Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
1 commentaire
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite, commenter l'article...

Delanoë invente la « vidéo-insulte »

de : Jean-Pierre Anselme
mercredi 30 mai 2012 - 12h38 - Signaler aux modérateurs

Depuis trois semaines, une caméra vidéo espionne les habitants du quartier d’Aligre (Paris XIIe), renommé pour son marché populaire. Lundi 28 mai, en clôture d’une journée festive, l’association des lieux a sonné la mobilisation contre cette « cochonnerie » (Marguerite, 72 ans, native du faubourg Saint-Antoine)

JPEG - 45.2 ko
De la bonne humeur, malgré l’intervention de la police.

« Circulez, circulez !... », surgis d’on ne sait où, très hostiles, deux gardiens de la paix ordonnent la dispersion du rassemblement autour de la caméra de vidéosurveillance, appelé par l’association du quartier, la Commune libre d’Aligre. Sa « clique » de gardes champêtres fait rire le public en tentant maladroitement d’accrocher une banderole sur le poteau coiffée par la caméra. L’ambiance, bon enfant, finit par désamorcer l’agressivité des agents de police.

Rien que de très habituel, somme toutes, dans un quartier parisien particulièrement paisible. Depuis 236 ans, six jours sur sept, son vaisseau amiral, le marché d’Aligre, transporte dans la bonne humeur une communauté humaine qui va bien au-delà des habitants du XIIe et du XIe arrondissement, jusqu’à au delà du périphérique.

Toni, un des animateurs de la Commune libre d’Aligre (en train de faire griller des sardines pour le repas de quartier) : « Ça fait 35 ans que j’habite ici, il n’y a jamais eu de problème avec personne, je ne comprends pas pourquoi tout à coup ce truc arrive ! » « S’il y a bien un endroit où on n’a pas besoin de ça, c’est ici, les gens se connaissent ! », appuie Henri qui vit dans le XIe depuis 12 ans. Assis avec des amis à une des tables du repas de quartier, il s’interroge : « D’où peut venir une idée pareille ? »

En ce lundi de pentecôte, vide grenier et repas de quartier, une image coutumière à Aligre.En ce lundi de pentecôte, vide grenier et repas de quartier, une image coutumière à Aligre.

Le coup a été bien monté. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore remarqué qu’un nouveau lampadaire, maquillé en « style d’autrefois », dissimule une caméra de vidéosurveillance dernier cri qui a à l’œil en permanence la quasi totalité du marché.

Un coup bien masqué aussi, chacun des initiateurs du méfait accusant l’autre, alors même que, comme le dénonce la Commune libre d’Aligre, « la caméra de vidéosurveillance de la Place d’Aligre est une invention du gouvernement de Sarkozy, de la mairie de Paris et de la mairie du XIIe » (lien vers le site de la Commune libre d’Aligre ICI)

Pendant le repas de quartier et le vide-grenier organisés par la Commune libre d’Aligre, la maire socialiste du XIIe, Michèle Blumenthal, interpellée, proteste publiquement de son innocence et met en cause le préfet de police (À propos du préfet de police, lire l’article de ce blog sur ces liens incestueux avec « le Siècle », le club de l’oligarchie hexagonale, ICI). Celui-ci serait passé à l’acte place d’Aligre à la suite d’un article falacieux du Parisien stigmatisant le lieu, désigné comme une « plaque tournante du trafic de drogue à Paris » !

C’est avec le même préfet pourtant que la maire a mis en place pour son arrondissement le plan 1000 caméras à Paris (1300 en réalité) voulu par Nicolas Sarkozy et appliqué par Bertrand Delanoë. La maire du XIIe, ainsi que Patrick Bloche, maire socialiste du XIe et député de Paris, de passage rue d’Aligre lui aussi, ont juré qu’ils allaient écrire au nouveau ministre de l’Intérieur pour lui demander la suppression de la caméra contestée.

Carte postale au maire de Paris, éditée par l'association du quartier.Carte postale au maire de Paris, éditée par l’association du quartier.

La Commune libre, elle, ne ménage pas le maire de Paris. Bertrand Delanoë va bientôt recevoir des cartes postales pré-timbrées, éditées par l’association, remplies par les citoyens indignés : « Je soussigné(e)..., pour la liberté et la tranquillité de tous, je demande sans délai le retrait de la caméra de surveillance de la place d’Aligre ! »

Odile, depuis 20 ans dans le quartier, en train de siroter une limonade pression à la terrasse de « chez Chou », le café tabac de la place, s’interroge : « Moi je n’ai jamais eu de sentiment d’insécurité ici, de même pour mes enfants que j’ai toujours “laché” sans crainte dans le quartier où je sais que je peux compter sur mes potes, ici c’est un village, alors d’où leur est venue l’idée ? Par expérience, la sécurité c’est toujours l’élément qu’on sort pour faire sortir autre chose, c’est du détournement, un prétexte. » Armand, 84 ans, du « coin » depuis cinquante ans, voit « un acte malveillant », « ce sont les créateurs de ce “machin” qui sont les délinquants et les criminels, et ils voudraient qu’on leur ressemble ».

