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IGNACIO RAMONET : Cien horas con Fidel, Mon livre s’adresse aux nouvelles générations

dimanche 28 mai 2006 - Contacter l'auteur - 4 coms

de JEAN-GUY ALLARD

"MON livre s’adresse aux nouvelles générations qui n’ont pas eu accès à la pensée, à l’œuvre de Fidel Castro et qui ont de la difficulté à connaître cette œuvre à cause de la muraille de mensonges, de calomnies et de critiques systématiques concernant la Révolution cubaine, particulièrement en Europe", a affirmé le journaliste français Ignacio Ramonet, au cours d’une rencontre avec la presse à La Havane, ce vendredi 19 mai.

L’énorme volume présenté à Cuba il y a quelques jours sous le titre Cien horas con Fidel (Cent heures avec Fidel) est déjà un succès instantané de librairie dans la péninsule ibérique où Mondadori (Collection Debate) l’a publié sous le titre Fidel Castro. Biografía a dos voces. Une première édition de 12 000 exemplaires est épuisée et une réédition est en cours.

« En Espagne, quelques lecteurs sont venus me dire qu’ils n’avaient pas idée de ce que pensait Fidel Castro parce que les médias espagnols en parlaient fréquemment mais qu’il n’avait jamais la parole », a raconté Ramonet.

L’auteur, qui est directeur du Monde Diplomatique, le respecté mensuel publié à Paris, signale comment « un des dangers pour un professionnel qui interviewe Fidel Castro est de se laisser fasciner par le personnage ».

« Il a une personnalité fascinante pour un journaliste de ma génération », avoue-t-il. « C’est un témoin, un acteur et un protagoniste de faits historiques si considérables qu’évidemment il y a, ou il peut y avoir, une sorte de fascination ».

Prenant conscience de ce danger, il s’est adressé à plusieurs de ses amis - dont des personnalités très connues nommées dans le livre - « et je leur ai demandé, s’ils avaient l’occasion de parler avec Fidel Castro, quelles sont les questions indispensables qu’ils lui poseraient ».

« Mon engagement moral a été que ces questions se retrouvent dans le livre... et elles y sont ! ».

Accusé par une certaine presse madrilène - et de Miami - d’avoir repris des citations de discours, dans certaines pages de l’œuvre, Ramonet explique qu’il l’a toujours fait en répondant à des indications de Fidel lui-même, qui estimait avoir précisé clairement sa pensée de cette façon sur certains éléments.

L’auteur du livre a ironisé sur la provenance de telles critiques, signalant qu’il y a eu des gens pour prétendre qu’il n’avait jamais fait l’entrevue et que « les photos de Fidel avec Ramonet sont des montages ».

Il a raconté qu’un autre personnage de la faune espagnole, Arcadio Espada, est arrivé à écrire dans son blog qu’en réalité « cette entrevue n’a pas pu avoir lieu parce que Fidel Castro est mort depuis déjà plusieurs semaines ou bien davantage ».

« La dimension de disqualification de l’entrevue en est arrivée jusque là », a-t-il commenté.

Pour Ramonet , « le journaliste est quelqu’un qui va à contre-courant ».

« UNE DES PERSONNALITÉS LES PLUS CENSURÉES EST FIDEL »

« En France et en Espagne, une des personnalités les plus censurées est Fidel, par la censure du consensus, parce que quand tout le monde dit que cela est une dictature atroce et que Fidel Castro est un dictateur cruel, cela crée un tel consensus que même les journalistes qui prétendent être des personnes critiques n’osent dire autre chose que ce qui domine ».

« Et c’est normal, » ajoute-t-il. « Moi qui ai essayé de le faire, je vois ce qu’on peut subir. J’avais une chronique d’opinion dans un journal espagnol et quand est sorti un extrait du livre dans El Pais, on me l’a enlevée... Au nom de la liberté, on supprime la liberté d’expression, la liberté d’opinion ! Voilà c’est que le consensus, la censure du consensus ».

L’éditeur et journaliste français souligne : « Je considère que notre devoir est d’essayer de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. En Espagne, en France ou en Europe, la personnalité internationale qui a le moins la parole est Fidel Castro et mon devoir de journaliste, mon honnêteté de journaliste consiste à la lui donner ».

Quel est le thème central de ce volume, de ces longues conversations qu’il a eues avec le président cubain ? « L’idée, c’est d’expliquer le mystère qui fait qu’un enfant né dans une bourgade éloignée de tout, dans une famille d’agriculteurs d’origine extrêmement modeste - sans grande culture, dirions-nous aujourd’hui - comment cet enfant éduqué dans des écoles catholiques, réactionnaires, de jésuites qui venaient de la guerre d’Espagne... comment s’est-il transformé en un leader révolutionnaire ? D’où lui est venue, d’où a surgi cette créativité ? »

« C’est ce qui traverse le livre... »

« J’AVAIS PEUR... »

Sur le ton de l’humour, Ramonet raconte comment son approche du président de Cuba durant « quatre fois 24 heures » l’a amené à voyager avec lui jusqu’en Équateur « dans son très vieil avion ».

« J’avais peur... je ne volerais pas dans cet avion comme il le fait... c’est un homme courageux ».

