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Mutuelle ex-Audiens et MRSCC : un devoir de transparence

jeudi 21 septembre 2017, par Observateur bien informé

Vendredi se tient l’Assemblée générale de la mutuelle ex-Audiens, la mutuelle de la presse, du spectacle et de la communication. Celle-ci se déroulera dans un contexte plutôt tendu : depuis le 31 août, la mutuelle est officiellement séparée du groupe de fonds de protection sociale Audiens, et une incertitude pèse sur les salariés comme sur les adhérents sur les futures orientations de la mutuelle.

Secrets et embrouilles au pays des mutuelles

C’est le 24 juin 2016 que la mutuelle « ex Audiens », la mutuelle de la presse, du spectacle et de la communication ; a fait le choix, de quitter le groupe de protection sociale Audiens.

Tout a été fait en catimini, ou presque : les adhérents ont ainsi été informés officiellement de cette démission le 6 janvier 2017, soit six mois après le départ effectif. Le conseil d’administration, pourtant signataire de la lettre de démission, ne sera notifié de cette dernière que quelques jours après son envoi par courrier. Face à l’incompréhension, Jean-François Ropert, secrétaire de la catégorie photograveur et Président de la Sommitale (l’organe stratégique et politique du groupe Audiens), s’est fendu d’une mise au point on ne peut plus claire et dénué de tout jugement envers la mutuelle démissionnaire afin de rétablir la vérité.

Hélas, ces petits arrangements et ces secrets ne sont que le début de ce qui semble être devenu un mode de fonctionnement récurrent. Dernier avatar de cette absence de transparence, le transfert de 128 salariés qui se retrouvent soudain ballotés d’une mutuelle à l’autre, vers la MRSSC (l’autre mutuelle démissionnaire), sans explications notables.
Pourtant, ces dernières seraient les bienvenues quand on sait que la MRSSC et la mutuelle ex-Audiens sont deux entités différentes : est-ce à dire que les contrats se baladent d’une entité à l’autre, sans aucune base juridique ? Quid des nouveaux contrats qui leur seront attribués ? Seront-ils au moins en CDI, ou la mutuelle ex-Audiens n’avait à cœur que la récupération d’un portefeuilles d’adhérents, valant en l’occurrence son pesant d’or ?
Autant de questions qui devront trouver leurs réponses lors de l’assemblée générale de demain.

La crainte d’une restructuration

Laurent Joseph, président de la mutuelle ex-Audiens, devra aussi se justifier sur le choix de Philippe Bonnin comme directeur général. L’homme est loin d’être au dessus de tous soupçons, comme nous l’apprend le site Miroir social. Son passage en tant qu’administrateur provisoire à Landes Mutualité et Vittavi a en effet laissé quelques traces… Trente millions d’euros se sont ainsi évaporés, tandis que les salariés des deux mutuelles ont été petits à petits poussés vers la sortie. Une « entreprise de dépecage » menée de main de maître et qui, à l’époque, avait fait sortir les syndicats majoritaires de leurs gonds (FO et CFDT, principalement).
A l’époque nous apprend le site Miroir social, Philippe Bonnin, attaqué pour son rôle trouble dans cette affaire, avait été défendu par Philippe Lecat, un avocat en droit des mutuelles. Maître Lecat continue de travailler avec son client aujourd’hui, puisque c’est celui qui travaille aujourd’hui sur le dossier Audiens.
Mais ce qui n’a pas encore été à ce jour démontré, c’est la participation d’un troisième Philippe au sein de ce trio de choc, alors même que les rumeurs vont bon train à son endroit.

L’ombre de Philippe Borgat, le “liquidateur” des mutuelles de Guadeloupe et d’AlsAss

C’est une rumeur qui enfle en effet depuis quelques jours. Aux côtés de Philippe Bonnin, l’homme qui a été nommé Directeur général de la mutuelle ex-Audiens, il se murmure qu’un autre homme aide dans les négociations, sur l’aspect financier cette fois.
Cet homme, c’est Philippe Borgat, un expert comptable habitué au monde des mutuelles. Ce dernier cumule ainsi, depuis vingt ans, les postes d’administrateur provisoire, non sans accumuler un historique pour le moins funeste. Les plus anciens d’entre nous se rappelleront que c’était lui qui, le 8 novembre 2000 déjà, avait déposé le bilan de la MNEF, quatre jours après la fin de son mandat d’administrateur.

L’affaire, hautement politique, n’était jamais allée jusqu’au bout. Philippe Borgat sera tout de même condamné pour délit d’entrave syndicale. Peu de temps après, ce dernier s’illustrera dans une autre affaire, qui fait toujours l’objet d’une enquête judiciaire cette fois, à savoir celle des mutuelles de Guadeloupe. Le liquidateur avait, à l’époque, accompli l’exploit d’auditer 90 mutuelles… en deux semaines !

L’affaire avait fait grand bruit dans le milieu syndical, surtout quand on sait que près d’un an plus tard, 50 entreprises ont été liquidées. Feu le magazine d’investigation Bakchich avait mené l’enquête : résultat, 657 millions d’euros, envolés, jamais retrouvés. “Bizarrement, c’est le même Philippe Borgat qui, nommé coliquidateur de nos 51 Mutuelles, s’empresse de récupérer argent et biens, pour les remettre à… on ne sait pas. Et c’est avant tout là que le bât blesse. Interrogée par Bakchich, l’Acam n’a pas encore répondu.”
C’est aussi lui qui avait liquidé AlsAss, ce courtier en assurance alsacien, dont la bonne santé, jamais démentie à ce jour, n’avait pas suffi à le protéger de l’appétit de l’Acam.

Une assemblée générale décisive

A ce jour, beaucoup de questions restent en suspens, à la veille d’une assemblée générale qui se relèvera être décisive pour les salariés de la mutuelle ex-Audiens, inquiets de leurs avenirs, ainsi que pour les adhérents, qui ne savent plus où donner de la tête tant le manque de communication est patent.
Les abcès se devront d’être percés et un devoir de transparence est, plus qu’un besoin, une exigence pour l’avenir des mutuelles emportées dans un tumulte. Quel sera l’avenir des salariés de la mutuelle ex-Audiens ? Pourquoi le choix de Philippe Bonnin, dont l’historique ne plaide pas en sa faveur ? Est-il vrai que Philippe Borgat, liquidateur des mutuelles de Guadeloupe, fait actuellement parti de l’équipe dirigeante ?
Autant de questions dont les réponses permettront aux salariés et aux adhérents de prendre leur décision.