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Les Vergès et le PCR se disent communistes mais n’hésitent pas à "saigner" les Réunionnais les plus pauvres !

jeudi 2 juin 2011 - Contacter l'auteur - 3 coms

Le grand train de vie de la SR21

Salaires mirobolants, primes délirantes, recrutements injustifiés, frais de représentations excessifs, objectifs jamais atteints...Le tout subventionné à coups de millions d’euros par des fonds publics. Dans un rapport confidentiel, la Chambre régionale des comptes épingle très durement la gestion de la SR 21, une société d’économie mixte créée par la Région Réunion en 2002 et anciennement dirigée par Pierre Vergès.

Croustillant et accablant. Le rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la SR 21 de 2002 à 2008 n’épargne rien à Pierre Vergès, PDG de cette société d’économie mixte de mars 2005 à février 2010. La SR 21 était le bras armé de la Région Réunion pendant les mandats de Paul Vergès et existe toujours aujourd’hui.

Elle a successivement travaillé sur le tram-train, la Maison des civilisations ou encore le développement économique de l’île. La Chambre a épluché son mode de fonctionnement, évalué le système de prise de décision et de contrôle par le conseil d’administration et analysé l’activité de la société. À chaque fois, ses conclusions sont négatives. Le chapitre sur la gestion du personnel est particulièrement éloquent. De 19 salariés en 2003, la SR 21 passe à 39 salariés en 2006 puis 35 à la fin 2008 alors que la charge du tram-train lui a été retirée dès 2007.

Les charges de personnel s’envolent pour représenter 61 % des charges d’exploitation. Dans le même temps, la productivité s’effondre et le rendement devient négatif. “Ces ratios démontrent, point confirmé par l’ex-PDG, que la société n’est viable qu’en considérant les subventions d’exploitation reçues de la Région (...) La part des subventions publiques n’a cessé de croître de façon exponentielle (...) passant de 0,6 million d’euros en 2003 à 3 millions d’euros en 2008”, détaille la Chambre régionale des comptes. La SR 21 ne lésine pas sur les salaires sans prendre le soin de clairement les justifier. Les cadres bénéficient en priorité de ce traitement. De 2002 à 2005, le directeur général est payé 10 500 euros bruts par mois. Pierre Vergès qui prend la présidence générale en 2005 ne gagnera “que” 8052 euros brut par mois, compensé par la création d’un poste de directeur général adjoint payé 10 371 euros bruts par mois. “Le coût de la direction générale a ainsi été augmenté de 75% entre 2005 et 2006 et ce jusqu’en 2007”, précise la Chambre. Chaque mois, la SR 21 déboursait donc plus de 18 000 euros pour ce service, sans compter les généreux avantages en nature.

Amine Valy, le directeur général adjoint à partir de novembre 2006, peut ainsi compter sur une voiture de fonction (estimée par la Chambre à complément de rémunération de 450 euros par mois), un forfait de téléphone de 89 euros par mois puis 149 euros dès 2008, une mutuelle “prise en charge en totalité par la société”, un régime de prévoyance partiellement pris en charge, des titres restaurants...En 2009, ce même Amine Valy empoche près de 132 000 euros d’indemnités suite à la rupture conventionnelle de son contrat.

“L’appréciation” du PDG fait exploser les coûts

D’autres cadres ont également les faveurs de la SR 21. La responsable des affaires administratives et ressources humaines “a quant à elle bénéficié d’un déroulement de carrière très avantageux”. Embauchée fin 2003 à 3 131 euros bruts par mois, elle passe cadre en 2006 avec un salaire largement réévalué : 4 200 euros bruts puis 5 500 euros à partir de mai 2008. Dans le même temps, ses fonctions n’évoluent pas, précise la Chambre. Le cas de la directrice des affaires administratives et financières employée de 2002 à août 2007 est similaire. Traitement initial : 2 900 euros bruts réévalués à 5 075 euros en février 2006. Son successeur est encore mieux traité : 7 000 euros bruts à partir de janvier 2008. Pierre Vergès tente bien d’expliquer toutes ces évolutions “par une évolution de cette direction vers une autonomie des ressources humaines avec des missions transversales de la direction administrative et financière”. Un discours alambiqué qui ne convainc pas la Chambre régionale des comptes : “L’ex-PDG confirme ainsi que la fixation des salaires repose sur son appréciation (...) Ces “appréciations” ont ainsi fait augmenter le coût de la direction administrative et financière de 88% entre juin 2004 et mai 2008”.

