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Marina Petrella remise en liberté sous contrôle judiciaire

mardi 5 août 2008 - Contacter l'auteur - 1 com

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La chambre d’instruction de la cour d’appel de Versailles a décidé la mise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ancienne militante italienne des Brigades rouges Marina Petrella.

Il n’y aura, en conséquence, plus de policiers placés en permanence devant la chambre de l’hôpital parisien Sainte-Anne ou l’ex-brigadiste détenue se trouverait dans un état critique. Amaigrie d’une vingtaine de kilos, gravement dépressive, elle se laisse mourir, dit son médecin.

Condamnée en Italie à la réclusion à perpétuité, Marina Petrella, 53 ans, reste sous le coup d’une procédure d’extradition vers l’Italie.

"La remise en liberté a été décidée, avec des obligations de contrôle judiciaire", a déclaré mardi Henri Jenin, porte-parole du parquet général de la cour d’appel de Versailles.

Le contrôle judiciaire impose à Marina Petrella d’informer le procureur général de son lieu d’hospitalisation, de rester dans la région Ile-de-France et ne pas sortir du territoire national.

Selon Henri Jenin, la chambre de l’instruction a été "légèrement plus exigeante que les réquisitions du parquet".

Elle demande par exemple à Marina Petrella de pointer au commissariat de police - si son état de santé le lui permet -, ce que ne n’exigeait pas le ministère public.

L’avocate de Marina Petrella a salué mardi une "lueur d’espoir" pour l’ancienne militante, mère de deux filles.

"C’est un immense pas en avant, qui va peut-être lui permettre de s’engager sur la voie de la guérison", a déclaré à Reuters Me Irène Terrel, qui devait lui annoncer la nouvelle à l’hôpital.
"CLAUSE HUMANITAIRE"

Dans la droite ligne de cette "décision d’apaisement", elle réclame, l’application de la "clause humanitaire" prévue dans la convention d’extradition franco-italienne, qui permet de stopper une extradition si elle est de nature à entraîner des conséquences d’une gravité exceptionnelle sur la santé.

"Il faut un geste des plus hautes autorités de l’Etat", a-t-elle estimé en écho à la fille aînée de Marina Petrella.

Elisa Novelli a appelé Nicolas Sarkozy à "mettre un terme le plus rapidement possible à la procédure d’extradition pour que (s)a mère puisse reprendre sa vie française".

Le Conseil d’Etat a été saisi par Me Terrel qui conteste procédure d’extradition que les autorités françaises ont signé formellement en juin, conformément à la demande de la justice italienne.

L’état de santé de l’ancienne militante italienne a ensuite conduit le président français Nicolas Sarkozy à demander sa grâce au président du conseil italien, Silvio Berlusconi.

Marina Petrella était écrouée depuis un an dans l’attente de son extradition après son arrestation en août 2007 dans le Val-d’Oise. La cour d’appel de Versailles s’est prononcée en décembre dernier pour son extradition.

Après plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, elle a été transférée d’urgence de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes vers l’hôpital Sainte-Anne fin juillet.

Ses médecins réclamaient sa libération au motif que sa situation juridique - hospitalisée dans un établissement non pénitentiaire et placée sous écrou - était illégale.

Marina Petrella a été condamnée par contumace à la perpétuité en 1992 à Rome, notamment pour le meurtre d’un commissaire de police.

Comme Cesare Battisti, elle fait partie du groupe de d’ex-brigadistes qui bénéficiait depuis quinze ans de la politique d’asile engagée par François Mitterrand. Rome a réclamé leur extradition en 2006.

Cesare Battisti a été arrêté en mars 2007 au Brésil. Sa procédure d’extradition est en cours.

Elizabeth Pineau et Laure Bretton, édité par Pascal Liétout (Reuters)

Mots clés : Dazibao / Extraditions - Exil / Marina Petrella / Prison /

Messages

  • "Selon Henri Jenin, la chambre de l’instruction a été "légèrement plus exigeante que les réquisitions du parquet".

    Elle demande par exemple à Marina Petrella de pointer au commissariat de police - si son état de santé le lui permet -, ce que ne n’exigeait pas le ministère public."

    Sans doute un pays de notre sorte a-t’il le pouvoir institutionnel correspondant au niveau de sa majorité électorale représentative.... mais la décision suprême revient au Président.... ici intervient le papillon de la théorie du chaos — scientifique —, il ne faut donc pas chercher la reproduction systématique des systèmes, mais leur incertitudes MDR

    à condition que cette fois le Président qu’on l’aime ou pas — ce ne serait donc pas ce qu’on lui demande, d’être aimable ou pas — prenne la bonne déciision c’est-à-dire celle que nous attendons positivement, allez savoir pourquoi et par quellle négociation secrète obtenue par ailleurs afin de baliser diplomatiquement l’annonce... mais de toutes façons dans ce cas, on va finir par trouver avantageux le régime présidentiel — du moins ponctuellement.

    En l’occurence je le souhaite ;-)

    Faisons les pointes pour nous rendre plus légers et attendons sans nous départir de penser qu’il y aura une solution respectable à l’égard de Marina — donc pour tous ceux qui ont pris position pour l’aider : la décision présidentielle de lever le mandat d’extradition interrompant leprocesu judiciaire — puisque son pouvoir exécutif en France lui permet de le faire (s’il n’est pas un président factice)..

    Comme dit l’autre, vu le monde retourné, mieux vaut une monarchie constitutionnelle où le roi refuse de signer les pouvoirs spéciaux même après un monstrueux attentat — le roi d’Epagne face au gouvernement Aznar — qu’une république oligarchique, ou une république présidentielle bidon : et là je ne donne pas d’exemple puisque la question n’a pas encore sa réponse...

    On y croit.

    O.

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