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Rose-rouge : la politique social-démocrate entre peuple-classe et bourgeoisie.

Publie le dimanche 16 novembre 2008 par Open-Publishing
5 commentaires

Rose - rouge : La politique social-démocrate entre peuple-classe et bourgeoisie.

A l’heure ou l’histoire se précipite sur la gauche immédiate du PS depuis la sortie de JL Mélanchon et M Dolez, un économiste et un politologue plante le décor de la reconquête de la sphère rose-rouge.
La conclusion est forte : "Les futures échéances électorales ne se gagneront pas "au centre". Les électeurs qui ont, par dépit, porté les nouvelles droites européennes au pouvoir appartiennent aux classes populaires. La social-démocratie partira à leur conquête ou disparaîtra." Cela incite à lire :

La social-démocratie en crise d’identité, par Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière
Le Monde du 13 nov 2008

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/13/

1) Extrait

Pour éteindre l’incendie financier, la mise en oeuvre du plan Brown déroge à tous les canons de la pensée blairiste. Mais la social-démocratie ne doit pas se contenter d’applaudir la socialisation sans contrepartie des dettes de jeu du capitalisme financier, en réclamant la poursuite des "réformes structurelles". Elle serait d’autant plus inaudible que la droite saisit l’aubaine de la crise pour justifier l’achèvement desdites réformes et rendre irréversible le détricotage des instruments de contrôle public de la production et de la répartition des richesses.

C’est un véritable New Deal qu’il faut proposer pour sortir l’Europe de la récession. Un programme de grands travaux doit s’organiser autour de la modernisation des infrastructures et des services publics (transports, communication, hôpitaux, écoles, universités). Le chantier des énergies renouvelables doit enfin être réellement creusé. Les ressources financières et industrielles, les compétences des chercheurs doivent être mobilisées à ces effets. En attendant les balbutiements du fédéralisme budgétaire, les Etats doivent accroître leur participation avec droit de vote et de contrôle dans le secteur bancaire, mais aussi dans les entreprises stratégiques des secteurs concernés, dont la valeur actionnariale est désormais attaquée en Bourse.

La social-démocratie européenne doit initier des réformes fiscales améliorant la redistributivité de l’impôt de telle sorte que l’effort ne soit pas supporté par les classes moyennes et modestes. Elle doit enfin proposer aux partenaires sociaux de s’entendre sur une progression des salaires indexée sur les gains de productivité et l’inflation, pour enrayer une fois pour toutes la baisse du pouvoir d’achat de ceux qui vivent de leur travail. N’oublions pas qu’aux Etats-Unis et parmi les clones européens du modèle américain, c’est la stagnation du salaire médian qui est à l’origine de la montée de l’endettement des ménages, tiré par le crédit hypothécaire.

Les futures échéances électorales ne se gagneront pas "au centre". Les électeurs qui ont, par dépit, porté les nouvelles droites européennes au pouvoir appartiennent aux classes populaires. La social-démocratie partira à leur conquête ou disparaîtra.

2) Commentaire :

Ce n’est pas le socialisme mais une République sociale, un capitalisme-social en Europe, un alter-capitalisme.
Est-ce possible ? Les temps sont au retour au "pur capitalisme", au fonctionnement "naturel" du capitalisme prévient Michel Husson. Dire cela n’empêche pas de faire le trajet avec des sociaux-démocrates sincères et conséquents, qui vont donc jusqu’au bout de leur projet en adoptant la stratégie à la situation pour "tenir" l’orientation, le tout en mobilisant le peuple-classe. A un moment donné de la lutte de classe soit ils cèdent pour les "places" et pour revenir à la politique sociale-libérale du PS, soit ils affrontent, avec le peuple-classe mobilisé pour le succès, la bourgeoisie nationale et internationale.

In fine, l’enjeu est la souveraineté du peuple-classe contre les classes dominantes : bourgeoisie nationale et oligarchie internationale.
Ce qui signifie au passage que contrairement à ce que laisse entendre le titre il n’y a pas de place pour une politique entre peuple-classe et bourgoisie. On satisfait soit les uns soit les autres .

