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Au déballage indécent de Daniel Mermet, nous préférons la vérité toute simple

lundi 4 octobre 2004 - Contacter l'auteur - 5 coms

« A prendre ou à laisser »

de Claire Hauter et Thierry Scharf

« Au déballage indécent de Daniel Mermet, ses mensonges et ses allégations psychologisantes nous préférons la vérité toute simple.

Fin juin, le jour même de l’émission consacrée au "Grand Bond en arrière", un brillant ouvrage de Serge Halimi dénonçant la précarisation néolibérale, Daniel Mermet nous signifiait brutalement qu’il ne renouvellerait pas nos contrats à la rentrée. Raison invoquée ? Manque de rendement. Il nous faudrait désormais produire plus pour maintenir le même niveau de salaire. Et pourtant, tout le monde sait à France Inter que s’il y a un bureau où la lumière s’éteint rarement, week-ends et soirs compris, c’est bien celui de Là-bas si j’y suis. Pour nous, c’était un choix, une forme d’engagement.

Il nous reprocha aussi de "bloquer l’accès à tous les jeunes qui rêvent de travailler pour l’émission". L’équipe, disait Daniel Mermet, était en train de "se fonctionnariser". Le fait de revenir à un paiement à la pige ne pourrait que nous stimuler à travailler plus vite et plus efficacement.

Sa décision était catégorique, c’était "à prendre ou à laisser" et il voulait une réponse rapide.

Il ajouta que nous n’avions qu’à nous en prendre à la direction de France Inter qui lui imposait cette décision. Vérification faite, il s’avéra que la direction n’avait jamais requis ce changement, bien au contraire, puisqu’elle préconisait de faire signer des contrats de grille (sur 10 mois) aux cachetiers réguliers.

A bout d’argument, Daniel Mermet nous lâcha qu’il ne nous pardonnerait jamais de ne pas l’avoir soutenu dans le conflit qui l’opposait à son ex-assistante. En effet Joëlle Levert l’avait accusé de harcèlement moral et nous n’avions pas voulu cautionner le texte d’autodéfense qu’il fit paraître à ce sujet. Tentative d’ailleurs vaine puisqu’il s’y exprimait, comme aujourd’hui, au nom de "toute l’équipe".

Nous avons refusé l’inacceptable.
Comment accepter pour soi ce que l’on condamne à longueur d’émissions ?

Daniel Mermet affirme nous avoir proposé une alternative au retour à la pige en allégeant le contenu des reportages pour augmenter la productivité. Quand on connaît son exigence ça ne tient pas debout. Giv Anquetil, le troisième reporter et Antoine Chao, le réalisateur de l’émission, le savent bien.

Il y a quelques mois, dans sa réponse à Joëlle Levert, Daniel Mermet s’interrogeait déjà : "Mais allez donc mettre de la raison dans une histoire d’amour !"

Aujourd’hui notre licenciement lui inspire cette question : "Pourquoi tant d’amour ?" Nous nous posons quant à nous la question : pourquoi tant de malhonnêteté ?...

http://lbsjs.free.fr/

Mots clés : Emploi-chômage / Radio /

Messages

  • Daniel,

    J’ai beaucoup hésité à t’écrire, partagée entre l’envie de te dire ce que je pensais et la crainte de "donner du grain à moudre" à ceux qui rêvent de casser Là-bas.

    Le litige qui t’oppose à Thierry et Claire me semblait incompréhensible, mais tu as fourni dans ta réponse "pourquoi tant d’amour" des éléments objectifs de réflexion. Après traduction de quelques phrases langue de bois (je les ai notées "...") en langage clair, l’affaire semble plus simple. Ouf !

    Daniel, tu es un génial Mermet, mais tu es également un responsable d’émission de France-Inter comme un autre : Tu dois à ce titre produire X émissions par saison conformément au (sacro-saint !) contrat d’objectifs et te caler dans un budget d’Y euros.

    Lorsque tu fais le bilan de la saison avec tes collaborateurs en juin, tu leur reproches un manque de reportages (-7 pour Claire, -15 pour Thierry) et, en guise de solution, tu leur proposes deux merdes :
    soit bâcler ("écourter") leurs reportages et tu pourras ainsi produire tes X émissions,
    soit être rémunéré précaire (à la pige "relevée") et tu pourras alors te caler dans ton budget d’Y euros.

    Autrement dit Claire et Thierry avaient le choix entre la hache ou la corde. Je comprends qu’ils aient décidé de se barrer (de "suspendre leur collaboration") Je comprends aussi leur réaction de révolte et de tristesse : Là-bas, c’est plus une aventure qu’une émission ordinaire.

    Dans ta réponse, tu soulignes qu’il faut s’attaquer aux vrais problèmes, notamment à la précarité des pigistes permanents, à l’insuffisance des budgets. Le problème c’est que tu intègres, apparemment sans état d’âme, ce système que tu dénonces par ailleurs. Peut-être n’as-tu pas le choix ? Dans ce cas, aie le courage d’assumer. A défaut d’admettre le principe, je peux te comprendre : Il en va de l’existence même de Là-bas. Mais non, tu déplaces le problème sur un plan quasi psychanalytique-œdipien ("pourquoi tant d’amour", "parricide symbolique", "amours enfouies") La ficelle est trop grosse, je considère que tu insultes notre intelligence.

    Les Là-basien(ne)s sont tristes.

    Hésioné

  • Finalement ce MERMET que j’ai eu plaisir à écouter est une petite canaille comme les autres... désormais entre 17h et 18h j’irai à la piscine... ça me décontractera autant.

    Alphonse

  • Bonjour,

    Moi ce qui me derange le plus dans cette affaire c’est qu’au printemps lors de la designation du nouveau president de radio france la question était :
    Est ce que La bas si j’y suis va pouvoir rester ? Est ce que mermet va sauter ?

    Reponse de la direction : on ne touche pas a mermert
    et là a la rentrée : crise interne au sein de l’équipe

    c’est troublant ?
    Non ?

    rincevent

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