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Katrina : réfugiés

jeudi 8 septembre 2005 - Contacter l'auteur - 5 coms

de Al Faraby

Le "politiquement correct" sévit après Katrina... Comment appeler des gens qui ont été forcés de partir de chez eux avec rien d’autre que ce qu’ils avaient sur le dos, ne sachant pas s’ils pourront revenir un jour et obligés de repartir à zéro dans un endroit inconnu ?

Nombre de médias ont utilisé le terme de "réfugiés" pour décrire les rescapés de l’ouragan. Mais ce choix déclenche la colère de certains lecteurs et détracteurs, notamment dans la communauté noire.

Car dans cette atmosphère d’après-catastrophe, où la plupart des victimes de l’ouragan sont noires et où Washington est accusé de racisme, ces critiques jugent que les qualifier de "réfugiés" impliquerait qu’il soient des citoyens de seconde zone, voire qu’ils ne soient même pas américains...
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"C’est raciste de qualifier des citoyens américains de réfugiés", a lancé lundi le révérend Jesse Jackson en visitant l’Astrodome de Houston. Des membres du Black Caucus, les élus noirs au Congrès, ont exprimé des sentiments similaires.

Déjà suffisamment critiqué comme cela, le président George W. Bush a ajouté son grain de sel mardi : "Les gens dont nous parlons ne sont pas des réfugiés. Ce sont des Américains et ils ont besoin de l’aide, de l’amour et de la compassion de nos concitoyens".

Il est vrai que pour la communauté internationale, un réfugié, tel que défini par la Convention de 1951, est une personne ayant traversé une frontière internationale pour échapper aux violences ou persécutions, terminologie différente de ’déplacé’, sorte de "réfugié de l’intérieur".

Mais selon le dictionnaire Webster, il s’agit, plus largement, d’une "personne qui fuit sa maison ou son pays pour se réfugier ailleurs, en temps de guerre ou de persécution politique ou religieuse".

Ces accusations de racisme ont poussé plusieurs médias américains à ne plus employer le terme litigieux. Le terme est employé, "quand c’est adapté, pour rendre compte de l’ampleur des effets de cette catastrophe naturelle historique sur un grand nombre de nos concitoyens", explique la Directrice exécutive de l’agence Associated Press, Kathleen Carroll.

Elle précise : "Plusieurs centaines de milliers de personnes ont été déracinées hors de leurs maisons et communautés, forcées à chercher refuge dans plus d’une trentaine d’Etats dans tous les Etats-Unis. Jusqu’à ce qu’ils soient capables de commencer de nouvelles vies à un nouvel endroit ou de retourner chez eux, ils seront des réfugiés".

...

Toute référence à un autre peuple dans une autre région du monde serait pure coïncidence, indépendante de ma volonté.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=2485

Mots clés : Al Faraby / Catastrophes - Accidents / Dazibao / Gouvernements / USA /

Messages

  • En général quant on pinaille sur les mots ou la sémantique , c’est qu’on est en mal d’arguments.
    En plus avec 50 000 militaires prèts a tirer sur tout ce qui bouge ces pauvres gens deviennent vraiment des réfugiés en situation militarisée et de plus il deviennent aussi des déportés pour ceux qui voulent rester avec leurs animaux de compagnie , ou pour défendre leur maison et quelques biens .Ou simplement ne pas abandonner leur Home sweet home , sachant qu’il ne le reverrait jamais et qu’il serait pillé par la garde national .

  • "Les gens dont nous parlons ne sont pas des réfugiés. Ce sont des Américains et ils ont besoin de l’aide, de l’amour et de la compassion de nos concitoyens". selon BUSH

    ... et SEULEMENT des con-citoyens américains : Bush REFUSE toujours l’aide de 586 médecins cubains, proposée dès après la catastrophe.

    Voir : http://www.aporrea.org/dameverbo.php?docid=65759 (en espagnol - facile)

    L’amour et la compassion devant l’écran TV soignent ? Il ne manque que la prière et les voeux pieux...

    • Je trouve scandaleux, révoltant et malhonnête de lancer des appels à la "solidarité" parmi les populations des autres pays (occidentaux) alors que l’administration de Bush refuse 1586 médecins cubains préparés pour opérer efficacement dans ce genre de situations !

      Alors, chers amis, je vous invite à ne pas donner ! En effet, ce n’est pas normal de faire culpabiliser le citoyen lambda en l’incitant à donner pour les Etats-Unis (pays de la richesse, soit dit en passant) alors que ce même pays se permet de faire la fine bouche en matière de dons et d’aides !

      Honte à Bush et à toute sa clique ! Honte aux Etats-Unis qui laissent crever les leurs sous prétexte d’avoir un différend idéologique avec certains pays. Le jour où ce pays aura compris que la vie humaine vaut plus que les profits est encore loin !

      Tocororo

  • Celui de New York :

    Je ne suis pas toujours d’accord avec Jesse, mais cette fois il a bien touché du doigt. Appeler les habitants de la Nouvelle Orléans des réfugiés, c’est déjà en faire des réfugiés. Avec les expulsions forcées à la Nouvelle Orléans, avec un député US disant à des spéculateurs de l’immobilier qu’ “on a enfin balayé les HLM à la Nouvelle Orléans : nous on ne pouvait pas, c’est l’oeuvre de Dieu,” le mot ”réfugié” devient un rêve de facho en voie de réalisation.

  • Réfugiés, évacués, sinistrés... Peu importe le terme. Ces laissés-pour-compte sont les purs produits du capitalisme. Et de l’arrogance du colonialisme.

    Tout comme les Africains en France qui vivent dans des conditions sordides et sont stigmatisés par le terme de "sans-papiers", les déportés de la NO ne verront jamais leur situation s’améliorer. A moins que...

    A moins que le monde entier se réveille de la torpeur dans laquelle les ont plongés les discours sécurisants ... et sécuritaires du capitalisme triomphant et veule.

    emcee

    Pour des analyses et des photos, on peut aller faire un tour ici :

    http://emceebeulogue.tooblog.fr/?Katrina-quel-joli-nom-vous-habitez-chez-vos-parents

    PS : tous dans la rue le 4 octobre ! Comptons-nous.

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