la plupart des animaux à sang chaud, sur cette planète (et c’est la seule qui nous soit donnée !) sont de cette nature et nous ne les ouissons pas pleinement lorsqu’ils le crient sous tous les toits, latitudes et tempéraments. Bien sûr, cela ne s’adresse pas à UN ou UN tel en particulier chez les autres animaux (et c’est ce qui fait notre particularité) mais comme correspondance à cet ÊTRE ENSEMBLE, comme le plaisir de partager un TOUT dont on forme un élément et que ne serait pas sans les autres. Cela se sent dans le plaisir du gazouillement, de l’odeur du fraie, du pétillement du battement des papillons, le déplacement des fourmis, le hurlement des bêtes dans leur sensation du temps qui passe et qu’elles manifestent dans son accomplissement.

Ainsi donc, le contact entre nous est indispensable à ce que nous sommes. Non pas de se sentir dans une "communauté" — race, religion, corporation — qui est ce contact dans une forme restreinte en lui-même par fait d’une considération morale ou géographiquement construite d’un groupe humain confronté à son seul lui-même, mais de correspondre avec et dans un vaste monde en correspondance avec l’occupation que l’on a de ce monde, cette planète, son lointain et aussi bien son prochain, son immédiat.

On ira donc reprocher à ces deux jeunes gens le fait de désirer que LEURS "prochains" se parlent et d’avoir agit pratiquement de sorte que cette JONCTION de l’immédiat avec lui-même se réalise. On reproche à ces deux jeunes gens d’avoir séparé des séparés ce qui les séparent dans leur immédiateté. Et ce "séparé" est précisément ces "médias" (opposées à l’im-médiat, le prochain opposé au lointain outrepassant ce prochain).

L"association de malfaiteurs" nous incorpore donc dans cet acte individuel commis à deux. Cette sorte de MALFAC----------------------ON que le lointain reproche au prochain revient à le dénoncer comme lointain malfaiteur, comme séparation du prochain.

Nous y sommes bien : ces gens de LA politique ne veulent pas, et font tout pour que cela ne s’accomplisse pas, que nous soyons ENSEMBLE, dans l’immédiat sans EUX qui sont si lointains de nous ! Ils veulent qu’on les préemptent comme immédiat, eux qui sont si lointains de nous et nous séparent. La prison est un outil à cette séparation, la police un outil, la justice un moyen puisque c’est eux-mêmes qui en donne la forme.


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Commentaires de l'article
La séparation du sépareur
12 janvier 2009 - 23h31

Cet article est juste:la vie sur terre et surtout l’harmonie qu’elle pourrait générer n’a nul besoin de politique "organisée " à la façon qui est celle d’aujourd’hui !Nous savons en effet penser par nous-memes et apprenons la vie au quotidien sans besoin d’"experts"....cette forme de conscience va à l’encontre des intérets des "esclavagistes" et encore,je suis sympa en utilisant ce terme !Chaque fois que nous manifestons une certaine forme de pouvoir,comme de couper l’antenne par ex.,leur réaction est disproportionné aux "dommages causés",mais elle est proportionnelle a la peur qui monte en eux au cas où nous nous réveillerions "conscients de notre réelle puissance en tant que peuples du monde"...votre acte est un clin d’oeil à ce possible,aléatoire pour l’heure,il faut le dire..le réveil est difficile !







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