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Plan de travail du Parti de la gauche européenne décidé au bureau de juin 2007 à Porto, concernant le nouveau traité européen

jeudi 2 août 2007 - Contacter l'auteur - 2 coms

de Christine Mendelsohn , 24 juillet 2007

Le but du Parti de la gauche européenne est de refonder l’Union européenne pour obtenir une Europe basée sur un programme social qui doit être une alternative à celui qui est proposé par ceux qui veulent l’hégémonie du marché.

C’est pourquoi, pour le PGE et les forces politiques, syndicales et associatives qui agissent pour une autre Europe, la nouvelle version du traité rejeté par la France et la Hollande va être un enjeu important.

Nous disons qu’un grand débat public européen doit être construit. Nous voulons influencer l’écriture de ce traité. C’est l’occasion de réparer la blessure démocratique de la construction européenne. C’est la seule issue à la crise profonde que traverse l’Union européenne.

Plan de travail du PGE

1 – Dés maintenant, nous diffusons l’analyse du nouveau traité que Francis Wurtz a faite à l’université d’été du PGE, en anglais et en français, aux membres du bureau pour information dans chaque parti.

Une page sur le site du PGE sera mise en place pour rassembler toutes les initiatives, tracts et pétitions, faites par les différents partis et partenaires.

2 – Un débat à la Fête de l’Humanité le 15 septembre à 16h30 au stand du Conseil national sera fait par le PGE sur ce nouveau traité.

3 - Le 20 Septembre la Charte des principes pour une autre Europe, dont le PGE soutient le processus, sera présenté au Parlement européen à Bruxelles.

4 - Lorsque le journal l’Humanité sortira un numéro spécial sur le traité, outil décisif de la bataille dans la rue contre le traité constitutionnel en France, nous verrons comment le traduire.

5 – Dés la rentrée, en Septembre, les partis du PGE organisent des initiatives dans leur pays permettant de populariser le contenu réel du traité et nos demandes. Si des meetings s’organisent, le PGE essayera dans la mesure de ses moyens de faire venir un(e) autre européen(ne) à ces meetings pour montrer la dimension européenne de la lutte.

L’objectif est de saisir nos gouvernements de nos demandes.

6 – Mi-octobre, le conseil européen se réunit à Lisbonne pour ratifier le traité.
Juste avant la gauche unitaire du Parlement européen sera présent à Lisbonne pour faire le point et dénoncer ce qui n’a pas été pris en compte.
Un conseil des présidents du PGE doit aussi se tenir sur le même objet dans ces dates-là. Chaque président de parti pourra faire le point sur ce qu’il a demandé à son gouvernement et ce qu’il a obtenu. Ceci doit être un temps fort médiatique avant que les votes soient organisés dans chaque pays.

7 – Une discussion a eu lieu sur une pétition commune pour tout les partis du PGE.
Le débat a porté sur deux points
À qui l’adresser
Est-ce une pétition qui serait largement signée parce que portant sur la question du référendum ou d’une pétition qui serait sur le contenu du traité, obligeant d’élever le niveau de la lutte jusqu’aux alternatives.

8 – Le congrès du PGE, fin novembre doit relever le défi des alternatives et apporter des réponses aux enjeux inscrits dans le traité.
Nous serons alors dans la construction avec d’autres forces pour mener la campagne durant 2008 sur le traité dans chacun de nos pays.
Nous serons aussi dans la préparation de la campagne des élections européennes de 2009.

9 – Le prochain bureau verra comment construire un document commun, tract ou pétition en fonction de l’évolution de la campagne dans chacun de nos pays.

Nous savons que les libéraux vont concentrer les pouvoirs politiques, financiers et médiatiques pour faire passer le nouveau traité en état et accélérer ainsi le développement du capitalisme en Europe.
Ayons les arguments pour discuter avec les citoyens et les éclairer sur les enjeux de notre avenir commun.

