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Impossibilité de la gauche de réussir au Québec

mercredi 31 octobre 2007 - Contacter l'auteur - 4 coms

J’aimerais être plus positif mais les faits sont là. Le parti Québec Solidaire, après une première élection désastreuse en mars dernier, ne décolle pas. Le dernier sondage lui donne toujours 4% du vote, ce qu’il a amassé à la dernière élection provinciale.

La mentalité et le tempérament québecois ne cadrent pas avec une gauche véritable. Les Québecois sont des gens fiers qui veulent montrer à leurs concitoyens qu’ils ont été capables de se faire une place dans la société par leurs propres moyens. Le penchant de Québec Solidaire pour les plus démunis est très noble, aucun doute. Cependant, les assistés sociaux sont la classe de citoyens au Québec, et c’est triste que cela soit ainsi, la plus mal perçue.

Comme le montre d’ailleurs cette caricature du Québecois qu’est le personnage "Elvis Gratton" au cinéma et dont la devise est "Think Big", le Québecois a depuis toujours eu le voisin américain comme modèle et il se voit beaucoup plus comme un Américain que comme un Européen. Même dans les classes les plus modestes au Québec, on a honte de voter Québec Solidaire parce qu’on a l’air de "quêter" quelque chose.

En conclusion, le Québecois est définitivement trop fier pour voter à gauche ou pour demander plus de mesures sociales.

Mots clés : Canada-Québec / Partis politiques /

Messages

  • Dans ce cas, qu’ils abandonnent toute idée d’héritage et de transmission de patrimoine. Il est plus facile de réussir quand on a des parents riches et bien placés que quand on est pauvre.

    Les héritiers sont bien avantagés par rapport à ceux qui n’ont rien au départ.
    Si les libéraux étaient vraiment libéraux, ils accepteraient de partir avec rien, à égalité avec les autres.

    Et qu’ils suppriment tous les revenus qui n’ont pas de rapport avec le travail. Qu’ils aillent jusqu’au bout de leur logique "libérale".

    Il est faux de dire qu’il y a de la place pour tout le monde dans une telle société.
    Pas de chômage, pas de précarité ?
    Et quand on sait que la capitalisme s’est construit sur le pillage, la sueur des autres et la mort, pas de quoi être fier d’un tel système.

    La logique individualiste rend peut-être fier mais elle rend surtout con et égoïste. Il faut avoir une belle maison, deux belles voitures et un métier qui rapporte gros si possible.

    C’est pour cela que 1 milliard de personnes crèvent de faim dans le monde. Ce sont les "oubliés" du monde capitaliste, ceux qui n’ont pas réussi lol.

    Deux logiques s’affrontent : une collective voire collectiviste et solidaire, l’autre individualiste.

    Je ne sais pas comment cela se passe au Québec mais aux Etats-Unis, beaucoup de gens sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour pouvoir survivre tandis qu’une minorité vit avec des salaires mirobolants. Exemple : les médecins conseils des assurances privées sont grassement rémunérés pour refuser des soins médicaux à un maximum de gens.

    Les coopératives ouvrières, les entreprises publiques, c’est à dire les entreprises nationalisées fonctionnent très bien. En général, il y a une très bonne ambiance au travail. Les profits réalisés ne sont pas donnés à une minorité des personnes mais sont reversés à la société dans son ensemble : faibles tarifs pour les plus pauvres, services de proximité pour tous...

    Il n’y a pas besoin de concurrence pour que l’économie fonctionne bien. Toutes les entreprises françaises qui ont été privatisées étaient en bonne santé. Aujourd’hui, elles rapportent de bons dividendes à leurs actionnaires. GDF, Autoroutes, St Gobain, Total, Air France...

    Le secteur privé n’est pas plus performant que le public.
    Les sociétés solidaires sont plus performantes que les sociétés individualistes.

    mncds.

  • Mais c’est quoi « le Québécois » ?