Des primes jusqu’à 150 % du salaire

La liste des dérives est encore longue. Le reste du personnel, agents de maîtrise et employés aux salaires “confortables”, n’a pas été oublié. En fin d’année, la direction savait se montrer généreuse. En 2006, une prime forfaitaire de 700 euros est versée. Les salariés affectés au projet tram-train obtiennent beaucoup plus, jusqu’à 150 % de leur salaire. Soit un bonus compris entre 2018 euros et 9 129 euros. Paul Vergès justifie cette prime à la Chambre par “l’accomplissement d’un travail soutenu et impératif avant le transfert du projet à la Région”. En 2007, rebelote. Cette fois, l’ensemble des salariés est concerné par cette prime équivalente à un mois de salaire. Coût pour la SR 21 : 108 260 euros. Pour la Chambre, le montant de cette prime est “discrétionnaire : aucun acte ne la prévoit, aucun objectif annuel n’est formalisé pour les cadres, ni aucune fiche d’entretien annuel d’évaluation pour les directeurs et responsables de services”. Jamais au bout de ses surprises, la juridiction conclut : “La Chambre estime que les importants salaires versés, sans références précises, apparaissent en décalage avec les résultats d’exploitation en régression, l’activité de la société ne subsistant que par l’apport de fond public de la Région”

Dossier Jean-Philippe Lutton

- Largesses sur l’essence et les billets d’avion

Généreuse sur les salaires, la SR 21 l’était aussi sur les frais. La moitié des cadres bénéficiaient d’un véhicule de fonction avec une carte pour payer l’essence. Les indemnités kilométriques étaient également largement remboursées. “Les pièces justificatives étaient purement déclaratives”, insiste la Chambre. Les billets d’avion représentent un poste de dépenses encore plus important que la prime annuelle. En 2007, la SR 21 achète pour 122 230 euros de billets d’avion, à peine plus qu’en 2006. En 2008 en revanche, “seulement” 51 000 euros sont dépensés en achat de billets d’avion. Dans une note interne, la SR 21 avait pourtant dès 2006 demandé à ce que tous les déplacements se fassent en classe économique. Toutefois, note la Chambre “tous les voyages du PDG ont été effectués en classe confort (...) à l’occasion de déplacements dont l’objet n’est pas toujours clairement établi. La mention “diverses rencontres” figure sur certains programmes de mission signés du PDG lui-même. La Chambre constate enfin que des billets ont été pris en charge pour des personnes extérieures à la société en classe club austral dans le cadre d’un séminaire. Coût : plus de 16 000 euros à la charge de la SR 21.

http://www.clicanoo.re/Actualites/Societe/285459-le-grand-train-de-vie-de-la-sr21.html


Quand Pierre Vergès faisait chauffer la carte bleue de la société

Le 11 septembre 2008, Pierre Vergès s’achète un Mac Book Air et de nombreux accessoires. Montant de la facture : 2 136 euros, payée avec la carte du compte bancaire de la SR 21. Commentaire acide de la Chambre régionale des comptes : “Ces dépenses ne s’apparentent bien évidemment ni à des frais de déplacement, ni des frais de représentations, et constituent des exemples non-exhaustifs de ce que le président semble pouvoir acheter en dehors de toute vérification “.

L’ordinateur n’est en effet pas le seul exemple. Avec cette carte bancaire à débit différé attribuée en mai 2006, Pierre Vergès ne paraît, ni se priver, ni prendre soin de justifier toutes ses dépenses. Il prend d’autant plus de liberté que le conseil d’administration s’est peu exprimé sur le sujet se bornant à prévoir “un remboursement sur justification des frais”. Le résultat, c’est la Chambre qui le donne : “S’agissant des frais de restauration, les seules pièces justificatives […] sont des notes de restaurants, situés en métropole mais également à la Réunion, produites le plus souvent sans aucune précision, ni sur les circonstances du repas ni sur les participants invités […] Il en est de même des notes d’hôtels, de taxis, de locations de véhicules”.

La Chambre s’interroge sur la justification des frais de restauration puisqu’elle a constaté que de nombreux repas pris en charge par la SR 21”alors que les convives se limitaient à du personnel de la direction générale de la société, ou encore le président directeur général, le directeur général adjoint et une célébrité réunionnaise”.

Conclusion de la juridiction : “II semble difficile de considérer qu’il s’agisse de frais de présentation […] visant à promouvoir l’image de la société”. Pierre Vergès promet que “la direction générale s’est toujours préoccupée de respecter les règles liées aux frais de mission”. “Force est de constater (...) que ces principes ont régulièrement souffert de manquements”, répond froidement la juridiction financière.

http://www.clicanoo.re/11-actualites/15-societe/285458-quand-pierre-verges-faisait.html

Mots clés : Elections-EluEs / Outre Mer - Régions /

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