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Montréal : Répression politique contre les associations étudiantes en grève

mardi 13 novembre 2007 - Contacter l'auteur

Communiqué de presse Pour diffusion immédiate

Montréal, le 12 novembre 2007 – Devant les mandats de grève votés par les associations étudiantes des cégeps de Drummondville, Saint-Laurent et Terrebonne, les administrations locales menacent d’appliquer la loi 43 aux étudiants et étudiantes. L’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) dénonce vivement cette attitude répressive et antidémocratique, conformément à sa revendication d’abolition de ladite loi. Les associations collégiales feront respecter les mandats de grève des assemblées générales dans le cadre du plan d’action en participant notamment à la manifestation nationale du 15 novembre.

Vendredi dernier, les administrations des cégeps de Saint-Laurent, Drummondville et Terrebonne ont produit un communiqué pour informer la communauté collégiale de leur intention de tout mettre en oeuvre pour assurer le fonctionnement normal de leurs établissements d’enseignement. S’appuyant sur la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public (loi 43), les administrations menacent les associations étudiantes d’injonctions et d’intervention policière si celles-ci tentent de valoir leur droit à la grève.

L’ASSÉ dénonce l’attitude répressive des administrations collégiales, véritables courroies de transmission de l’autoritarisme gouvernemental en matière de mobilisation syndicale. L’association étudiante nationale revendique depuis février 2007 l’abolition totale de l’anti-démocratique loi 43 : « Le droit à la grève est reconnu internationalement et ne peut être entravé sous aucun prétexte : cette loi anti-syndicale adoptée sous bâillon est illégitime. Comment le Québec peut-il se targuer d’être une société démocratique si ceux et celles qui revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail et d’études sont menacé-e-s de répression policière ? » s’insurge Marie-Eve Ruel, Secrétaire aux affaires académiques.

Plusieurs administrations collégiales avaient menacé d’appliquer la loi 43 aux associations étudiantes lors de la grève d’une journée pour la manifestation du 29 mars dernier organisée par l’ASSÉ. Des lignes de piquetages massives avaient toutefois empêché toute répression institutionnelle, et ce, malgré la présence des forces policières aux cégeps de Maisonneuve et Saint-Laurent. « Nous ne plierons pas devant les menaces de l’administration : la grève aura lieu » avertit Éric Martin, porte-parole de l’Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent (AECSL).

Notons que malgré le menotage des syndicats locaux, concernés par la loi, la Fédération autonome du collégial (FAC) ainsi que la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) ont manifesté leur appui à l’ASSÉ dans le dossier.

Rappelons que la loi 43 demeure extrêmement floue dans son libellé quant à son éventuelle application aux débrayages étudiants. Cette imprécision amenée par la Fédération des cégeps n’intimide pas les associations étudiantes, lesquelles ne se sentent pas visées par la loi tant que le gouvernement n’aura pas clairement pris position sur le sujet. Cette loi a de plus été vivement dénoncée par le Bureau international du travail (BIT) de l’ONU en janvier dernier, ainsi que par l’ensemble des centrales syndicales québécoises.

Seule association étudiante nationale comprenant des membres de tous les cycles d’enseignement supérieur confondus, l’ASSÉ regroupe actuellement plus de 40 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec. Elle milite depuis sa création pour la gratuité scolaire à tous les niveaux.

Renseignements :

Hubert Gendron-Blais, Secrétaire aux communications, (514) 835-2444

Bureau de l’ASSÉ : (514) 390-0110.

Mots clés : Canada-Québec / Ecole-Université / Grêves /
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