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Philippe Martinez prend la tête d’une CGT en crise

mardi 3 février 2015 , par Leïla de Comarmond, Les Échos - Contacter l'auteur - 5 coms

Le parlement de la centrale se réunit aujourd’hui pour désigner le successeur de Thierry Lepaon, évincé. La nouvelle direction ne fait pas l’unanimité.

Pour la troisième fois en trois mois, les dirigeants fédéraux et départementaux de la CGT reprennent ce matin le chemin de Montreuil. Le comité confédéral national (CCN), qui fait office de parlement, se réunit pour trouver enfin une issue à la grave crise provoquée par les révélations sur le train de vie de son numéro un, Thierry Lepaon, élu en mars 2013 et qui a fini par démissionner.

Le CCN doit achever de tourner cette page aujourd’hui en dotant la CGT d’une nouvelle direction. Il va se prononcer sur la liste qu’a constituée celui qui est assuré désormais de devenir secrétaire général : Philippe Martinez. Il faisait partie de l’équipe concoctée par Thierry Lepaon mais retoquée le 13 janvier dernier. Le CCN l’avait chargé alors de constituer un autre bureau confédéral. Le résultat du vote d’aujourd’hui ne fait pas grand suspense. La nouvelle équipe, de 10 personnes, devrait recueillir plus de deux tiers des votes, comme l’exigent les statuts (la trésorière, Colette Duynslaeger, sera contestée mais passera la barre).

Débats nourris en commission exécutive

Les débats pourraient cependant être nourris. La commission exécutive (direction élargie de 53 personnes), qui a, jeudi dernier, validé la liste, en a donné un avant-goût. Certains de ses membres se sont alarmés d’une remise en cause de l’indépendance de la CGT vis-à-vis du Parti communiste. Motif invoqué : parmi les candidats au bureau figurent plusieurs cégétistes qui ont appelé le 12 avril dernier à manifester avec le Front de gauche, et notamment Pascal Joly, encore membre du conseil national du PCF. Le paradoxe est que les compétences de ces militants montrés du doigt sont reconnues de tous et qu’ils sont parmi les rares à avoir osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas, en dénonçant le train de vie de Thierry Lepaon.

Il est édifiant de constater que trois « sensibilités » de la CGT se sont retrouvées dans cette défense de son indépendance : ceux qui faisaient partie du bureau proposé le 13 janvier et n’ont pas digéré d’être sortis comme Pascal Debay ; les toujours partisans de Thierry Lepaon, dont Fabienne Cru-Montblanc ; et ceux qui, comme Nadine Prigent, candidate malheureuse à la succession de Bernard Thibault, ont compris qu’ils ne survivraient pas au prochain congrès, dans un an.

Le bureau n’en a pas moins des faiblesses. Il pâtit de l’absence de militants d’envergure représentant l’autre sensibilité, plus réformiste, de la CGT. Difficile de comparer une Marie Saavedra ou Virginie Gensel-Imbrecht (proche du mouvement de Robert Hue) à une Sophie Binet par exemple. Les mêmes qui protestent aujourd’hui sont ceux qui ont tout fait pour obtenir le départ notamment de la numéro deux des cadres CGT du bureau confédéral.


à lire aussi :

Extrait : « Un bras de fer historique est annoncé aujourd’hui entre le clan Doneddu-Lepaon, les proches du PC et tous ceux qui attendent un grand ménage... »

http://www.leparisien.fr/economie/voici-le-nouveau-visage-de-la-cgt-03-02-2015-4502119.php

Extrait : Avant de mentionner, non sans rapport, ce qui constitue donc le « petit » défaut du nouvel homme fort de la CGT : son autoritarisme. « Sa gouvernance à la métallurgie est très autoritaire. Ce qui court à la confédération, c’est qu’il ferait régner la terreur. Et qu’ils font profil bas dans sa fédé », raconte ainsi ce responsable. Un trait de caractère qui n’est peut-être pas étranger à la grève qu’il a dû subir de la part de ses propres troupes, il y a quatre ans, au sein de la fédération. En cause : la réforme interne des rémunérations et des classifications, que certains ont mal encaissée. « Dès que vous avez des salariés, c’est comme dans toute entreprise, il peut y avoir des conflits, tempère un de ses proches. Et Martinez n’est pas autoritaire : il a de l’autorité… même s’il est parfois soupe au lait. »

http://www.liberation.fr/economie/2015/02/02/cgt-philippe-martinez-un-orthodoxe-pour-redresser-la-barre_1194304

Mots clés : Syndicats /

Messages

  • Respecter les privés d’emploi CGT

    Réaction contre la volonté de mise sous tutelle du Comité national des chômeurs. L’UD de Paris porte une démarche du même ordre. Ce projet de l’ancienne direction confédérale doit être abandonné.

