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190 millions d’euros pour couronner "Sarko roi d’Europe"

jeudi 22 novembre 2007 - Contacter l'auteur - 9 coms

En ces temps d’austérité....

Il y aura des repas somptueux et des feux d’artifice, des réceptions et des photos souvenirs inoubliables. La France, qui va assumer la présidence tournante de l’Union européenne au deuxième semestre 2008, a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Nicolas Sarkozy veut, semble-t-il, marquer les esprits européens, et rayonner au milieu des 26 autres chefs d’État et de gouvernement. Alors que Bruxelles fronce les sourcils sur nos déficits budgétaires abyssaux, le gouvernement a prévu de dépenser 190 millions d’euros l’an prochain pour assumer la présidence française de l’Union durant six mois.

Une somme astronomique, équivalente à deux fois le budget annuel de l’Élysée. Du jamais vu ! La dernière présidence française, au deuxième semestre 2000, avait coûté entre 50 et 80 millions d’euros aux contribuables. La facture était déjà salée, deux fois supérieure aux prévisions. Cette fois-ci, le budget s’envole littéralement, dépassant tous les pronostics.

Embarrassé, le Quai d’Orsay a reconnu hier, officieusement, devant quelques journalistes, que le budget pour 2008 pouvait paraître élevé, mais qu’il était tout à fait justifié. « C’est comparable au budget de la présidence allemande d’Angela Merkel, qui a marqué les esprits et très bien fait les choses, ont expliqué en substance les diplomates. Nous voulons faire aussi bien. De plus, en 2000, il n’y avait que 15 pays membres, contre 27 aujourd’hui, ce qui augmente considérablement les frais. Il faut organiser des dizaines de réunions techniques, les sommets informels, l’accueil des chefs d’État, sans compter près de 200 manifestations diverses pour lesquelles nous sommes sollicités. »

Pour désamorcer la polémique, le ministère des Affaires Étrangères a promis que tout serait transparent. Et que les sponsors (collectivités locales ou entreprises privées) seraient les bienvenus pour contribuer au rayonnement de la France durant ses six mois. Lors du sommet de Lisbonne, début octobre, des « partenaires officiels » se pressaient déjà autour des chefs de gouvernement, de Microsoft à Sony, en passant par Vodafone, HP ou le pétrolier Sumol…

Il n’empêche. L’ardoise de 190 millions d’euros prévue pour couronner « Sarko roi d’Europe » fait tousser de nombreux parlementaires français, y compris dans les rangs de la majorité. Venu présenter son projet de budget 2008 devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le 16 octobre, le ministre Bernard Kouchner a reçu une volée de bois vert quand il a évoqué cette ligne de crédits.

Son ancien ami socialiste Pierre Moscovici, qui était ministre délégué aux Affaires européennes en 2000, s’est dit « très étonné » par ce montant disproportionné. Le député UMP Hervé de Charrette, ancien ministre des affaires étrangères, a également exprimé sa surprise, au moment où l’on demande des efforts de rigueur aux Français. Avant de réclamer que la commission regarde de plus près le contenu des dépenses programmées pour un « événement qui dure six mois et se trouve oublié le lendemain ». « Il est prévu d’organiser beaucoup d’événements sympathiques, mais pas vraiment nécessaires » a-t-il ajouté. Son collègue radical de gauche, Paul Giacobbi, a dénoncé, pour sa part, un budget contre-productif : « il faut en appeler à moins d’ostentation et à plus d’austérité ».

Seul le socialiste Michel Vauzelle est venu à la rescousse de Bernard Kouchner, estimant que la France avait raison de vouloir faire les choses « correctement » pour sa présidence de l’Union européenne : « il ne faut pas faire des économies de bouts de chandelle sur des éléments essentiels pour l’image de la France », a lâché l’élu des Bouches-du-Rhône. Vauzelle s’est d’ailleurs plaint devant ses collègues que les « les petits fours servis dans les ambassades ne présentent plus la qualité d’antan ! » Diable, l’image de la France est en péril… L’axe de gauche Vauzelle-Kouchner pour justifier l’inflation des petits fours de « Sarko l’Européen », voilà qui ne manque pas de sel…"

Par Chantal Cottet
Collectif Justice

Mots clés : Dazibao / Economie-budget / Europe / Gouvernements /

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