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MERCOSUR : REVERS NORD AMERICAIN APRES L’ENTREE DU VENEZUELA ?
de : Joannès samedi 18 août 2012 - 18h29 2 commentaires
MERCOSUR : VERS L’EDIFICATION DE NOTRE GRANDE PATRIE De Juan Diego Nusa Peñalver LE 31 juillet 2012 sera longtemps cité dans l’histoire de l’Amérique latine et de la Caraïbe comme un jalon, un pas de géant, avec l’entrée du Venezuela en tant que membre à part entière au Marché commun du Sud (Mercosur), dans le cadre du premier élargissement de cette union douanière en ses 21 ans d’existence. Cette date marquera aussi un nouvel échec de la politique impériale des États-Unis vis-à-vis de notre région, qu’ils ne peuvent plus contrôler à leur guise comme auparavant. Pour l’économiste, journaliste, politologue et sociologue argentin Atilio A. Boron, l’inclusion du Venezuela au Mercosur, après cinq ans d’attente, constitue, du point de vue géopolitique, le plus important revers diplomatique des États-Unis depuis l’échec cuisant de la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA). À cet égard, Beatriz Miranda, chroniqueuse du quotidien colombien El Espectador, précise que l’entrée du Venezuela au Mercosur donne davantage de poids (économique et commercial) à ce bloc régional. Plusieurs analystes estiment que sur le plan géopolitique, l’arrivée de Caracas augmente les possibilité d’insertion du Brésil dans les Andes et dans la Caraïbe, et du Venezuela dans l’Atlantique sud. Le Mercosur devient ainsi une intégration stratégique dont l’identité sera à la fois amazonienne, atlantique, caribéenne et andine, et permettra une intégration énergétique importante. Il ne fait aucun doute que ce pas audacieux nuira à long terme aux intérêts des États-Unis dans la région, car il empêcherait le Venezuela de signer un traité de libre échange avec ce pays qui lorgne toujours sur les richesses de la République bolivarienne. Ce n’est un secret pour personne qu’avec le potentiel énergétique du Venezuela (d’après l’OPEP, ce pays possèderait la plus grande réserve connue au monde : 297,570 milliards de barils), la vigueur industrielle du Brésil (la sixième économie du monde) et les potentiels agricoles de l’Argentine et de l’Uruguay, cet espace de convergence créé le 26 mars 1996 avec la signature du Traité d’Asuncion qui s’est donné plusieurs objectifs – la libre circulation des biens, services et facteurs de production ; un tarif douanier externe commun ; l’adoption d’une politique commerciale commune vis-à-vis des pays tiers ou des groupements d’États ; la coordination des positions au sein des forums économiques et commerciaux, la coordination des politiques macro-économiques et sectorielles afin d’assurer des conditions appropriées de concurrence entre les États membres ; l’harmonisation des législations afin d’obtenir le renforcement du processus d’intégration – joue un rôle stratégique. En effet, les États-Unis n’ont pu empêcher cette union douanière composée à présent par le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela (le Paraguay a été exclu après le coup d’État parlementaire contre le président Fernando Lugo), de se renforcer et de promouvoir des politiques économiques et sociales souveraines en accord avec leurs intérêts nationaux, sans se plier aux diktats d’institutions financières discréditées comme Bretton Wood et le Consensus de Washington. La Maison-Blanche a tenté de recourir à la droite paraguayenne, retranchée derrière le Sénat de ce pays d’Amérique du Sud, pour empêcher l’élargissement du Mercosur qui serait devenu plus attractif pour des pays comme la Bolivie, l’Équateur et d’autres États de la région. En vain. Les États-Unis ont assisté, impuissants, à la marche inexorable de l’histoire. Depuis le Palais de Planalto, siège du gouvernement brésilien, le président vénézuélien Hugo Chavez a relevé l’importance historique de l’unité des pays latino-américains pour le développement indépendant de leurs peuples, en précisant que le Mercosur constitue une plateforme pour les changements nécessaires. « Nous sommes dans notre exacte perspective historique. Notre Nord, c’est le Sud. Nous sommes où nous aurions toujours dû être, comme l’avait souhaité Simon Bolivar », a déclaré le président Chavez à la session extraordinaire du groupe qui s’est tenue à Brasilia, la capitale du Brésil. L’Amérique du Sud se renforce, et le Mercosur lui permettra d’être dans de meilleures conditions pour discuter avec d’autres centres de pouvoir qui, comme les États-Unis ou l’Union européenne, qui n’acceptent que la soumission pour satisfaire