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"Vous êtes CHARLIE... prouvez-le..." Le MRAP dénonce les procès intentés par AGRIF

lundi 19 janvier 2015 , par Le MRAP - Contacter l'auteur - 1 com

Le MRAP dénonce les procès intentés par le mouvement d’extrême-droite AGRIF à l’encontre de messieurs Saïdou et Saïd Bouamama

Ce procès s’inscrit dans une période où les atteintes à la liberté d’expression se multiplient.

Les crimes dont ont été victimes les dessinateurs de Charlie Hebdo, les procès instruits préalablement à la tuerie contre les journalistes par leurs détracteurs, les scandaleuses tentatives de faire interdire la pièce Exhibit B, le procès intenté à Saïd Bouamama et Saïdou, s’inscrivent dans les mêmes logiques liberticides.

L’Agrif, organisation d’extrême-droite intégriste chrétienne, les mouvances qui instrumentalisent l’islamophobie contre Charlie Hebdo ou celles qui ont porté plainte contre les représentations d’Exhibit B procèdent, au-delà de leurs idéologies respectives différentes, d’une même logique de censure que le MRAP dénonce.

La liberté d’expression, dans la mesure où elle ne heurte pas les lois en vigueur, ne saurait être soumises aux ordres des liberticides de toutes obédiences.

Au-delà de nos désaccords avec Saïdou et Saïd Bouamama qui peuvent exister, le MRAP fait confiance à la justice pour débouter le mouvement d’extrême-droite AGRIF, comme elle l’a fait dans le cas d’Exhibit B.

Mots clés : Extrême droite - Antifascisme / Justice-Droit /

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  • Soutien à Saïdou et Saïd Bouamama

    Le 20 janvier 2015, Saïdou du groupe ZEP et Saïd Bouamama, sociologue et militant, sont convoqués au TGI de Paris, suite à une mise en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte d’une association d’extrême droite.

    [Communiqué d’AL paru le 5 janvier 2013] Saïdou, chanteur du groupe Zone d’expression populaire (ZEP), et Saïd Bouamama, sociologue et militant, sont attaqués en justice pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » par l’Alliance générale contre le racisme et pour la défense de l’identité française et chrétienne (Agrif) suite à la sortie de leur livre et de l’album Nique la France. Devoir d’insolence.

    Nous ne pouvons qu’adhérer totalement aux paroles de la chanson mise en cause :
    « Nique la France et son passé colonialiste
    Ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes
    Nique la France et son histoire impérialiste
    Ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. »

    La plainte a été déposée en octobre simultanément à la polémique lancée par le livre de Copé à propos du « racisme anti-blanc ». Ce concept, qui n’était jusqu’alors utilisé que par l’extrême droite, permet d’accuser des maux qu’ils vivent les victimes du racisme d’État. Le concept n’est pas nouveau : Frantz Fanon en parlait comme d’une arme contre les revendications des colonisé-e-s.

    Cette attaque illustre les injonctions au silence qui sont faites aux enfants d’immigré-e-s. La question est posée ainsi par Saïd Bouamama : « Pourquoi Michel a-t-il le droit d’insulter le drapeau et pas Mohamed ? » En faisant comprendre comme du « racisme anti-blanc » le fait d’insulter la France, les fachos de l’Agrif veulent affirmer tout simplement qu’être Français, c’est être blanc !

    vidéo ZEP : http://youtu.be/KdA2j4oU7v8

    La riposte est en marche, une pétition a très rapidement été mise en ligne avec l’objectif d’atteindre 100.000 signatures d’ici février, et une campagne de soutien national se monte – Devoir d’insolence antiraciste – dont Alternative libertaire est signataire.

    Nous devons combattre l’injonction au silence, ou ce que le sociologue de l’immigration Abdelmalek Sayad appelait l’injonction à la politesse faite aux immigré-e-s. C’était l’objectif de Saïdou et Bouamama, et leur procès illustre bien le sort qui est réservé à celles et ceux qui refusent de se plier à cette injonction à la politesse.

    Merci madame la France ! Et bien non, il n’y a pas de merci pour les discriminations, les violences policières, la misère, la précarité, et les crimes coloniaux d’hier et d’aujourd’hui. Avec ce procès, c’est à la criminalisation d’un appel à l’égalité que nous assistons.

    Alternative libertaire réclame l’abandon des poursuites judiciaires à l’encontre de ces deux camarades, soutient la campagne Devoir d’insolence antiraciste et appelle à s’y investir. Refusons les injonctions à se taire qui sont faites au dominé-e-s et aux exploité-e-s ! Que leur parole s’exprime dans toute leur radicalité !

    Alternative libertaire, le 5 janvier 2013

    http://www.zep-lesite.com/

    http://www.alternativelibertaire.or...

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