Ramonet décrit Fidel, dans ses activités quotidiennes qu’il a observées, comme « une personne qui a toujours un tact extraordinaire avec ceux qui l’entourent, très respectueux, très prévenant , il ne veux pas déranger ».

« C’est un homme très généreux. Vous direz que c’est normal mais je connais des hommes politiques qui, en public, son très attentionnés mais qui, en réalité, sont des dictateurs avec leur entourage », a-t-il signalé.

Il précise : « Il vit dans une situation de frugalité extrêmement marquée. Dans son environnement, il n’y a pas de luxe, absolument. Il vit comme un moine soldat. Je lui ai demandé combien il gagnait et il s’explique là-dessus dans ce livre. Je l’ai dit, je ne vivrais pas avec son salaire, évidemment. Et je me réjouis de gagner un peu plus que lui ! »

Le livre de Ramonet sortira bientôt en Argentine, au Mexique, au Venezuela, au Brésil, au Portugal, en Allemagne, en Pologne, en Grèce, en Russie, en Corée, au Japon, ainsi qu’en Italie (Mondadori), en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis (Penguin Books). En France, il sera publié en fin d’année par Fayard. En Espagne, 20 000 exemplaires à couverture cartonnée se vendent accompagnés d’un DVD/documentaire présentant plusieurs heures des échanges entre le journaliste et le président cubain.

http://www.granma.cu/frances/2006/m...

Mots clés : Amérique Latine / Sud / Dazibao / Gouvernements / Jean-Guy Allard / Littérature-Philo-Livres /

Messages

  • MONSIEUR RAMONET JE SUIS FIER D ETRE ABONNE AU DIPLO ET JE SALUE VOTRE COURAGE DE NE PAS CHOISIR LE POLITIQUEMENT CORRECT DE LA GAUCHE BOURGEOISE QUI CRACHE SUR NOTRE CAMARADE FIDEL ET SUR LA REVOLUTION CUBAINE.
    MERCI

    VENCEREMOS

    SEBASTIEN DE TOULOUSE

    • Abonné au diplo, je puis vous dire le sérieux de cette publication, la qualité d’investigation ; Les articles ne sont jamais superficiels et vont vraiment au fond des choses et bien-sûr je lirai ce bouquin qui doit être de même facture. Ignacio Ramonet bénéficie -chez moi- d’une image de grande qualité.
      Ce n’est pas de la pub gratuite que de vous conseiller de lire le diplo. Ca vaut vraiment le coup.
      JP

    • Bravo à M. Ramonet. Abonné au Diplo j’ai toujours apprécié ses articles. Je trouve que le peuple Cubain (et Castro) devraient bénéficier plus souvent de reportages en leur faveur.
      J’ai voyagé à Cuba et j’en suis revenu admiratif, un peuple attachant, fier de leur président et de leur révolution.
      Il faudrait parler plus souvent des "los cinquos", ces cinq Cubains emprisonnés aux USA pour avoir pourchassé et découvert des térroristes anticubains en Floride. Innocentés, ils sont toujours emprisonnées aux USA, et cela depuis sept années, l’un deux est même emprisonné dans cette centale de haute sécurité ou est placé le Francais Moussaoui !!!
      Comme le dit JP, je lirais ce bouquin et je conseille egalement la lecture du Diplo, j’ajouterais allez donc à Cuba, n’ayez pâs peur c’est un pays ou l’on rencontre des gens extraordinaires, ou l’on se proméne sans crainte le soir dans les rues, ou l’on ne vois pas de police à tous les instants, ou l’on chante et ou l’on danse partout.
      Cuba est menacé par les USA, il faur sauver Cuba.... N’en déplaise à M. Badinter !!!
      Georges du 64

  • Bravo pour l’article de Jean-Guy Allard et surtout pour le livre de Monsieur Ignacio Ramonet.
    Je connais personnellement le journaliste J-G Allard, je l’ai rencontré à Montréal et à La Havanne et il fait de l’excellent journalisme d’enquête. Il a été directeur au journal de Montréal et de Québec et écrit maintenant par choix pour le journal Granma international à Cuba. J’ai organisé récemment un voyage de solidarité de 104 personnes à Cuba dont plusieurs ne connaissaient à peu près rien sur le pays. Tous et toutes ont été transformés par l’expérience et sont repartis touchés et admiratifs de la solidarité et de la vaillance du peuple cubain. Nous étions au milieu d’une foule de près de deux millions de cubains à La Havanne pour les célébrations du 1er mai 2006. Nous avons été témoins de l’esprit révolutionnaire du peuple cubain, de l’amour et du respect manifesté envers leur leader Fidel Castro qu’ils ont acclamé joyeusement et écouté attentivement. Fidel est un humaniste et il est là parceque le Peuple le veut là, et pas ailleurs ! Nous avons participé à de nombreuses conférences sur la démocratie et les droits de l’homme à Cuba, sur les 5 héros cubains emprisonnés injustement aux USA, sur l’économie cubaine, etc. Nous avons fait du travail volontaire dans une école d’informatique, rencontré des étudiants, des enseignants, visités une école pour handicapés intellectuels, etc, et partout, nous avons constaté la solidarité et la culture avancée du peuple cubain.
    J’espère que la vérité sur Fidel et sur Cuba finira par traverser le tissus de mensonges médiatique !
    Ginette Moreau, Québec

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