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Nouveaux témoignages, la police en action à Tarnac : hallucinant

samedi 15 novembre 2008 - 10 coms

Il faut lire ces témoignages, dans quel pays vivons nous ?

Une police aux ordres, des commandos encagoulés, armés jusqu’aux dents . Violences, dégradations, la police de l’innommable à du vraiement faire peur au petit village tranquille de Tarnac .Et cette presse avec ses collabos aux premières loges ne devrait plus avoir le droit de s’appeler journaliste .


" Menottés dix heures dans une salle de bain"

Des Rouennais ont vécu les perquisitions policières à Rouen mais aussi à Tarnac en Corrèze.

Dans le village de Tarnac, la ferme dite Le Goutailloux sur le plateau de Millevaches en Corrèze ou dans deux maisons à Rouen, partout le scénario a été le même mardi matin : « Des policiers cagoulés ont fait irruption arme au poing en hurlant : police, police », témoignent Olivier, Pascal, Corinne et Isabelle (les prénoms ont été modifiés), Rouennais, qui ont tous moins de 30 ans.
Rencontrés hier en centre-ville, ils racontent ce qu’ils ont vécu au même moment à trois endroits différents, dans le cadre de l’enquête sur les malveillances commises contre la SNCF. « Dans le petit appartement de Tarnac, où j’avais rejoint des connaissances avec une amie, les policiers ont débarqué à une vingtaine. Nous avons été rapidement menottés et mis à l’écart » de Mathieu B.et sa compagne qui ont été interpellés, explique Pascal. « Au bout d’un moment, et vu l’absence d’éléments probants dans la perquisition, les policiers se sont un peu détendus. L’un d’entre eux nous a dit qu’il s’agissait d’une enquête pour terrorisme et que les ordres venaient de haut.Au bout de trois heures, nous avons été détachés et nos amis embarqués. Nous avons dû nous occuper de leur fils (un nourrisson), qui est aujourd’hui chez ses grands-parents. »

Dispositif impressionnant
Dans la ferme du Goutailloux, le dispositif est encore plus impressionnant. « Entre 50 et 100 policiers, un hélicoptère, des chiens… assure Olivier. La porte a été défoncée alors que tout le monde dormait. Armes et lampes torches ont été braquées sur nous. A l’aide de photographies, les policiers ont identifié les personnes qu’ils recherchaient et nous avons été menottés, mis à l’écart dans une ancienne salle de bains. A huit, nous y sommes restés dix heures. » Le corps de ferme a été méticuleusement fouillé. « Les policiers disposaient de nombreux appareils, des détecteurs de métaux comme à la plage (sic).Pendant six heures, il nous était interdit de parler entre nous, de nous déplacer… Vers 12heures, la tension est un peu tombée et nous avons pu boire un verre d’eau, fumer et pisser… toujours menotté à un policier. » L’issue de cette journée est pour lui « surréaliste ». « Nous avons été libérés des menottes avant la nuit tombée. Certains policiers ont pris congé en nous lançant : Bonne
journée ! »

Les occupants de la ferme découvrent l’étendue des dégâts : tout a été dévasté, la cage du poulailler ouverte, les poubelles éventrées… En premier lieu, ils allument la radio « pour tenter de comprendre ce qui se passe ». Sur les ondes, ils apprennent qu’à Rouen, deux de leurs amis ont été arrêtés. La perquisition y a aussi été virile : « J’ai eu très peur, atteste Isabelle. Nous avons été menottés quasiment nus. Les policiers cherchaient Elsa (arrêtée dans la maison du quartier Sant-Gervais aussi perquisitionnée, en compagnie de Bertrand). Etant locataire des lieux, j’ai assisté à la perquisition. » A Rouen, disques durs, ordinateurs portables, littérature, brochure politique, le DVD du Grand détournement ont été saisis. « Aussi du matériel d’escalade. Mais trois d’entre nous pratiquent à la salle Dévé, et un des colocs est même cordiste ! Son outil de travail a été confisqué. Il y en a pour 800€. »

« Arrêtés pour leurs idées »
Les Rouennais sont peu diserts sur les raisons de leur présence à Tarnac. Il s’agit en fait de précaution à l’encontre de leurs camarades en garde à vue, redoutant l’emballement de la machine judiciaire « adossée à des lois de l’ordre du régime d’exception ». Simplement, « ils sont étrangers aux sabotages du week-end dernier, assure Olivier. Dans la nuit de vendredi à samedi, Elsa et Bertrand étaient dans un bus qui les emmenait à Amsterdam à l’occasion d’un voyage étudiant. D’ailleurs, j’ai bon espoir qu’ils soient libérés dès demain (aujourd’hui, NDLR). »
« On a l’impression qu’ils ont été arrêtés pour leurs idées (très à gauche). C’est d’ailleurs ce que permettent les lois antiterroristes de Perben », appuie Pascal.
Après l’arrestation, la séparation d’avec leurs amis a été le moment le plus dur à vivre cette semaine. Les retrouvailles pourraient être assez rapides (peut-être ce matin) selon l’avocate d’Elsa et Bertrand, Dominique Vallès.
PAUL MOUCHEL

PARIS-NORMANDIE
Article paru le : 15 novembre 2008
- http://lesdessousdelapolicenational...

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