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Manif des hospitaliers jeudi 8,13 h dvt Ministère santé

mercredi 7 juin 2006 - Contacter l'auteur - 2 coms

3 semaines de grève administrative !

Pas un mot de xavier Bertrand, ancien assureur ds le privé, devenu ministre de la santé .....??????
Il y a du mélange des genres !

en réflexion : un extrait d’un monde diplo sur ce qui ns attend (le fameux modèle américain)

LES PATRONS AMERICAINS EN REVENT
Par Olivier Appaix
Economiste, Etats-Unis.
Le Monde diplomatiqe Juillet 2004

A l’intérieur de certaines zones rurales du Vieux Sud et dans des
quartiers entiers des grandes cités américaines, l’espérance de vie est
à peu près identique à celle de l’Indonésie et du Guatemala. A
Baltimore, elle se situe au niveau de l’Inde (1). Dans les réserves
amérindiennes et pour certaines populations afro-américaines des grandes
cités de l’Est, elle est inférieure à 60 ans pour les hommes. Dans les
comtés les plus riches, en revanche, on vit aussi longtemps qu’en Europe
occidentale.

En 1971, la part de la richesse nationale consommée par les dépenses de
santé était de 7,4 % au Canada et de 7,6 % aux Etats-Unis. Trente ans
plus tard elle est de 9 % au Canada, où tous les citoyens sont couverts
par les assurances-maladie provinciales, alors qu’elle atteint 14,6 %
aux Etats-Unis, où près d’un sixième de la population (44 millions de
personnes en 2002) ne dispose d’aucune forme de couverture. Si l’on y
ajoute ceux qui, à un moment au cours des années 2002 et 2003, n’ont pas
été couverts, la part de la population ayant peu ou pas accès à
l’assurance-maladie s’élève 32,2 % (2) - voire plus de 40 % si l’on
inclut aussi ceux qui n’ont pas une bonne couverture. Soit, dans ce
dernier cas, un doublement en une dizaine d’années (3).

La croissance économique des années 1990 ne s’est donc nullement
traduite par l’amélioration de l’accès aux services de soins.
L’engorgement des services d’urgence et la fermeture de nombreux
établissements témoignent de cette dégradation.

Face à la montée rapide des coûts liée au vieillissement de la
population, à l’introduction de technologies toujours plus complexes et
à l’inflation procédurière, les pouvoirs publics s’en sont remis aux « 
mécanismes de marché ». C’est l’apparition du MANAGED CARE ou « soins
contrôlés », orientant par voie d’incitations fiscales les Américains à
avoir recours aux assurances privées (4). Si la croissance des dépenses
a ralenti au cours des années 1990, c’est aux dépens de l’universalité
de l’accès aux soins.

La santé ne constitue pas un produit de consommation courante que les « 
mécanismes de marché » peuvent efficacement et équitablement répartir.
Un déséquilibre fondamental existe entre le niveau d’information dont
disposent ceux qui produisent les services de santé et ceux qui les
utilisent : la complication du système est telle que, d’après une série
d’études publiées par l’université de l’Oregon, seules 11 % des
personnes âgées seraient en mesure de faire un choix conforme à leur
intérêt entre le paiement à l’acte et l’assurance privée (5).

Recettes pour un grand gâchis

L’intervention de l’Etat, qui pourrait corriger ces problèmes, demeure
circonscrite aux populations en marge de la vie active. Les salariés
dépendent de l’assurance médicale que leur procurent leurs employeurs,
lesquels se déterminent en fonction de critères liés à la concurrence.
Dans le secteur de l’automobile, par exemple, les fabricants canadiens
économisent 4 dollars de l’heure par salarié en raison du coût moindre
du système public. Certains patrons américains en viendraient presque à
réclamer une dose de socialisme ! En novembre 2002, les dirigeants de
Ford, de General Motors et de DaimlerChrysler ont publié un texte commun
affirmant : « Un système de santé public réduit de façon sensible le
coût du travail (...) quand on le compare au coût d’un système privé
équivalent du type de celui que les fabricants américains d’automobiles
achètent auprès de compagnies d’assurance (6). »