    Ce texte se situe dans la continuité de la conférence départementale du comité chômeurs et précaires CGT13 de juin dernier dont l’un des objectifs est l’organisation d’une conférence nationale des chômeurs et précaires afin de fixer collectivement nos objectifs, d’établir une stratégie de développement de l’organisation CGT des chômeurs et précaires, et enfin de réélire
    nos responsables nationaux. Nous rappelons que la dernière conférence nationale a eu lieu en 2008.

    Cher camarades,
    Nous avons pris connaissance du projet qui découle des assises qui ont eu lieu en juillet dernier et qui abordaient la question de la syndicalisation des chômeurs et précaires avec des membres des comités chômeurs et précaires de toute la France, ainsi que des membres de toutes les organisations de la CGT - (Fédération, UD, UL, etc.)
    - Après concertation à la base, c’est à dire après qu’il y ait eu débat à l’intérieur des comités chômeurs de tout le département, le comité départementale des chômeurs et précaires CGT des Bouches-du-Rhône a pris la décision de rédiger ce texte pour plusieurs raisons.
    - Le projet proposé n’est pas l’émanation des débats qui ont eu lieu lors des assises
    - Le projet bafoue les statuts de la CGT
    - Le projet outrepasse la démocratie syndicale et vise à continuer en ce sens
    - Nous tenons à formuler une critique constructive et les arguments de fond de notre refus du projet.

    Le projet proposé n’est pas l’émanation des débats qui ont eu lieu lors des assises.

    Le projet est censé être l’émanation des conclusions des assises. Or, il s’avère qu’à aucun moment la structuration du Comité National des Privés d’Emploi n’a été abordée en ses termes.
    Les camarades des BDR mandatés pour ces assises avaient d’ailleurs un mandat pour appeler à une conférence nationale et à notre grand regret aucune réponse n’avait été formulée clairement sur ce sujet. Par conséquent, nous demandons comment est-ce possible que dans ce projet, la direction nationale du Comité Chômeurs et Précaires CGT soit maintenant évoquée en précisant le nombre exact de ses membres ainsi que les organisations dont ils sont issus.

    Le projet bafoue les statuts de la CGT.

    En conclusion du texte du projet il est écrit : « Le CNTPEP n’est donc ni une « fédération » ni une « organisation spécifique » a une catégorie mais le dispositif confédéré de la CGT chargé d’impulser le travail des organisations pour le développement et la structuration du syndicalisme parmi les Travailleurs Privés d’Emplois et Précaires. »

    Or, dans les statuts de la CGT adoptés au 50ème congrès du 18 / 22
    mars 2013, il est écrit : Article 2 : Le comité de lutte de Défense des Chômeurs est l’organisation permettant de développer la syndicalisation et l’activité de la CGT parmi les salariés momentanément privés d’emploi.

    Le Comité National des Privés d’Emploi (CNPE) est d’ailleurs définit comme une « organisation confédérée particulière » tout comme le sont l’UCR et l’UGICT - (Cf. article 20 et 21)

    Nous tenons donc à rappeler que les privés d’emplois et précaires sont organisés dans la CGT.
    Le CNPE n’est donc pas un « dispositif » mais bien une « organisation » et nous tenons à ce qu’il le reste. Nous rappelons aussi que si les besoins s’en font ressentir les statuts se modifient pendant les Congrès au niveau confédéral et les conférences nationales pour le CNPE.

    Le projet outrepasse la démocratie syndicale et vise à continuer en ce sens.
    D’une part ce projet vise à transformer l’organisation des chômeurs et précaires sans qu’il ne soit l’émanation de la volonté des chômeurs et précaires organisées puisqu’il est « issu d’assises ».

