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Rien n’a changé, affirme le CSE, les sodas sont toujours aussi nocifs...

mercredi 27 septembre 2006 - Contacter l'auteur

New Dehli, le 22 Septembre 2006

Réagissant à la décision de la Haute Cour de Justice du Kérala qui autorise la vente et la production des boissons Pepsi et Coca-Cola dans l’Etat du Kérala, le Centre pour la Science et L’environnement (CSE), l’organisme scientifique indien chargé des analyses sur ces produits, affirme que c’est une décision pour le moins regrettable. Sunita Narain, le directeur du CSE, affirme en effet que « le gouvernement Indien n’a toujours pas mis en place les normes de sécurité sans lesquelles les sodas restent toujours aussi dangereux ».

Il faut, à ce propos, rappeler que le CSE avait, en Août 2006, diffusé une étude sur les sodas concluant que tous les échantillons testés contenaient des taux de pesticides très élevés, de 24 à 200 fois supérieurs à la moyenne acceptable, (mais non notifiée) par le Bureau of Indian Standards (BIS), un organisme officiel de veille normative. Le CSE avait également dit que le gouvernement et l’industrie du Soda avait agi de connivence, puisque les normes n’avaient pas été mises en place. Une lettre du secrétaire du « consumer affairs » (bureau de la consommation) mettait clairement le doigt sur cette connivence. Le ministre de la santé avait alors informé le parlement de la décision de mettre en place les normes, mais sans donner de cadre temporel à cette décision.

On apprend que la Haute Cour de Justice du Kerala a levé l’interdiction sur les sodas en s’appuyant sur un rouage administratif : en effet, les lois actuelles donnent le pouvoir d’ordonner le boycott d’un produit alimentaire seulement au gouvernement indien et non aux Etats. Cependant, le CSE a fait remarquer que le problème vient en fait de ce que le pouvoir central n’a pas mis en place ces normes de contrôle qui assureraientt à la population que ces boissons sont bien saines. Et, en l’absence de ces normes, les Etats n’avaient pas d’autre choix que d’imposer l’interdiction de la vente de ces produits, dans l’intérêt de leur population.

La cour a également décrété que le boycott devait être levé puisqu’il était basé sur un rapport d’une organisation non gouvernementale et non du gouvernement lui-même. Il faut, à ce propos, rappeler que le pouvoir central n’a, à ce jour, pas rendu public ses rapports sur les taux de pesticides contenus dans ces boissons. Le 22 Août 2006, le ministre de la santé, M. Anbumani Ramadoss, avait affirmé au parlement que son gouvernement avait analysé 2 bouteilles de sodas et qu’elles ne contenaient pas de pesticides, concluant alors que ces produits étaient sains. Mais le gouvernement n’a jamais rendu ce rapport public.

Le Ministre de la santé avait, cependant, diffusé le rapport de son comité d’experts commentant les analyses du CSE. Dans ce rapport, les points soulevés contre le CSE étaient mot pour mot ceux du rapport d’analyse du Laboratoire Central Scientifique, basé en Angleterre, et commandé par Coca-Cola. Depuis, Le CSE a publié une réfutation, point par point, destinée au ministre de la santé et à son comité d’experts en mal science

Traduit de l’article « Nothing has changed, says CSE, despite the Kerala High Court decision. Soft drinks as unsafe as before » par GR

Mots clés : Alimentation / Conso-Pub / International / Justice-Droit / Santé - Médecine /
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