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Pour l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire : manif le 17/01/2004

lundi 5 janvier 2004 - Contacter l'auteur

Appel d’Alternative Libertaire, de la Fédération Anarchiste, d’Offensive
Libertaire et Sociale, de l’Organistion Communiste Libertaire.

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Ni prolongement, ni relance :
arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire

Le nucléaire n’est pas une fatalité, c’est un choix politique et
économique. Il a fallu la volonté de tous les gouvernements, de De Gaulle à
Jospin, pour parvenir a une situation unique : 80% d’électricité produite
par le nucléaire. Pour les militaires, les capitalistes, les politiques,
les risques pour l’environnement et les populations actuelles et futures
viennent après les profits engrangés par une minorité
d’industriels et d’actionnaires.

Face au danger du nucléaire, arrêt immédiat
- car un accident majeur (comme à Tchernobyl) est toujours possible et plus
encore aujourd’hui avec le vieillissement des centrales en activité ;
- car les déchets polluants s’accumulent. On ne sait qu’attendre qu’ils cessent
d’être radioactifs, ce qui prendra des milliers d’années ;
- car le nucléaire se caractérise par la centralisation, l’opacité des
décisions, l’absence de moyens véritables pour que nous pesions sur les
orientations (recherches, énergies renouvelables, transport de
déchets...), l’omniprésence de puissances financières. Elément moderne du
totalitarisme, le nucléaire nous fait courir le risque de vivre dans une
société avec l’absence totale de contrôle et de choix des populations, mais
avec le règne absolu de « ceux qui savent », scientifiques et technocrates.

Il est nécessaire de ne pas laisser les fantasmes scientistes continuer à
nous égarer dans l’impasse industrielle dont on constate chaque jour les
dégâts : de la vache folle au réchauffement planétaire, en passant par
l’amiante et les leucémies en Ukraine et à la Hague.

Nucléaire et militaire riment avec totalitaire
Le nucléaire doit aussi son existence à ses usages militaires. De Gaulle
voulait doter l’armée de plutonium pour la force de frappe ; le nucléaire
est une recherche de suprématie et de domination. USA, URSS, Chine, Inde...
Tous les Etats usent d’abord du nucléaire pour des objectifs militaires.
Aujourd’hui, l’armée française dispose d’armements au
plutonium. Ces pays doivent leurs bombes à la production civile du
nucléaire. Le lien entre l’usage militaire et l’usage civil du nucléaire, en
France comme ailleurs, c’est le pouvoir de l’Etat et du Capital. C’est lui
qui a décidé et qui maintient la création de cette filière civile et
militaire, c’est lui qui en retire des dividendes et qui décrète le secret
défense, qui réprime les opposants-es, qui privatise EDF...

La politique nucléaire française aujourd’hui
La politique nucléaire française actuelle ne fait que renforcer ce que nous
dénonçons depuis toujours comme celle du gouvernement précédent, auquel
participaient les Verts.
- Au printemps, EDF a décidé de prolonger de 10 ans
la durée de vie de ses centrales en activité ce qui représente un profit
supplémentaire compris entre 15 et 23 milliards d’euros au détriment de la
sécurité. Man ?uvre, qui valorise le bilan de l’entreprise pour séduire les
investisseurs lors de la future privatisation.
- Cet été, EDF ramait sous la
canicule : centrale refroidie au jet d’eau ; dérogation pour des rejets
d’eaux chaudes augmentant la température du milieu (cela n’a pu être sans
impact néfaste sur la faune et la flore). Le gouvernement -lui- classait
secret défense les renseignements, procédés, objets, documents, relatifs aux
mesures de surveillance, de confinement, de suivi, de comptabilité des
matières nucléaires et leur transport.
- Enfin, d’indiscrétion en petites
phrases, on nous prépare à l’annonce du
lancement d’un réacteur EPR, construit par AREVA, qui entrerait en fonction
en 2020 pour 60 ans.

PAR ICI LA SORTIE !
La sortie immédiate du nucléaire n’est pas réellement un problème
technique ni économique mais politique et culturelle. Plus que d’asseoir nos
espoirs sur la recherche, ce sont des modes de vie, des efforts collectifs
qu’il faut inventer. Les énergies renouvelables sont au point, les sources
d’économie d’énergie sont connues. Certes, à court terme, les seules
énergies renouvelables ne peuvent produire l’électricité
nécessaire. Là encore le problème est faussé par des décennies de
production nucléaire. La culture du gaspillage est préférée à une
politique d’économie d’énergies. À court terme, couplées au développement
des turbines au gaz, à la co-génération, à l’arrêt des exportations
d’électricité et de l’énorme autoconsommation des centrales, une sortie
immédiate du nucléaire est possible.

Repenser la production énergétique
Au Nord, au Sud, la révolution énergétique est indispensable. Elle doit être
affrontée dans toutes ses dimensions : écologiques, techniques, économiques,
culturelles et sociales. Amélioration de l’efficacité énergétique et recours
aux énergies renouvelables, élimination des gaspillages ne pourront aboutir
sans réforme profonde aux échelles locales, régionales et continentales, des
modes de production et de répartition des richesses. Cet effort n’a de sens
que collectif (décision au niveau local de la gestion de l’énergie) et
mondial. Une solidarité entre les peuples est nécessaire, afin de répartir
égalitairement les gisements d’énergie (fossiles ou renouvelables) dont la
plus grande partie est actuellement consommée par les pays de l’hémisphère
Nord.