Pour dire les choses de façon syndicale, "il n’y a plus rien à moudre". La soif de rentabilité du capital ne va pas à la baisse ! Un bon indice "vérité" d’une politique sociale sinon socialiste serait la montée ou non de la masse salariale par rapport au profit. Il faudrait aller aussi voir la place laissée aux marchés, car les prix chers peuvent aspirer des salaires relevés. Débattre d’un mécanisme d’indexation des salaires serait la solution...

Christian Delarue
Altermondialiste

Messages

  • Débattre d’un mécanisme d’indexation des salaires serait la solution...

    Avec de pareilles suffisances ,l’abstention aux prochaines echeances electorales EXPLOSE....

  • finalement,c’est comme dans l’art ,si les "gens "ne comprennent pas ,c’est du Picasso ou stalinien . ça veut dire quoi ! restons fideles à l’engagement c(est notre bonheur et engagement ,assez de dévoyés

  • En fait, on va avoir un conglomérat de partis capitalistes, allant du capitalisme le plus intrinsèque au capitalisme social qui est à mon avis une abération, opposé à des anti-capitalistes s’en allant en ordre dispersé. Mon choix est vite fait et peut paraître réducteur, mais je considère que si on veut le bien des peuples, le capitalisme quel qu’il soit n’est pas la solution. Donc la sociale-démocratie va être à la même enseigne que les radicaux d’antan : rose pale, blanc à coeur, et très proche de l’assiette au beurre. C’est probablement pas avec de telles optiques que le lampiste va voir sa condition changer !

    http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

    • à 89*174

      la non indexation mène à la lutte de classe sans réel débouché, sans conquête. Ce qui est gagné un mopis est perdu le mois suivant.
      La lutte de classe selon Marx - c’est son apport - est qu’elle doit déboucher sur autre chose. A défaut de dictature du prolétariat je dirais souveraineté du peuple-classe. Mais en attendant il faut des conquêtes transitoires "à effet cliquet" : l’indexation en est une pour éviter que l’inflation bouffe les augmentations.

      Christian Delarue

      Certains points sont explicités ici (et ailleurs)

      REPRENDRE L’OFFENSIVE CONTRE SARKOZY ET LE MEDEF

      http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article70777

    • Critique de la politique sociale-démocrate ou que faire face au capitalisme structurel, celui des temps pluriséculaire ?

      La conception du capitalisme financier comme phase contemporaine en cours d’extinction est liée à l’idée que le capitalisme structurel existe et perdure car lui est solide et installé depuis très longtemps (XVI ème siècle). Chez certains membres d’ATTAC, il y a donc l’idée que le capitalisme est quasiment indestructible et qu’il est toujours pour reprendre la formule de Jean-Paul HUCHON et du PS du congrès de l’Arche "l’horizon indépassable de notre temps". Ou comment retomber sur ses pieds pour promouvoir un néo-keynésianisme, c’est à dire une politique social-démocrate d’alliance avec une fraction "progressiste" de la bourgeoisie . Celle qui voudrait refonder "un capitalisame régulé" sans attendre d’unir le peuple-classe en vu du socialisme.

      Dans tout ce propos il y a un oubli, les révolutions du XX ème siècle qui dans leur bégaiements ont quand même montré qu’autre chose était possible. Si pour moi le communisme est une utopie (belle) le socialisme est bien la perspective du XXI ème siècle, car il est réalisable. Réalisable car l’Etat est toujours présent quoique profondément changé et que parallèlement l’autogestion partout n’existe pas. Par contre les salariés interviennent dans les entreprises, les citoyens interviennent dans les choix de planification pour un alterdéveloppement des valeurs d’usage grâce à la gestion publique des biens publics, les services publics non marchand étant la force motrice du néo-socialisme. Cette intervention généralisée caractérise l’alterdémocratie, soit un état de la participation du peuple-classe sans aucun rapport avec la misère démocratique existante. Une telle démocratie socialiste suppose de libérer la force de travail des longues journées de travail et de son complément de reconstitution dans la télé-divertissement ou la consommation addictive. Ce néo-socialisme est clairement laic et combat le sexisme, le racisme ainsi que le gaspillage des ressources naturelles. C’est un écosocialisme qui épanouie la civilisation humaine contre la barbarie.

      Christian Delarue

      Une critique socialiste du texte de L Sève sur le communisme - C Delarue

      http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7320