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Rapport EIA : les méthodes de barbouze de l’ONG US décrédibilisent l’écologie

jeudi 17 juin 2021

Environmental Investigation Agency (EIA) : le nom sonne déjà comme sorti tout droit d’un mauvais film américain. Il ne s’agit pourtant pas de la version écolo du FBI ou de la CIA, mais bel et bien d’une ONG dont les méthodes de barbouze portent le discrédit sur l’ensemble des militants de la cause écologiste. Entre intérêts opaques et éthique d’enquête inexistante, EIA est une caricature de l’écologie outrancière et manipulée.

C’est l’histoire d’un coup de tonnerre devenu pétard mouillé. Un rapport « accablant » contre l’un des leaders du secteur de la distribution en Colombie, grupo Éxito, accusé de contribuer à la déforestation de la forêt amazonienne. Tous les éléments sont réunis pour un joli buzz… et les résultats sont au rendez-vous dans un premier temps puisque plusieurs médias, en Colombie et en France, s’intéressent à l’affaire et reprennent les éléments à charge publiés dans le rapport d’EIA.

C’est en Colombie, naturellement, que l’histoire fait le plus grand bruit. Le pays est un des plus exposés de la région aux problématiques de déforestation et les accusations contre grupo Éxito sont prises au sérieux. Grupo Éxito lance donc une grande enquête interne pour évaluer la véracité des affirmations du fameux « témoin » d’EIA. Une enquête qui révèle les failles de la méthode EIA et soulève de nombreux questionnements éthiques. À tel point que l’enquête est relayée par l’un des principaux quotidiens de Colombie, El Tiempo.

Le rapport d’EIA accusait grupo Éxito de commercialiser de la viande de bœuf, issue de troupeaux élevés illégalement sur des parcelles situées à l’intérieur de parcs nationaux de la forêt amazonienne, où des prairies auraient été gagnées en détruisant la forêt. Ces accusations reposaient exclusivement sur le témoignage anonyme d’une personne se présentant comme un fournisseur de grupo Éxito…et qui s’est rétracté, dans un document écrit transmis à Éxito, sans expliquer ses motivations.

L’enquête a de plus révélé qu’aucun des lots de viande mentionnés dans le rapport d’EIA ne venaient de zones protégées. En clair : l’essentiel des accusations d’EIA se sont évaporées comme du vent. Et qui sont les véritables victimes de ces fake news ? Les organisations écologistes qui œuvrent sur le terrain (et pas depuis des bureaux de Washington) pour lutter contre la déforestation. Ce sont elles qui perdent en crédibilité face aux appétits des grands groupes et à la léthargie des gouvernements.

Les ONG comme EIA sont de véritables plaies pour l’écologie. Leur quête de sensationnalisme est le plus souvent contre-productive. Il serait temps qu’on arrête de leur accorder du crédit et qu’on replace le combat pour l’environnement sur son véritable champ de bataille : le terrain, la connaissance des enjeux, et la proximité.