Pour une société autogestionnaire, sans nucléaire
Quatre exigences nous permettront de respecter l’environnement et
conditions de vie : réduire nos consommations énergétiques, utiliser une
énergie propre écologiquement, favoriser la démocratie locale directe,
réduire les inégalités sociales. Nous sommes contre le nucléaire parce que
nous sommes opposés au capitalisme, aux militaristes, que nous dénonçons et
combattons la logique d’Etat, et parce que nous sommes partisans d’une
société autogestionnaire. L’autogestion c’est : boycotter les produits
énergivores et polluants. Combattre les logiques de profit qui
caractérisent le capitalisme. Favoriser un mode de vie à l’inverse du
gaspillage permanent qui déresponsabilise. En tenant compte des limites
technologiques, il faut rapprocher les centres de production des centres de
consommation d’énergie tout en l’organisant rationnellement sur un mode
fédéraliste, non concurrentiel. Nous devons favoriser une gestion directe
(autogestion) des énergies par les travailleurs, les populations locales et
les usagers. Enfin, nous devons nous associer aux travailleurs en lutte pour
dissoudre "l’Etat-EDF" au profit d’un vrai service public. Nous rendrons le
contrôle de la production énergétique à la collectivité que nous sommes, en
expulsant l’Etat et les capitalistes du Conseil
d’administration. Nous ne voulons plus d’un service des énergies d’Etat,
centralisé et pro-nucléaire ; nous le voulons fédéraliste, géré par toutes et
tous.

Mobilisons nous
Pour la France et ses 56 réacteurs, une sortie est possible entre 2 ans
(situation de crise due à un accident) et 30 ans (par non renouvellement du
parc nucléaire, scénario choisi par les Verts car permettant de ne pas trop
se heurter au PS et surtout de ne pas remettre en cause le système
capitaliste). La vitesse à laquelle nous sortirons du nucléaire dépend donc
de notre capacité à construire un mouvement antinucléaire capable de créer
un rapport de force suffisant.
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Nous appelons donc tous ceux et celles qui partagent nos positions à
rejoindre notre cortège au sein de la manifestation.
A l’issue de la
manifestation nous prévoyons une réunion pour débattre de la prolongation de
la lutte.
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MYTHES ET DANGERS DU NUCLÉAIRE

Les centrales nucléaires sont de plus en plus sûres ?
Un accident majeur (comme à Tchernobyl en Ukraine) est toujours possible et
plus encore aujourd’hui qu’hier avec le vieillissement des centrales en
activité. Tout est possible en matière de terrorisme (voir le 11
septembre), les conséquences d’une attaque sur un réacteur nucléaire seront
sans communes mesures avec la destruction du world Trade Center !

On trouvera des solutions pour la question des déchets ?
Le problème des déchets est toujours sans solution. La seule alternative
actuelle minimisant les risques est de les stocker sur les lieux de
production, sous la surveillance des professionnels du nucléaire.
Rappelons que certains déchets dangereux ont une durée de vie de plusieurs
milliers d’années ? or nous avons déjà perdu la trace de stocks de
munitions de la première guerre mondiale ! Est-ce cela le cadeau aux
générations futures ?

Le nucléaire permet d’assurer l’indépendance nationale ?
Tordons le cou à ce mythe : 100% de l’uranium est importé ! Le nucléaire
représente certes près de 80% de la source de production d’électricité en
France, mais guère plus de 30% de notre énergie. La France dépend ainsi du
pétrole pour le secteur vital du transport...

Le nucléaire : une énergie bon marché ?
Le chauffage électrique, écologiquement aberrant (76% de perte), est un des
responsables du cercle vicieux entre consommation et production
d’électricité. Une grande partie des impayés d’EDF sont dus au chauffage
électrique : ce sont les populations les moins riches qui ont les plus
grosses factures du fait de la mauvaise qualité de leurs installations de
chauffage. Contrairement à une idée entretenue par l’entreprise EDF,
l’électricité nucléaire est très chère quand on prend en compte l’ensemble
de ses coûts : démantèlement des centrales, assurance contre les risques de
catastrophe, gestion des déchets...

Travailler dans le nucléaire : un statut garanti ?
- Les mineurs nigériens de l’uranium rongés par les maladies en rient
encore... - Nos centrales nucléaires sont nettoyées pour ne pas exploser.
Pour cela il faut que des personnes acceptent de se faire irradier. EDF a
recours à la sous-traitance et à l’intérim pour cette basse besogne. D’une
part cela permet de diminuer les coûts, d’autre part les cancers
inévitables qui s’en suivront ne seront pas considérés comme dus au
nucléaire. Ces travailleurs ne bénéficient d’aucun suivi sanitaire
spécifique : conditions déplorables, infractions à la législation, précarité
et salaires minables. Nous exigeons leur embauche immédiate en CDI par EDF,
la reconnaissance des accidents du travail liés au nucléaire avec une large
indemnisation des proches s’il y a lieu.

Sortie progressive ou sortie immédiate ?
Vitrine de certains écologistes, dont celles et ceux qui aspirent à
gouverner, la sortie progressive allemande sur 20 ans, bien qu’ayant déjà
généré 120 000 emplois par le développement des énergies renouvelables, ne
peut nous servir de modèle. Le risque de catastrophe est toujours présent
sur cette période, des déchets continuent à être produits et, surtout, les
changements politiques peuvent retarder ou même remettre en cause cette
orientation si tel est l’intérêt des groupes industriels allemands...

Le nucléaire, une solution à l’effet de serre ?
L’arrêt du nucléaire (7% de l’énergie mondiale), même au profit des énergies
fossiles, ne contribuerait qu’à une augmentation de 0,2 à 0,3% de l’effet de
serre planétaire, ce qui est dérisoire.

Mots clés : Manifs-actions / Nucléaire /
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