Rendons l’Europe aux citoyens

Mots clés : PRC - Parti de la Refondation Communiste / TCE - (EUROPE) /

Messages

  • Michel Peyret
    21 juillet 2007
    EUROPE
    Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
    n’a pas épuisé ses potentialités révolutionnaires
    La Charte des Nations-Unies de 1945 exprime , avec son article 1 , le besoin des nations de développer entre elles des
    relations amicales , fondées sur le principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes .
    En vertu de ce droit , les peuples déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement
    économique , social et culturel . Ce droit se traduit également par les principes de souveraineté et de non-ingérance , ou
    encore par celui du droit à l’autodétermination , et il a été reconnu comme étant le premier des droits de l’homme .
    Autant dire que la reconnaissance et l’affirmation de ce droit constituent l’une des plus importantes conquête des peuples et
    des individus qui les composent .
    En son nom , les peuples des pays colonisés menèrent partout de grandes luttes anticoloniales pour leur indépendance . Ceux
    qui dépendaient de l’Empire français bénéficièrent du soutien des forces progressistes françaises , notamment de celui du
    Parti communiste français .
    Plus récemment , les peuples des pays de l’Est de l’Europe remirent en cause les traités issus ou conséquence des accords de
    Yalta qui consacraient le partage de l’Europe en zones d’influence .
    Tout dernièrement , le 21 mai 2006 , le tout petit Monténégro a retrouvé par référendum le droit à l’indépendance qu’il avait
    perdu il y a 88 ans , après la première guerre mondiale ...
    CETTE RICHE HISTOIRE EST-ELLE TERMINEE ?
    Le temps serait-il déjà venu de remettre en cause des souverainetés , des indépendances , aussi récemment acquises ?
    De grandes puissances ont-elles le droit de vouloir circonvenir des peuples pour contrôler et s’emparer des richesses de leur
    sol , pétrolières pas exemple ?
    Le droit à l’énergie nucléaire civile serait-il réservé à ces mêmes grandes puissances qui disposent au surplus d’arsenaux
    nucléaires qu’elles maintiennent et développent au mépris des engagement pris et des traités signés ?
    Les nations et les peuples ont-ils à se voir imposer des principes et règlements , tels ceux de l’Organisation Mondiale du
    Commerce (OMC) , qui visent à les mettre en concurrence entre eux et avec ceux des pays développés pour le plus grand
    profit des multinationales ?
    N’est-ce pas , sous forme de libre-échange , de libre-concurrence , de libre-circulation des capitaux , de nouvelles formes de
    colonialisme , de nouvelles dominations et assujettissements , des pertes d’indépendance et de souveraineté ?
    Ainsi , les richesses produites par le travail des peuples ne viennent-elles pas se concentrer dans quelques pays seulement qui
    méritent par là leur qualificatif de « développés » et par la misère que leurs capitalistes entretiennent partout .
    Et , plus fondamentalement , n’est-ce pas avec le rejet du Traité constitutionnel , ce que le peuple français a condamné en
    mai 2005 , un projet dont l’objectif était tout-à-la fois de lui imposer la perpétuation de la loi capitaliste sans lui permettre de
    la contester en faisant prendre les décisions , les directives en l’occurence , par des organismes supra-nationaux , la toute
    puissante Commission européenne dont les commissaires sont des fonctionnaires qui échappent à toute élection comme à tout
    contrôle démocratique et n’ont en définitive de comptes à rendre à quiconque ?
    VERS UN ETAT EUROPEEN ?
    Disons-le clairement : ce qui s’est construit progressivement depuis la signature du Traité de Rome , traité après traité , c’est
    un Etat européen destiné à confisquer au peuple français , comme aux autres peuples européens , ce droit à disposer d’euxmêmes
    , leur souveraineté , pour les empêcher de remettre en cause , voire d’abolir , les dominations et les décisions qui
    permettent aux grandes sociétés capitalistes d’imposer leur volonté et leur exploitation aux peuples du monde . Ce qui s’est
    construit , ce n’est autre qu’un nouvel impérialisme destiné à prendre toute sa place dans les conditions et les confrontations
    de la nouvelle mondialisation , dans les concurrences avec les autres impérialismes .
    La Constitution européenne était destinée à couronner cet édifice étatique dont Jean Monnet disait qu’il fallait le faire et ne
    point en parler . Cette « omerta » a été respectée et lui a survêcu !
    Le Traité simplifié pour lequel mérite activement le nouveau président de la République ne tient aucun compte du NON
    souverain exprimé par le peuple français . C’est le même contenu , plus succinctement exprimé , et qui ne serait même plus
    soumis au peuple , que le président veut ainsi imposer et pour lequel il fait le forcing .
    Alors , bien évidemment , il faut revendiquer avec force un nouveau référendum avec l’objectif de créer les conditions , en
    étroite collaboration avec le peuple français qui s’est déjà exprimé , de la mise en échec de la resucée qui nous est proposée .
    Cette resucée ne peut en aucun cas être considérée comme « un nouveau traité européen » comme le qualifie une pétition
    lancée tout récemment avec de premiers signataires de « gauche » , dont des responsables du PCF . Et si le référendum est
    obtenu ce ne peut en aucun cas être « un référendum POUR le nouveau traité européen » mais une bataille politique
    acharnée contre ce nouveau traité .
    QUEL CONTENU ?
    La dénonciation du contenu concret du projet va donc être décisive .
    Aussi l’appel lancé récemment par Marie-George Buffet ne laisse pas d’inquiéter . Ne déclare-t-elle pas que « chaque jour
    davantage , c’est en Europe que se joue notre avenir . Pour une très large part , les décisions et les politiques de l’Union
    européenne détiennent les clés de ce que sera la vie des peuples européens ces prochaines années . »
    Je le dis tout net , il me semble là que Marie-George Buffet s’inscrit entièrement dans la remise en cause du droit des peuples
    européens , et donc du droit du peuple français , à disposer d’eux-mêmes .
    C’est l’acceptation du projet du « père de l’Europe » , Jean Monnet . Car le ver est dans le fruit depuis le Traité de Rome ,
    deux aspects inséparables comme je l’ai montré : les logiques d’exploitation et de domination des multinationales
    européennes et les institutions supra-nationales pour y assujettir les peuples .
    C’est cet ensemble qu ’il convient à mon avis de rejetter !
    Et dans le même temps , c’est le projet d’une autre Europe qu’il convient de mettre en chantier , le chantier de l’Europe des
    peuples qui ne doit en aucun cas déposséder ces peuples de leur droit à disposer d’eux-mêmes .
    Ce sont donc les peuples européens qui doivent en élaborer le contenu . Ce pourrait être , en toute hypothèse , une structure
    du genre ONU , une ONU démocratisée , où chaque peuple comptera pour un , où l’Assemblée générale prendrait les
    décisions qu’un exécutif mettrait en oeuvre . Ces décisions concerneraient principalement des échanges , des coopérations de
    tout genre et en tous domaines , des coopérations à la carte avec les pays européens volontaires et d’autres pays , ceux de la
    Méditerranée notamment , berceau des cultures et des échanges . Cette Europe des coopérations , des solidarités , oeuvrant
    pour la paix et le désarmement , pour un développement durable , collaborerait étroitement avec l’ONU et ses organismes ,
    pour une nouvelle mondialisation , objectif essentiel pour les peuples du monde .
    RESPECTER LES PEUPLES !
    Ainsi , pour l’essentiel , les politiques économiques , sociales , budgétaires et monétaires , judiciaires , de défense...
    demeureraient-elles pour l’essentiel des compétences nationales , ce qui ne remet pas en cause les coopérations librement
    consenties en tous domaines .
    Il convient de savoir le reconnaître : tous les peuples européens ne sont pas prêts à marcher au même pas . Ils ont des cultures
    différentes qui gagnent à se connaître . Ils n’ont pas les mêmes développements économiques et sociaux . Ils n’ont pas la
    même histoire ni les mêmes traditions . Il serait illusoire de penser qu’un jour , le même pour tous , ils puissent se prononcer
    pour un changement de société qui viserait à sortir du capitalisme ...
    Il convient en conséquence de prendre en compte ces spécificités : aucun peuple ne doit se sentir violé de quelque manière que
    ce soit .
    Toutes les constructions qui , dans le passé , en Europe , ont voulu ignorer ces principes , passer par-dessus les peuples et
    leurs droits , ont toutes plus ou moins dramatiquement échoué . Les dernières tentatives sont encore récentes dans toutes les
    mémoires .
    Une approche respectueuse des identités et des réalités propres à chaque peuple est sans doute la meilleure façon de
    progresser sûrement dans l’approfondissement de coopérations et de rapports toujours plus étroits .

