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USAGER SOLIDAIRE DES GREVISTES MEDIAS MENTEURS & MANIPULATEURS

jeudi 22 novembre 2007 - Contacter l'auteur - 1 com

Quand y’a pas grève, je prends le train pour aller bosser :
depuis deux jours, j’y vais en bagnole, et j’ai mis une affiche/
banderole à l’arrière où j’ai écris :

USAGER SOLIDAIRE DES GREVISTES
MEDIAS MENTEURS & MANIPULATEURS

L’ "USAGER EN COLÈRE"

par Le Yéti, mercredi 14 novembre 2007
Quand les défenseurs d’un ordre établi sont aux abois devant
l’annonce d’un grand mouvement de protestation sociale, ils nous
ressortent immanquablement leur ultime pétard mouillé : l’ "usager
en colère".

Je rigole !

Depuis quelques jours, depuis l’annonce de ces grèves reconductibles
massives, c’est incroyable ce qu’on peut nous inonder de la longue
plainte amère de l’ "usager en colère". Le voici otage des troubles
syndicaux, meurtri par une conjoncture hostile, menacé par une
destruction méchante de quelques jours de RTT, affolé par la mise en
péril de ses primes d’assiduité au boulot.

Quoi ? Comment ? On me souffle que l’ "usager en colère" ne roule pas
sur l’or, qu’il a du mal à joindre les deux bouts, qu’il est
pressuré comme un citron par la grande broyeuse capitaliste ? Ce ne
sont pas des arguments, ça, ce sont des pièces à charge ! Un type
dans la mouise qui s’en prend à ceux de sa caste qui se défendent
bec et ongle alors qu’il ne pipe mot, ou même opine devant les
exactions de ceux qui l’exploitent, a ce qu’il mérite.

L’ "usager en colère" soutient mordicus et systématiquement le
pouvoir en place. Une immense majorité de ces "usagers en colère" a
voté Sarkozy ou assimilé aux dernières élections présidentielles.
Qu’ils en assument les conséquences et arrêtent de pleurnicher !

Notre colérique geignard ne nous parle QUE de lui, de son petit
emploi du temps perturbé, des inconvénients qui vont lui faire rater
les infos de 20 heures à la télé, des godasses qu’il va user à
marcher, des quelques sous qu’il va perdre dans la tourmente sociale.
S’il en perd, c’est qu’il en gagne. Vous connaissez beaucoup de
rmistes qui soient en colère un jour de grève ?

L’ "usager en colère", n’a en réalité aucune importance. Il suit le
vent servilement en se protégeant derrière les puissants du moment.
Au pire, quand ce vent tourne, il tond sa femme. Il chante "Allez les
bleus" quand les flics matraquent des étudiants en grève.

Si on avait dû prendre en compte l’avis de l’ "usager en colère", il
n’y aurait eu ni Révolution française, ni Front populaire, ni Mai
68, ni rien, pas de congés payés, pas de semaine des quarante ou des
trente cinq heures… Rien !

L’ "usager en colère" nous les brise menues.

- http://www.yetiblog.org/index.php?2...

Commentaires :
Otage, encore un mot tellement galvaudé qu’on sait plus ce qu’il
signifie. On ne peut pas utiliser le mot "Vichy" (ou " rafles")
quand des familles avec enfants dont de très jeunes bébés sont
emprisonnés sans avoir commis de délit, ça scandalise ces bonnes
âmes qui estiment qu’il faut attendre que ça s’aggrave encore pour
ne rien faire.

Pourtant, quand on utilisait le mot "otage" à cette époque, il ne
signifiait pas passer 1 heure sur un quai de gare ou faire dix
kilomètres à pied.


J’ai remarqué sur les radios et télés ces derniers jours un
remarquable matraquage de micros-trottoirs de ces "usagers en
colère"... Ça ressemble à une décision délibérée de fabriquer
de "l’usager en colère" et de la "grève impopulaire". Ça recouvre
de manière exacte le discours de propagande des membres du
gouvernement et autres élus UMP...

Mais ça marche quand même. Je vois quantité de gens autour de moi
(dirais-je une grosse majorité ?) qui se laissent jour après jour
intoxiquer par la perfusion radio-télévisuelle et "pensent" pilepoil
là où on leur dit de penser...

Ah, la connerie a encore de beaux jours devant elle !


Lire : C’est la grève … au village.
http://blog.monolecte.fr/post/
2007/11/13/Cest-la-greve-au-village


Le jeudi 15 novembre 2007 à 08:35, par mc

Pourquoi les syndicats ont-ils choisi ce timing, qui est le pire,
commencer par une grève qui ne concerne qu’une partie des salariés,
pour, HUIT jours après, en lancer une qui concerne quasi tout le
monde, puisqu’il s’agit de la diminution et de la précarisation
constantes de nos ressources (retraites, salaires, allocations
diverses) et de la hausse constante de nos dépenses (logement et
essence*, fruits et légumes, les besoins de base).

Pourquoi pas tous ensemble (ouais, ouais) que ce soit le 13 ou le 20 ?

Pourquoi la négociation devient-elle possible au soir du premier jour
de grève, alors que rien de nouveau ne s’est passé, tout le monde
savait que cette grève serait TRES suivie ?

Je suis d’accord avec Croa, cette grève est politique du côté du
pouvoir, ils ont choisi l’affrontement sur le point qui leur
paraissait le moins susceptible d’entraîner une réaction solidaire.
Ce combat sera décisif pour eux, il doit être victorieux.

Par contre, je ne comprends pas bien la politique des syndicats. La
jonction entre les deux dates sera très coûteuse pour les salariés
des "régimes spéciaux", huit jours pleins, c’est le quart du
salaire, et beaucoup de ménages n’ont aucune réserve. Pour la même
raison, ceux qui auront fait deux jours, trois jours, hésiteront à
faire grève le 20.

A moins que les calculs des uns et des autres se révèlent finalement
dérisoires par rapport à une vague de fond. Ceux qui refusent de
continuer à survivre, et qui voudraient vivre, simplement vivre. Et
qui pourraient bien estimer que pour eux aussi, ce combat est décisif.

(*"Essence" : pour ceux qui considèreraient l’essence comme un besoin
non basique, essayez d’aller bosser sans bagnole, suivant vos lieux
de travail et d’habitation vous m’en direz des nouvelles).

- http://www.yetiblog.org/index.php?2...

Mots clés : Grêves / Le Yéti / Médias-Presse-Sondages /

Messages

  • Voila une excellente initiative. Je me suis balladé avec ma camionnette depuis la fin avril avec de l’info sur tous les côtés. je me suis balladé avec dans pas mal d’endroits (je travaille sur des tournages de films ) et je me suis fait dépouiller tout l’affichage le mois dernier à Neuiily où je me trouvais pour un tournage. C’est pas des blagues. Les terroristes ne sont pas la où on pense.
    Ceci dit l’idée de profiter de nos véhicules pour afficher ce qu’on pense et échanger nos points de vue me semble une très bonne idée à creuser.
    Lul

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