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Agents démasqués à Montebello : la SQ revoit ses procédures

dimanche 26 août 2007 - Contacter l'auteur - 1 com

La Sûreté du Québec est à revoir ses procédures après que trois de ses policiers qui tentaient de s’intégrer à un groupe de manifestants, lors du sommet de Montebello, plus tôt cette semaine, eurent été démasqués.

de Sylvain Larocque

C’est ce qu’a annoncé l’inspecteur Marcel Savard, de la direction des enquêtes criminelles, lors d’une conférence de presse tenue à Montréal, vendredi.

« C’est un incident qu’on n’aurait pas souhaité », a-t-il admis.

Cela n’a pas empêché le chef de l’opposition officielle à Québec, Mario Dumont, de même que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique, de poser des questions aux gouvernements sur le bien-fondé de l’opération.

La SQ est sur la sellette depuis qu’une vidéo diffusée sur le populaire site YouTube montre l’un des trois policiers infiltrés une pierre à la main. Des manifestants pacifistes, dont plusieurs syndicalistes, ont alors tenté de convaincre l’agent de poser son projectile, en vain.

« Ils avaient le mandat de repérer et d’identifier les manifestants non pacifiques ainsi que prévenir les débordements, a expliqué l’inspecteur Savard. Ils s’étaient donc intégrés à un groupe de manifestants qui comptaient des éléments extrémistes. Ces derniers ont identifié nos policiers, qui n’ont pu poursuivre leur mandat. C’est au moment où ils étaient repoussés par ce groupe qu’ils se sont retrouvés au sein d’un groupe de manifestants pacifistes. »

Les agents infiltrés sont alors passés de l’autre côté du cordon sécuritaire, où des policiers, qui ne les connaissaient pas, les ont maîtrisés au sol et menottés, avant de confirmer leur identité.

« En aucun temps les agents en question n’ont fait de la provocation, ni incité quiconque à commettre des actes violents », a assuré Marcel Savard.

Selon la SQ, la pierre que portait l’un des agents infiltrés venait d’un manifestant qui aurait voulu l’inciter à la lancer. « L’objectif (d’un policier infiltré), c’est de se fondre à son environnement ü un groupe d’extrémistes, a précisé l’inspecteur. (...) À aucun moment le policier n’a eu l’intention de lancer (le projectile). »

La vidéo révélatrice a été vue plus de 190 000 fois depuis sa mise en ligne, il y a trois jours. Ce n’est que jeudi soir, après l’avoir nié pendant deux jours, que la SQ a finalement reconnu avoir recouru à des agents d’infiltration à Montebello.

De telles opérations présentent toujours le risque que les agents soient démasqués, a souligné l’inspecteur Savard.

« Est-ce que dans ce contexte, si on avait une répétition du contexte, on peut répéter les différentes actions qui ont été faites, ou est-ce qu’elles doivent être modifiées ? » s’est demandé à voix haute Marcel Savard, en soutenant par ailleurs que la SQ dressait un « bilan positif » du travail des policiers à Montebello.

Le sommet réunissait lundi et mardi le premier ministre Stephen Harper, le président américain George W. Bush et le président mexicain Felipe Calderon.

Réactions

De passage à Montréal, le chef adéquiste Mario Dumont a demandé des explications au ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, qui a refusé de se prononcer sur l’incident.

« On nous présente ça comme si c’était une nécessité, ce qui apparaît un peu curieux », a commenté M. Dumont.

De son côté, le député bloquiste Serge Ménard, ancien ministre de la Sécurité publique à Québec, a invité la Gendarmerie royale du Canada à indiquer si elle a eu recours, elle aussi, à des agents d’infiltration.

« Voir des policiers déguisés en manifestants, pierre à la main, comme on l’a vu cette semaine, est questionnable au plan éthique puisque leur présence dans la foule peut avoir l’effet contraire à celui recherché », a estimé M. Ménard, en précisant qu’il ne s’oppose pas, en principe, aux agents d’infiltration.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a une fois de plus, vendredi, rejeté les appels de ceux qui demandent la tenue d’une enquête publique sur l’affaire.

« (Les policiers) ont été encouragés à lancer des pierres et ils n’en ont pas lancé », a-t-il noté.

Le député néo-démocrate Peter Jullian s’est quant à lui inquiété de voir d’autres policiers armés de pierres lors de prochaines manifestations.

Une chose est sûre, la sortie de la SQ n’a pas fait taire les protestataires.

« Etait-ce une mission de provocation qui faisait partie du plan opérationnel du sommet ? » a demandé le Syndicat canadien de la fonction publique dans un communiqué.

« (Les policiers) essayaient probablement de causer une arrestation massive avant même que la manifestation ne commence et d’en mettre la responsabilité sur les manifestants », a pour sa part avancé Nazila Bettache, du Bloc de l’action mondiale des peuples.

http://cyberpresse.ca/article/20070...

Mots clés : Canada-Québec / Police - Répression /

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