    • Je dis Bravo à Chritine Mendelsohn qui a exposé de façon limpide le programme de travail du PGE ; en revanche , la réponse est fort longue et laborieuse : un autre traité est évidemment indispensable ; il ne peut se construire que dans l’action démultipliée de plusieurs forces de gauche en Europe ; cet ensemble de forces ne doit être limité par rien sinon la volonté de construire une Europe qui tire ses peuples vers le progrès social , des rapports internationaux nouveaux orientés d’une part vers une véritable coppération avec les pays du Sud et le refus catégorique de l’inféodation à la politique des USA , une construction dans laquelle le pouvoir économique soit assujetti au pouvoir politique ce qui modifie complètement la BCE ; etc... je ne vais pas redire en plus mal ce que dit Christine ;inquiétante la déclaration de Marie-George ? mais enfin , quand se déciderat-on à lire les textes pour ce qu’ils disent et non pour des intentions cachées inavouables ? Oui , les conditions existant en Europe nécessitent le travail commun de forces dont le corpus idéologique est très DIVERS ; il ne peut donc être question ici et maintenant de travailler à la Constitution de la Future Union Européenne socialiste , soviétique . Réformiste cette démarche ? regardez donc qui attaque ces tentatives et vous verrez de quel réformisme on parle . Il n’est hélas pire sourd .... OLIVIER GEBUHRER

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