    Avec des expressions comme ça on n’avance guère dans la compréhension.
    Au Québec, comme ailleurs, il y a une histoire, un contexte politique, un contexte social, un contexte médiatique, un système électoral (majoritaire=guillotine pour les petits partits), entre autres. Et dans tout cela, il y a des Québécois qui bougent beaucoup, des Québécois qui bougent un peu, des Québécois qui restent devant leur télé. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

    Le Français, le Tazunien, il a voté Sarko ou Bush, ou il manifeste dans la rue ?

    Dans un système électoral médiatico-majoritaire, un parti minoritaire ne décolle pas s’il n’a que des idées atypiques. S’il y a vote utile , il y a un vote potentiel perçu comme inutile. Le système est fait pour ça. C’est là-dessus qu’il faudrait réfléchir (voir les écrits de Losurdo sur la pseudo-démocratie). Quand le consensus de la caste politique bloque tout et que les médias empêchent le débat d’idées, seul un gros démagogue à la Le pen ou à la Bruno Dumont peut prospérer sur le mécontentement. La démocratie malade prépare le fascisme.

    Même si on peut avoir un coup de blues, après une déception électorale, il y a bien mieux à faire que de dénigrer « le » Québécois.

    Jean-François

  • Bonjour,

    Je suis Québécois et membre de Québec solidaire :o)

    Je crains aussi que, pour des raisons culturelles, QS n’aura pas un vote énorme dans les années à venir. Néanmoins, je me demande quels étaient les résultats électoraux des partis ancêtres du Parti québécois (PQ) dans leurs premières années ? Aussi, il faut noter que les deux porte-parole de QS n’étaient pas loin derrière les élu-es.

    Quoiqu’il en soit, QS joue un rôle politique important malgré tout, c’est-à-dire sans être élu. Nous avons un capital de sympathie et arrivons à faire sortir des enjeux dans les médias, ce qui pousse les partis au pouvoir à récupérer certains enjeux et propositions de QS. Autrement dit, avec ce parti, les mouvements sociaux ont un nouvel outil un peu plus efficace qu’avant. Jadis, les partis de gauche n’arrivaient aucunement à sortir dans les médias.

    Ce qui me passionne dans ce nouveau parti, c’est que les membres ont une passion commune pour le rêve d’une démocratie un peu plus sincère ou populaire. Ils et elles nourrissent des idées de démocratie participative et discutent aussi de ce que pourrait contenir une éventuelle constitution du Québec.

    Dans le contexte actuel, avouons-le, xénophobe —sans compter la propagande anti-gauche très efficace de « L’Institut économique de Montréal » et des radio-poubelles—, ce parti de la nouvelle gauche ne doit pas se fixer de faux espoirs (pour éviter des déceptions inutiles) mais peut se permettre une approche lucide et bien concrète. Il y a de l’espoir, mais à moyen terme. Avec une probabilité décente d’élire un à trois député-es Solidaires la prochaine fois. De toute manière, comme va le découvrir l’ADQ, se faire élire sans un alignement programme assez complet et solide, c’est montrer aux citoyen-nes des signes d’incompétence dommageable.

    Bien à vous,
    Michaël Lessard
    www.siriel.info

    • Je crois que tous les intervenants précédents, de même que l’article lui-même ont négligé une donnée importante qui a eu des effets en France tout autant qu’au Québec, sinon davantage. C’est la débandade de l’idéologie de gauche après la chute du mur de Berlin et l’échec de l’expérience communiste en ex-URSS. et en Europe de l’Est.

      On oublie que dans le Québec des années 60-70 s’est développée une véritable gauche qui avait pris d’assaut le Parti Québécois. Les coopératives fleurissaient dans une multitude de secteurs économiques, depuis les finances jusqu’à l’industrie, le commerce, l’agriculture et le logement.

      Depuis les années 90, ce mouvement s’est essoufflé partout en Occident, et le Québec n’a pas fait exception.

      Écoutez donc la langue de bois du PS de France qui, une fois au pouvoir, a mené une politique de droite, dont des ténors comme Koushner, Lang ou Strauss-Kahn ont rallié la droite sans états d’âmes. Écoutez les balbutiements des groupuscules à la gauche du PS, qui ont été incapables de présenter une candidature unique aux présidentielles.

      Puis, passez à une évaluation des chances de la Gauche Québécoise.

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