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ALLEMAGNE : le capitalisme rhénan est mort

mercredi 25 août 2004 - Contacter l'auteur

de Marco Schütz

Volkswagen veut baisser les salaires, le gouvernement se montre intraitable sur les réformes et la pauvreté augmente dans le pays. Le modèle économique allemand, fondé sur la redistribution des richesses et le consensus social, a vécu.

"Chez Volkswagen, la perspective d’une grève à l’automne devient de plus en plus probable", prévient le quotidien économique Handelsblatt. Peter Hartz, le directeur des ressources humaines du groupe, veut massivement baisser le coût du travail, afin, dit-il, de pouvoir maintenir les emplois dans les sites de production allemands. Ainsi, les salariés nouvellement embauchés seraient payés 20 % de moins que leurs collègues, et cela durant toute leur carrière.

En tant que consultant, le même Peter Hartz avait également inspiré la réforme du marché du travail, que le gouvernement persiste à vouloir faire passer en dépit d’une forte résistance de la rue. C’est notamment le volet concernant l’alignement des indemnités de chômage de longue durée sur les allocations de l’aide sociale, appelé "loi Hartz IV", qui a servi de catalyseur à la colère populaire, surtout dans les Länder de l’Est. A Leipzig, Berlin ou Magdebourg, des "manifestations du lundi" ont lieu, en référence à celles qui ont précipité la chute du régime communiste de la RDA en 1989.

Lundi 23 août, on a compté un total d’environ 70 000 manifestants, dont 12 000 à Berlin, contre 90 000 la semaine précédente (dont 15 000 à Berlin). En conséquence, Der Spiegel parle d’un "reflux de la vague de protestation". Quant au gouvernement, il s’engage... à faire plus de pédagogie : son porte-parole "a annoncé la publication d’autres pages de communication dans la presse régionale en Brandebourg, Saxe et Saxe-Anhalt", rapporte le magazine sur son site Internet.

Lundi prochain, l’ancien leader social-démocrate Oskar Lafontaine prendra la parole devant les manifestants à Leipzig. Sa fronde contre Gerhard Schröder pourrait à terme entraîner une scission du SPD. Die Welt annonce dans un scoop que Lafontaine a rencontré le numéro un du syndicat IG-Metall, Jürgen Peters, pour évaluer lors de cet "entretien secret" les chances de réussite d’un nouveau parti de gauche.

Pendant ce temps, "la pauvreté et les inégalités sociales augmentent" en Allemagne, titre la Frankfurter Rundschau. Selon une nouvelle statistique publiée par l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), 12 % des Allemands sont considérés comme pauvres parce qu’ils disposent de moins de 50 % du revenu moyen dans le pays. Ce taux était de 11 % il y a encore un an. Et "ces données ne tiennent même pas compte des changements dans l’assurance maladie et dans le système des retraites, ni de la réforme des indemnités de chômage", précise le quotidien.

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=25679&provenance=accueil&bloc=01

Mots clés : Emploi-chômage / Europe / Pauvreté-Précarité /
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