l’appétit de leurs transnationales. ÉDIFIER LA GRANDE PATRIE Pour les analystes, l’entrée du Venezuela au Mercosur vient de sceller la naissance de la cinquième puissance économique mondiale, qui s’étend de la Patagonie aux Caraïbes, sur près de 13 millions de kilomètres carrés, avec plus de 270 millions d’habitants (environ 70% de la population de l’Amérique du Sud) et constitue un bloc gigantesque et impressionnant doté de la plus grande réserve de pétrole, d’une industrialisation en pleine expansion et d’un énorme potentiel dans la production agricole. Le Mercosur disposera d’un Produit intérieur brut (PIB) à des prix courants de 3 300 milliards de dollars – équivalant à 83,2% du PIB du Cône sud de l’Amérique – et de la plus vaste réserve de biodiversité et d’eau douce de la planète. Une réalité que devront prendre très au sérieux dans la géopolitique mondiale des blocs comme le sélect club des puissances industrielles du Groupe de huit (G-8), et même des géants émergents comme la Chine et l’Inde, qui ont une position davantage constructive dans les relations économiques internationales. Au plan interne, l’économiste vénézuélien José Gregorio Piña signale que si dans un premier temps le Venezuela n’offrait au Mercosur que du pétrole et des devises, « à présent le panorama a changé étant donné que ce bloc pourra développer son potentiel productif à travers une relation plus complète avec les pays membres, qui couvre le commerce complémentaire, une architecture financière novatrice, des investissements régionaux internes et la libre circulation des personnes et des postes de travail, entre autres ». Caracas invite déjà les entreprises du Mercosur à participer à la construction de logements pour le peuple bolivarien (l’objectif étant d’atteindre les trois millions de logements familiaux), et à travailler de concert avec l’État pour impulser d’autres projets sociaux, industriels et agricoles pour le développement du pays. Le nouveau Venezuela veut se débarrasser du vieux modèle rentier dans lequel l’ont soumis les États-Unis, et qui n’a fait qu’accentuer les inégalités et la pauvreté. Cet effort sera favorisé par la création pour le bloc d’un Fonds de convergence structurelle destiné à réduire les asymétries entre les pays membres, dans un esprit de solidarité qui doit prévaloir à l’égard des nations les moins développées. « Il s’agit d’une expérience pour réduire les asymétries entre nos pays, et pour promouvoir un développement régional équilibré », a souligné durant le Sommet la présidente brésilienne Dilma Roussef, qui a ajouté que cette instance avait déjà approuvé 40 projets à mettre en œuvre dans la région, avec un montant initial de 1100 milliards de dollars. Une bonne nouvelle à laquelle s’est ajoutée l’annonce selon laquelle l’organisme sud-américain accordera le crédit nécessaire pour impulser l’économie de cette partie du monde. PROTÉGER LE MERCOSUR L’empire du Nord ne restera sûrement pas les bras croisés, comme il l’a prouvé avec ses coups d’État contre les processus progressistes du Honduras et du Paraguay, et il fera tout son possible pour éviter une Amérique du Sud unie, prospère et forte, capable de défier son hégémonie politique et économique. Le cri d’alarme a été lancé par la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner, qui pendant le Sommet a exhorté les pays membres du Mercosur à « se doter au plus vite d’instruments et d’institutions susceptibles de rendre indestructible et indivisible ce nouveau pôle de pouvoir ». La présidente a énergiquement critiqué les tentatives de nations impérialistes pour affaiblir l’Amérique du Sud. Le Mercosur constitue donc un nouveau pas vers cette Grande Patrie dont les Latino-américains et les caribéens entendent jouir de tout leur droit. http://www.granma.cu/frances/notre-...
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19 août 2012 - 16h18 - Posté par Anne Cécile - fd89df9d152aa949877e734a9c454748...
Le traité d’Asuncion n’a pas été signé le 26 mars 1996 mais le 26 mars 1991. Article très intéressant par ailleurs.
19 août 2012 - 22h42 - Posté par Combes - 4025cbfd6009261c98d17fdb0ff4c2d0...
Et le Marché Commun c’était un triomphe de la patrie européenne contre la domination de l’impérialisme américain ?
Le MERCOSUR c’est un grand marché CAPITALISTE, on voit mal vers quoi cette union économique pourrait être un pas de géant. Dans chacun des pays adhérents, y compris au VENEZUELA, les travailleurs sont exploités. Il suffit d’aller visiter les sites de la vraie gauche ou des syndicats indépendants pour s’en rendre compte.