    D’autre part nous rejetons la proposition qui concerne la composition du CNTPEP, car nous refusons que presque la moitié du CNPE soit des membres d’autres organisations. À notre connaissance, il n’y a pas de chômeurs à l’UGICT, à l’UCR, ni à la direction d’aucune fédération.

    De plus cela reviendrait à priver le CNPE de représentants de comité locaux ou départementaux et d’une coordination à la hauteur de ce qu’attendent les syndiqués privés d’emplois et précaires.
    Il est clair que dans ce projet, le CNPE ne soit plus l’émanation de la base, et nous nous interrogeons même sur le fait que les deux membres du CNPE désignés par la direction confédérale ne deviennent nos représentants aux CCN et aux congrès confédéraux.

    Enfin ce qui donne le sentiment profond que l’organisation se fait « littéralement dissoudre » c’est que le secrétaire n’est plus un secrétaire mais un « animateur ».

    Les questions de fond que soulèvent la syndicalisation des chômeurs et
    précaires !
    La première cause fondamentale de nos divergences repose sur la manière dont les camarades qui ont restitué le bilan des assises posent le problème du chômage et de la précarité.

    Nous voulons donc clarifier quelques points essentiels : la question du chômage et de la précarité dans la société ne doit pas être confondue avec la question de l’organisation des chômeurs et précaires.

    De la même manière que la question de la retraite ne doit pas être
    confondue avec la question de l’organisation des retraités.
    Dans un premier cas le chômage et la retraite nous pose des questions sur le fonctionnement de la société. Ces questions concernent l’ensemble des travailleurs. On en tient pour exemple les multiples luttes pour les retraites qui n’ont jamais reposées sur l’UCR, seule. À chaque fois la CGT dans son ensemble s’est mobilisée et est descendue dans la rue, et à chaque fois n’a-t-on pas vu des lycéens, des étudiants, des travailleurs de toutes les branches, précaires ou privés d’emploi ?

    Dans un second cas nous parlons de la question de l’organisation des chômeurs et précaires au sein de la CGT. Et là comme pour tous les syndiqués, nous partons des besoins afin d’établir des revendications collectives et les actions nécessaires pour y parvenir. Nous nous coordonnons, localement, départementalement, etc. À partir des comités de base (ou syndicat) ainsi que des convergences interprofessionnelle que l’on tisse à partir des Unions Locales (UL).

    Il y a une grande diversité de dispositif au sein de la CGT qui permettent d’établir des liens sur des thématiques comme la « protection sociale », la « santé », les « transports » et les chômeurs et précaires syndiqués à la CGT n’ont pas à devenir l’un de ses dispositifs, ils ont besoin d’être organisés et d’être représentés au sein de notre CGT, syndicat de lutte, de classe et de masse.

    Cela étant dit, rien ne nous empêche de réfléchir à notre structuration et à tirer quelques conclusions sur l’histoire et l’évolution de l’organisation des chômeurs et précaires. Bien entendu, les chômeurs et précaires organisés ont tout intérêt à ce que des camarades s’impliquent dans nos comités afin, non seulement de faire en sorte que le chômage et la précarité soient traités comme une problématique de classe, c’est à dire par l’ensemble de travailleurs salariés, mais aussi afin d’assurer une certaine stabilité à l’organisation étant donné l’instabilité professionnelle de chacun d’entre nous, puisqu’il arrive que l’on retrouve du travail.

  • La nouvelle équipe, de 10 personnes, présentée par l’ex-délégué de Renault Boulogne-Billancourt a recueilli 88,8% des voix du CCN, alors que les statuts exigent un minimum de deux tiers des votes.

    Philippe Martinez a, lui, été élu secrétaire général à la quasi-unanimité avec 93,4 % des voix, selon une source interne.

  • Les débats pourraient cependant être nourris.

    Quelques lignards vont pouvoir continuer à l’être

  • Philippe Martinez, un pragmatique qui cultive une image de dur

    Philippe Martinez n’est plus membre du PCF. Il n’est pas pour autant partisan d’une ligne d’ouverture.

    papier de Leïla de Comarmond à lire ici :
    http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0204126339461-un-pragmatique-qui-cultive-une-image-de-dur-1089509.php

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