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Coluche par Coluche

lundi 19 juin 2006

C’est l’histoire d’un mec... un mec pas... non !... un mec normal.

Je suis né à Paris, dans le XIVème, j’ai été élevé à Montrouge, j’ai 26 ans, je mesure 1,72m et pèse 86 petits kg.

Après de brillantes études primaires (oh ! combien !) qui me conduisirent à chuter au certificat d’études (CEP), je décidai de ne pas commettre l’erreur de retourner à l’école afin de ne plus connaître l’horreur de l’échec.

J’entrai au PTT comme télégraphiste. On me conseille rapidement de démissionner. Alors j’entrepris plusieurs apprentissages dans différentes professions (14 en tout !) : photographe, garçon de café, fleuriste, marchand de légumes... et puis j’entrais à l’usine comme manutentionnaire. Je ne suis pas mécontent d’en être sortis.

A force de traîner le soir du côté de la Contrescarpe, j’ai fini par apprendre à jouer de la guitare, à chanter, et un jour j’ai sauté le mur qui me séparait de la vie d’artiste à laquelle je rêvais.

J’ai commencé par chanter dans un restau "Le Vieux Bistrot", dans l’île de la cité, puis dans un autre.

Un jour j’entre au cabaret pour chanter ; on m’engage pour faire la vaisselle. Je reste là plusieurs mois et j’y fais mes débuts de chanteur.

Il y avait là 2 jeunes qui venait chanter là le soir : Jo Moustaki et Maxime Le Forestier. C’est là aussi qu’on m’a donné ce surnom : Coluche.

Après ce cabaret j’en fait d’autres comme chanteur, puis dans l’un deux je rencontre Romain Bouteille qui m’emmène avec lui dans son "café de la gare", il m’apprend à jouer ainsi qu’à d’autres (Miou-Miou, Patrick Dewaere).

Plus tard, je quitte le "café de la gare" et avec des copains nous fondons "Le Vrai Chic parisien" et, ensemble nous montons successivement Thérèse est triste au TTX 75 (Olympia), Ginette Lacaze 1960 que Dick Rivers choisit comme première partie à son Rock’n’Roll Scow à l’Olympia. (Je peux dire qu’à cette époque personne n’y croyait et qu’il nous à imposés de force.)

Ensuite, une 3ème pièce : Introduction à l’esthétique fondamentale. Mais une troupe, ça n’est pas facile à vivre, les rapports y sont délicats et moi je ne le suis guère. On se sépare, et je fais cavalier seul... par force.

Ce qui me fait le plus rire ces ont les comiques qui s’ignorent : la télé. La télé, c’est bourré de gags, mais tellement qu’on ne peut pas les reproduire. Les gens croiraient qu’on invente.

Par exemple, après un petit film pour promouvoir une campagne au profit des aveugles, une speakerine déclare : "Nous tâcherons de ne pas rester sourds à cet appel." Ca, je l’ai vu et entendu.

Mais j’aime bien aussi les comiques qui ne s’ignorent pas. Au cinéma ma préférence va à Jacques Tati. Play Time est mon meilleur souvenir. Au music-hall j’aime surtout Raymond Devos. J’aimais beaucoup Fernand Raynaud.

Voilà en gros... mon premier disque vient de sortir...

J’inaugure le "CafConc’ de Paris", un nouvel endroit des Champs -Elysées où je pense bien m’amuser. Je prépare un show-télé (fin octobre, 1ère chaîne, réalisé par A.Flédérick).

Parlons de mes égouts et de mes couleuvres :

- J’aime flâner sur les Grand Boulevards ;

- J’aime Paris au mois de mai ;

- J’aime bien mes dindons ;

- J’aime mieux mes moutons ;

- J’aime le jambon et les saucisses ;

- Je hais les Dimanches.

- Moi, j’aime le music-hall.

(Paru le 4 septembre 1974 dans l’Aurore.)

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