Le coût des primes qu’ils acquittent (environ 1 200 dollars par
automobile) enregistre depuis trois ans une croissance à deux chiffres,
en partie induite par l’énormité des frais d’administration et de
marketing - de 20 % à 40 % de l’ensemble des coûts des compagnies
d’assurance (7). Les entreprises ont alors tendance à réduire l’étendue
de la couverture de leurs salariés ou celle de leur prise en charge.
Vingt millions de salariés à temps plein ne disposent plus d’une
couverture médicale, un nombre dont chacun prévoit qu’il va encore
augmenter. Quant aux compagnies d’assurance, elles n’hésitent plus à
abandonner ceux de leurs clients qu’elles ne jugent pas assez rentables.
Confrontées à une rude concurrence intérieure, elles s’orientent à
présent vers des marchés plus rémunérateurs... à l’étranger.

Dans l’histoire des Etats-Unis, l’assurance-maladie n’a pas fait partie
des priorités sociales. Dès le début du XXe siècle, la puissante
American Medical Association (AMA) est intervenue pour empêcher l’action
de l’Etat dans le secteur de la santé (8). Le New Deal (9) a institué un
système de retraite par répartition, mais il ne prenait pas en compte
l’accès aux soins. Les premières initiatives d’assurance-santé furent
donc privées. La pénurie de main-d’œuvre durant la seconde guerre
mondiale va inciter les employeurs à participer à ces assurances : les
salaires étant bloqués par décision gouvernementale, la concurrence pour
attirer les travailleurs se reporte sur les bénéfices sociaux annexes.

Il faut ensuite attendre 1965 - le président démocrate Lyndon B.Johnson
disposant d’une écrasante majorité au Congrès - pour que naisse enfin un
système public d’assurance-santé : Medicare (pour les handicapés et les
plus de 65 ans) et Medicaid (pour les plus pauvres). Financés par des
taxes sur les salaires et par divers impôts, ces programmes couvrent
actuellement 70 millions de personnes. Mais, contrairement à Medicaid,
Medicare ne prend pas en charge les médicaments prescrits par
ordonnance. Or c’est là une dépense très lourde pour les personnes âgées
qui souffrent de maladies chroniques (diabète, cancer,
hypercholestérolémie, hypertension, dépression) dont la médication peut
coûter plusieurs centaines de dollars par mois.

Faute d’une sécurité sociale universelle, chacun peut « choisir » de
s’assurer ou non : souvent ne le font que les personnes s’estimant « à
risque », ce qui réduit l’assiette des cotisations et augmente les coûts
des assurances pour chacun. Ceux-ci sont d’autant plus élevés que les
cotisants ne disposent pas d’une capacité de négociation collective face
aux assureurs. L’explosion du montant des primes (13,9 % en 2003)
effraie des millions de familles, y compris à gros revenus : dans l’Etat
du Maryland, 27 % des personnes dépourvues d’assurance-maladie disposent
d’un revenu familial annuel supérieur à 73 600 dollars (environ 60 000
euros). Une couverture complète pouvant coûter 1 000 dollars (800 euros)
par mois, la plupart des Américains de moins de 65 ans vivant un peu
au-dessus du seuil de pauvreté et ne bénéficiant donc ni de Medicare ni
de Medicaid s’en passent.

Face à un système complexe, fragmenté et dénué d’une véritable
cohérence, il est difficile de se retrouver dans la jungle des
dispositifs prévus pour l’accès au système de soins. A telle enseigne
que des millions d’enfants remplissant les conditions du programme
d’assurance-maladie pour les enfants défavorisés (Children Health
Insurance Program) lancé par l’administration Clinton n’en bénéficient
pas - leurs familles en ignorent l’existence ou ne savent pas qu’elles y
ont droit. Nombreux sont aussi ceux qui pourraient bénéficier de
Medicaid mais y renoncent, déroutés par les contraintes imposées par les
programmes sociaux dorénavant administrés par les Etats du fait de la
décentralisation des budgets sociaux décidée en 1996 par le président
Clinton sous la pression du Congrès à majorité républicaine. Le nombre
de bénéficiaires des programmes d’aide sociale a baissé, depuis, de plus
de 40 %.

