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Les Pays Bas ne feront pas de referendum...

vendredi 21 septembre 2007

de Copas

Le gouvernement néerlandais a décidé de ne pas organiser de référendum sur le traité qui doit remplacer feu la Constitution européenne que les Européens, ceux appelés à se prononcer directement sur l’entièreté de ce texte, avaient repoussé.

Après la décision de Sarko qui veut lui aussi ne pas demander l’avis de la population , cette nouvelle décision est une grave entorse au principe démocratique.

Les fonds baptismaux de l’Union Européenne se cimentent donc par un bras d’honneur fait aux populations. Par la morgue et le mépris.

Cette nouvelle malfaçon est d’une grande portée. Elle signifie d’abord une lutte entre le principe dictatorial de la bureaucratie hautaine de l’UE , des grands groupes financiers , et les populations de l’UE.

La démocratie, pour ces braves gens, s’arrête aux choses sérieuses.

C’est le parti de la honte et des lâches contre la petite musique de la démocratie.

En France comme aux Pays-Bas, deux légitimités se font face, celles issues des groupes financiers, avec leurs hommes de paille, leurs appareils de propagande, qui ainsi par matraquages médiatiques font élire leurs brutes et celles liées à des débats loyaux, précis, exacts, appuyés par des décisions directes démocratiques et populaires.

Les deux ne peuvent vivre ensemble.

Les courants politiques se découpent à nouveau sur le principe démocratique. Les sociaux-libéraux dirigent ou se préparent à entériner (comme en France) ces coups de force anti-démocratiques, pour une UE dressée contre ses populations.

Le défi est de taille, très important, la gauche réelle (pas celle des salauds) devrait-elle organiser en France et aux Pays-Bas , voir dans d’autres états, des référendums populaires parallèles défiant les anti-démocrates ?

Messages

  • Les Grecs sont sensés avoir inventé la démocratie. Ils en ont fait aussi la critique la plus virulente, Platon allant jusqu’à la classer comme le pire des régimes politiques qui devait inéluctablement déboucher sur la tyrannie. 25 siècles plus tard, on peut se demander s’il n’avait pas un peu raison. Quant au peuple, qui devrait savoir que la démocratie est un système fragile qui a constamment besoin d’être défendu (la tendance naturelle de l’être humain étant à l’accumulation des pouvoirs et non à leur partage), à force de tout accepter sans (presque) rien dire, n’est-il pas à craindre qu’il ait d’ores et déja abdiqué toute souveraineté face à la dictature du fric ?

    • Exactement, je suis aussi de cet avis. Malheureusement les esprits de toute la population zeuropéenne, sont gavés de publicité et de débilités. Une seule solution :

      La dictature du bon sens en action. (c’est qui qui donne le bon sens ?) Skapad

    • Eh ! Il faut arrêter là ! Les Neerlandais comme les Français n’ont pas accepté le TCE, ne leur reprochez pas ce qu’ils n’ont pas fait et l’inverse de ce qu’ils ont décidé.

      Il y a une bataille de légitimité, il faut la mener ! Il faut convaincre, et avancer. Il y a deux décisions contradictoires : la décision directe du peuple en Mai 2005, sans ambigüités et précise, et la décision de celui qui a été élu (en mentant sur ses intentions) et qui essaye de faire repasser un même texte sur l’essentiel en méprisant la décision populaire.

      Pour ce qui est de la France, c’est le peuple qui est souverain. Sarko n’a pas pouvoir de signer son mini-traité. C’est donc d’une bataille qu’il s’agit qu’il ne peut jouer que par le renfort des socialistes (changement constitutionnel).

      Même ainsi, comme il y a eu une première décision par référendum et que le texte est essentiellement le même, il y a problème de légitimité.

      Je dirai même un casus belli.

      La bataille doit être menée.

      Copas

    • "Sarko n’a pas pouvoir de signer son mini-traité. C’est donc d’une bataille qu’il s’agit qu’il ne peut jouer que par le renfort des socialistes (changement constitutionnel)."

      Je ne crois pas, Copas, mais des juristes de droit constitutionnel en savent certainement plus. Le texte n’étant pas le même, stricto sensus, il a toute légitimité pour le faire passer par voie parlementaire sans changer la constitution donc sans même le concours des socialos.

      JMH

    • Il y a deux choses :

      1) L’aspect légaliste et là je pense que sarko devra réunir le congrès pour faire voter les parlementaires . Il essayera de la faire par surprise et en passant à l’attendrisseur les socio-libéraux afin que ceux-ci ne soient pas en situation de se faire caillasser par la majorité de la population avant le vote.

      Il est clair que le PS doit savoir que d’accepter cette mascarade et de voter cette agression contre les peuples d’Europe sera un casus belli.

      2) La question de légitimité. Qui n’est pas une question de légalisme. Je pense que le précédent du référendum doit permettre une bataille de légitimité. Et que la meilleure façon de la mener c’est de mener un scrutin populaire légitime et illégal.

      En avons-nous les forces ?
      Que faire des forces de droite et d’extreme-droite anti-traité simplifié ?

      Mais il faut ouvrir le bombardement sur l’illégitimité de la démarche sarkosienne. C’est d’une bataille qui, à défaut d’être gagnée sur le terrain légal (quoique....), peut s’avérer redoutablement pédagogique pour réunifier les travailleurs sur la gauche, condition nécessaire pour revenir un jour sur ce type d’accord européen anti-démocratique.

      Copas