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POUR LA PAIX, CONTRE LA GUERRE, POUR UN MONDE MEILLEUR

jeudi 12 décembre 2002 - Contacter l'auteur

Après plus de 11 ans d’embargo
génocide, la guerre préventive de Bush contre
l’Irak se rapproche de plus en plus, l’implication
de l’ONU est seulement un escamotage tactique pour faire
taire les alliés les plus rétifs, l’afflux
de troupes militaires et de porte avions et les manœuvres
aux frontières irakiennes, tout semble annoncer que
l’impérialisme USA est en train de préparer
l’énième massacre lié au terrorisme
étatique contre une population quasiment inerte.

Il serait vain de confier à l’ONU ou à
la diplomatie internationale une solution non militaire à
la crise. Seule une gigantesque mobilisation populaire et
internationale contre la guerre pourrait, peut-être,
l’empêcher.

Les USA qui, dans le siècle passé ont organisé
des dizaines de guerres, des coups d’état dans
la moitié de la Terre, des milliers d’attentats
et qui ont piétiné la légalité
partout et de la façon la plus brutale, aujourd’hui
ils sont en train de bâtir, avec le prétexte
de la lutte contre le terrorisme, pas seulement la guerre
permanente, mais, aussi, l’effacement de tout conflit
social radical et de toute résistance populaire armée,
en classant toutes les organisations engagées dans
de telles luttes, sur une « liste noire » composée
de « terroristes » à réprimer par
n’emporte quel moyen.

Le passage entre la répudiation de la guerre, qui
est l’inspiratrice de la raison même d’être
de l’Europe à la fin de la deuxième guerre
mondiale, à l’état actuel de guerre permanente
et préventive, nous montre quel type de processus involutif
et dramatique nous sommes en train de vivre.

Le rejet de la guerre à été une conquête
pour cette partie de l’Europe tragiquement marquée
par le cours de son histoire. A cette conquête a contribué
de façon importante le mouvement ouvrier qui, pas par
hasard, a bâti sa propre identité sur une puissante
inspiration sociale à la paix.

Ce n’est pas tout à fait par hasard que l’on
remet à nouveau de côté cette inspiration
juste au moment où l’on essaye de refermer dans
une parenthèse historique, à écarter,
tout le siècle de la démocratie marquée
par le mouvement ouvrier.

Les classes dirigeantes, qui sont l’expression des
forts intérêts, dans l’histoire ont toujours
brandi l’arme de la guerre qui est, avant tout, une
arme contre les opprimés. Pour cette raison nous avons
vécu avec angoisse et avec rage la déchirure
qui a emmené la gauche « modérée
 » à s’engager sur le terrain de la guerre
« humanitaire » car symptomatique d’un changement
de camp. La gauche réformiste européenne a donné
sa contribution aux guerres de l’Empire : Golf, Balkans,
Afghanistan. Maintenant qu’elle ne donne pas sa contribution
à la guerre impérialiste en Irak.

Le mouvement, par contre, a réussi à proposer
à nouveau le droit à la paix en qualité
d’inspirateur de civilisation en le projetant vers un
nouvel horizon où peut mûrir aussi une réflexion
sur la non-violence et sur le droit à la démocratie.
Le processus d’élimination formel et substantiel
de la démocratie a été massif en partant
de l’ONU, en passant par les organismes antidémocratiques
et technocratiques, jusqu’aux normes internationales
et aux constitutions.

L’entreprise a pris le dessus sur le travail, la compétitivité
sur l’égalité, la justice, dans les faits,
utilise deux poids et deux mesures. La globalisation capitaliste
cherche à imposer un modèle du monde qu’elle
sait ne pas pouvoir garantir à tout le monde et qui
a besoin de sanctionner les normes de l’abus et de l’injustice.
Au centre domine la sacralité de la propriété
privée qui aujourd’hui se propage jusqu’à
s’approprier l’être vivant destiné
à la manipulation. Ce n’est pas par hasard que
la charte des droits européens est fortement marquée
par cette posistion centrale et elle est très lointaine
des constitutions fondées sur le travail.

Même pour ce qui concerne la démocratie, le
mouvement est porteur d’une instance forte alimentée
par la désobéissance aux déformations
des valeurs civiles qui est en train de se perpétrer
et corroborée par un usage des relations internes qui
préfigure la recherche de l’égalité
dans le respect de la diversité.

L’idée de la guerre infinie et indéfinie
est l’expression de cette phase qui détermine
la globalisation de la crise. La guerre n’a pas sa raison
d’être seulement pour des questions économiques,
elle est la raison de la discipline impériale, elle
est nécessaire pour la structuration du pouvoir. C’est
pour cela que le non à la guerre et au néo-libéralisme
sont deux conditions essentielles de la nouvelle politique.

Dans cette situation, le devoir prioritaire est la construction
d’un grand mouvement de masse pour la paix, non- violent,
mais concret et bien encré dans l’actualité
d’ici et maintenant, centré sur la pratique de
la désobéissance civile. Les nouveaux mouvements
ont contaminé le mouvement syndical, il existe une
convergence spécifique qui va dans le sens d’une
grève générale européenne pour
la paix, qui est l’instrument le plus efficace pour
essayer de bloquer la course à la guerre.

C’est sur ces positions politiques que le Collectif
Bellaciao participera à la manifestation du 14 décembre
2002, place de la République à Paris. Rendez-vous
à 14 heures en face d’Habitat.

POUR LA PAIX, CONTRE LA GUERRE, POUR UN MONDE MEILLEUR

Collectif Bellaciao - Paris, le 12 décembre 2002

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