Depuis deux ans environ, la bataille pour un plus large accès aux soins
a mis l’accent sur le prix des médicaments et sur leur prise en charge
par Medicare. Il s’agit d’un grand enjeu électoral, car les retraités
votent davantage que les pauvres. Les gouverneurs des Etats limitrophes
du Canada ont donc organisé des voyages de retraités au nord de la
frontière pour y faire valider des ordonnances et acheter les
médicaments à des prix inférieurs de 30 % à 40 % en moyenne à ce qu’ils
coûtent aux Etats-Unis.

Les profits gigantesques réalisés depuis des décennies par les groupes
pharmaceutiques aux Etats-Unis - c’est le secteur économique le plus
rentable depuis plus de vingt ans - ne les rendent pas très populaires.
Mais la tentative avortée de 1994 visant à élargir l’accès à
l’assurance-maladie semble avoir convaincu la classe politique de la
futilité d’un nouvel effort qui nécessiterait une véritable révolution
contre les intérêts des lobbies (10). Signée par le président Bush, la
loi de décembre 2003, qui vise à offrir une prise en charge par l’Etat
de certains médicaments pour les bénéficiaires de Medicare à partir de
2006 (11), permet de répondre au mécontentement croissant des personnes
âgées devant le prix de leurs ordonnances.

Mais cette loi, dont la complexité est extrême, constitue aussi un
gigantesque cadeau fait à l’industrie pharmaceutique, à laquelle l’Etat
n’impose aucune contrepartie pour les remboursements qu’il prendra à sa
charge. Le fardeau budgétaire annoncé au départ (plus de 400 milliards
de dollars pour les dix années à venir) a déjà été réévalué de 30 % à 40
%, ce que la Maison Blanche a préféré dissimuler afin de garantir le
passage (de justesse) de la loi l’année dernière.

Pour remédier aux insuffisances les plus criantes, des initiatives de
compensation sont prises en ordre dispersé. Ainsi 39 % des médecins
aggravent leurs diagnostics afin d’assurer une meilleure couverture à
leurs patients. Du même coup, ils se prémunissent ainsi des procès qui
leur sont intentés en erreur médicale : les tarifs de leurs assurances
contre ce risque explosent dans certains Etats, provoquant même des
migrations professionnelles vers des cieux moins gourmands. Les patients
qui n’ont pas accès aux caisses de résonance politique et médiatique,
comme les Amérindiens, bon nombre d’Afro-Américains et d’immigrés de
souche récente, demeurent, eux, sans recours.

Bénéficiant à Washington d’une influence prépondérante grâce à ses
énormes efforts de lobbying (12), l’industrie pharmaceutique n’a pas
hésité à attaquer en justice les Etats disposés à réglementer le prix
des médicaments. En mai 2003, une décision de la Cour suprême a
toutefois donné raison au Maine, qui avait décidé de franchir le pas.
D’autres Etats sont en train d’agir : l’Oregon, le Wisconsin et le
Maryland. Mais les lobbies de l’industrie de la santé savent étouffer la
contestation. Lorsque les électeurs du Massachusetts ont été consultés
par référendum en 2000 sur l’établissement d’un système public
universel, les promoteurs de l’idée, pourvus d’à peine quelques dizaines
de milliers de dollars pour les besoins de leur campagne, ont fait face
à des adversaires disposant de 5 millions de dollars essentiellement
fournis par des assureurs privés.

Les écrans ont vite été envahis de spots montrant des hommes et des
femmes en blanc, à l’air très respectable (« votre médecin », « votre
infirmière »), qui s’emportaient contre l’« atteinte à la liberté » que
représentait selon eux l’intrusion du big government dans un domaine
relevant du choix privé. Les partisans du « oui » partaient bons
gagnants dans les sondages. Le « non » l’a finalement emporté par 55 %
des voix

ON FINIRA PAR Y ARRIVER (NDLR)

Mots clés : FR - Ile de France (01) / Grêves / Hôpital / Manifs-actions /

Messages

  • FO du personnel de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a dénoncé mercredi une "entreprise de démantèlement des hôpitaux" avec la mise en place de la réforme du financement de l’AP-HP et la création de pôles.

