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Leprest Symphonique (+ video)

lundi 5 décembre 2011 , par Bellaciao - Contacter l'auteur - 7 coms

Il y a à peine deux semaines, NosEnchanteurs présentait en exclusivité le “Leprest Symphonique” qui sort ce 5 décembre dans les bacs. Retour sur l’événement et critique du nouvel opus.

Leprest sur écran panoramique

Allain Leprest (photo DR)

C’est Leprest, avec une voix qui accuse le coup, qui sait déjà ce qu’elle a perdu. Mais une voix majeure, impressionnante à plus d’un titre, d’un jeune doyen qui domine son art. On ne trouvera pas ici d’inédits, tant il est vrai qu’on n’en offre rarement à un tel projet. De toutes façons, Leprest, trop partageur, les a déjà donnés aux copains, ventilés comme la dame de chez Larousse qui souffle et puis pffft… Là, l’Allain confronte quelques-uns de ses classiques à une autre dimension encore : au symphonique. Dialogue virtuel quand on sait qu’il a enregistré sa voix seul, dans l’attente que vienne l’orchestre. L’Orchestre est arrivé et Leprest n’était pas là, n’était plus là, pour serrer la pogne aux musiciens, pour les biser, leur passer le témoin. Un contretemps, un incident de la vie, drôle d’hymen vraiment où on se passe la corde au cou.

Et les cordes de presque pleurer, violons et violoncelles, contrebasses, à caresser ses mots de leurs notes graciles. Et les notes de se la jouer grand écran, en technicolor. Elles font leur cinoche et on s’aperçoit à quel point les mots de Leprest ont fécondé la pellicule d’un imaginaire bien réel. Ça commence par Il pleut sur la mer et l’orchestre est la mer. Mer calme, parfois agité, tumultueuse, qui baignera toutes les plages de ce disque. Vagues de musique, toute la mélancolie d’une eau banale cinglée de pluie.

Le Symphonique fait beau costume à Leprest. Mais posthume et certains textes se lisent désormais différemment : « Sans t’avouer que je me manque / Donnes-moi de mes nouvelles / Dis-moi dans quel port se planque / La barque de ma cervelle (…) Comment vis-je, comment vais-je ? » Il gonfle d’importance l’humble propos, lui ouvre des perspectives jusqu’alors inconnues, gagne d’autres reliefs encore, rêve d’Himalayas.
La faucheuse semblait pressée qui avait fixé son rendez-vous et Leprest n’a pas fini le travail. Des copains, des collègues sont depuis venus : Jehan, Christophe, Kent, Daniel Lavoie, Enzo Enzo, Sanseverino. A chacun ce devoir de mémoire.

Et puis le pote Romain Didier, s’en vient valser avec Allain sur la dernière plage. Me vient cette image d’Il était une fois en Amérique, ce palace sur la plage, hors saison, et Noodles et Deborah, tournoyant sur la piste de danse, hors-saison, horizon amoureux incertain, promesse d’un bonheur improbable, le malheur qui s’en vient… Une valse pour rien, dernier tour de piste.

Cet opus symphonique réinvente Leprest, en taille d’autres facettes, nourrira la légende. Sa sortie est effectivement le plus bel hommage qui soit.

Allain Leprest, Leprest Symphonique, 2011, Tacet/L’Autre Distribution.

http://nosenchanteurs.wordpress.com/2011/11/27/leprest-sur-ecran-panoramique/

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