    "Les personnels de l’AP-HP sont confrontés à une véritable entreprise de démantèlement des hôpitaux et du statut avec la mise en place des pôles, la réforme du financement des hôpitaux avec la tarification à l’activité et l’état prévisionnel des dépenses et des recettes (EPRD), qui se substitue dorénavant au budget global".

    FO dénonce la mise en place de pôles, "pièce maîtresse du dispositif de la nouvelle gouvernance pour démanteler les services, fermer les lits, privatiser l’hôpital et casser le statut des personnels".

    Ces pôles permettraient, selon FO, la "mutualisation des personnels" qui pourraient travailler, selon les besoins, dans plusieurs services aux spécialités médicales, dans le but de "supprimer des postes".

    FO s’inquiète également de la possibilité de répartir librement des enveloppes budgétaires au sein d’un même pôle, estimant que "70% des dépenses étant des dépenses de personnels, le personnel servira de variable d’ajustement du budget du pôle".

    Chaque pôle ayant un budget indépassable, "dans le cas où les coûts en médicaments dépasseraient les prévisions, le responsable du pôle pourra prendre sur un autre poste budgétaire comme celui des personnels puisqu’il n’y a plus de tableau des emplois mais une masse indiciaire"

    FO appelle l’ensemble des syndicats de l’AP-HP à s’unir pour "dire ensemble non aux pôles, non à la mutualisation, oui au maintien des services et de tous les lits, non à la mobilité et à la flexibilité et non à la fermeture des lits de longs séjours".

    Il demande également "le maintien de l’emploi sur place, la garantie du maintien du personnel à son poste de travail dans le cadre du service et non du pôle, le retour aux équipes et horaires fixes, la titularisation de tous les contractuels, l’ouverture des concours à la hauteur des besoins et l’embauche de personnels statutaires de toutes catégories".

    L’AP-HP a signé en novembre 2003 avec l’Etat un plan pluriannuel d’économies en vue d’un "retour progressif à l’équilibre structurel" en 2008. L’AP-HP regroupe 38 hôpitaux ou groupes hospitaliers, dont 17 à Paris intra-muros. Elle emploie 93.000 personnes.

    • Le comité de défense de l’hôpital Jean-Rostand d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) a annoncé mercredi l’organisation d’une "nuit en blanc" samedi, pour protester contre la fermeture prévue de la maternité, dont l’avenir doit faire l’objet d’un référendum local le 19 novembre.

      Pour la "nuit en blanc", "parce que la nuit évoque la continuité de service des hospitaliers, parce que le blanc est leur couleur", les habitants sont invités à étendre des draps blancs aux fenêtres et les participants à porter des vêtements blancs. Au programme de la soirée, de 17h00 à 22h00, figurent prises de parole, débats et chansons.

      Avec cette manifestation, le comité "s’associe à la journée d’action" pour la défense des services publics, prévue samedi à l’initiative de la convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, selon un communiqué.

      La maternité de l’hôpital Jean-Rostand, où sont pratiqués chaque année plus de 2.000 accouchements, devrait fermer en 2008 dans le cadre du plan 2005-2009 de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont elle dépend.

      Ce plan prévoit le transfert des moyens de Jean-Rostand vers le CHU du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où doit ouvrir au deuxième semestre 2008 une maternité de niveau III (pouvant accueillir les grossesses à risque) d’une capacité de 3.000 à 3.500 accouchements, selon l’AP-HP.

      La municipalité, à majorité communiste, a adopté le 18 mai une proposition visant à l’organisation d’un référendum d’initiative locale à ce sujet, qui sera ouvert à tous les habitants de plus de 18 ans, et donc aux étrangers résidant sur la commune.

      Cette délibération a été déférée au tribunal administratif par le préfet du Val-de-Marne, qui a demandé son annulation, ainsi que sa suspension en référé. La municipalité a cependant décidé de maintenir la consultation le 19 novembre et de l’ouvrir comme prévu aux résidents étrangers, a-t-on appris auprès du cabinet du maire.
      Les inscriptions sur une liste complémentaire commenceront à partir du 17 juin.

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