Un couple de gays, en train de chiner au vide-grenier, ne mache pas ces mots : « C’est de la “vidéo-insulte” ! ». Entre deux discussions avec des habitants, Cécile, la présidente (bénévole) de la Commune libre d’Aligre, considère que « ce type d’objet dénature les relations sociales d’un quartier. Depuis qu’elle est là on est plus les mêmes. Il y a de la tension dans le quartier, on se sent observé, comme si on avait un surveillant général au-dessus de nous. J’en ai discuté avec les gens, avec les jeunes, tout le monde est choqué. Au nom de quoi ils nous surveillent ? »

La caméra de vidéosurveillance en cours d'inauguration par un des gardes champêtres de la Commune libre.La caméra de vidéosurveillance en cours d’inauguration par un des gardes champêtres de la Commune libre.

Et si cette caméra, piquée plantée au beau milieu d’un espace de convivialité, avait justement pour mission de créer ce qu’elle prétend combattre ? « D’où peut venir une idée pareille ? Sauf à vouloir créer des soucis ! Les gens vont commencer à se poser des questions : “S’il y a une caméra ici c’est qu’il y a des raisons pour ça !”  », s’inquiète Henri.

Dans son communiqué, la Commune libre d’Aligre explique son opposition à la vidéosurveillance parce que, en tant qu’association de proximité, « par son essence même et son action quotidienne dans le quartier, elle favorise le lien social, la rencontre, l’entraide et la solidarité. »

Et si, à terme, le but réel de l’idéologie sécuritaire n’était pas purement et simplement de détruire cette vie là, celle promue par une association de 800 adhérents et qui rayonne bien au delà de son périmètre en touchant des milliers de personnes ? Détruire la vie foisonnante d’un quartier où il fait bon saluer des têtes connues et qui vous connaissent, où il fait bon paresser à une des multiples terrasse de café avec les amis ?...

La banderolle enfin accrochée au poteau de vidéosurveillance dénonce le prix de la fumisterie.La banderolle enfin accrochée au poteau de vidéosurveillance dénonce le prix de la fumisterie.

L’Assemblée générale de la Commune libre d’Aligre dressait ce bilan de son année 2011, pour le café associatif qu’elle gère au 3 rue d’Aligre :« En 2011, on a pu compter : 300 ateliers en journée (52 ateliers d’écriture, 44 séances de conte pour enfants, 24 ateliers jeux de société, 12 atelier de danse, 12 ateliers de maquette graphique), 150 repas en soirée (cuisinés par les bénévoles) , 12 soirées poésie, 32 soirées théâtre, chansons, concerts, 12 rencontres multilingues, 53 projections de films, 42 débats . » À quoi il faut ajouter un festival annuel de cinéma, un jardin partagé, des vide greniers, des repas de quartier...

Peut-être aussi que les instigateurs du plan 1000 caméras n’ont pas pardonné à cette « association de quartier » d’avoir été un des initiateurs du Collectif Démocratie et Liberté ? Le CDL, qui regroupe trente quatre associations locales, mouvements des droits de l’homme et partis de gauche (Le site du CDL, « Pour un Paris sans caméras de surveillance » ICI), s’oppose depuis 2009 à la vidéosurveillance à Paris.

Sans avoir été jamais entendu, en particulier par le maire de la capitale camouflé derrière sa « vidéo-tranquillité ». Aujourd’hui, Jacques, depuis trois ans dans le XIIe, le dit comme ça : « Maintenant quand je descends dans mon quartier, j’ai l’impression de ne plus être en sécurité, d’être observé, ça me bouffe ma liberté. »

« C’est une dépense publique inefficace, tout cet argent pourrait être utile ailleurs », regrette Philippe, de la Commune libre. Si aucune étude n’a jamais démontré la moindre efficacité de la vidéosurveillance dans la lutte contre la délinquance et la criminalité, tout au contraire (lire article de ce blog sur la vidéosurveillance à Paris ICI et visionner le film de propagande pour la vidéosurveillance, en 1947 ! ICI), la seule chose qui est certaine c’est qu’elle est par contre à but très lucratif.

Qu’on en juge : « 1 caméra panoramique + 1 poteau = 119 500 euros ; 1200 caméras + 1200 poteaux = 143 400 000 euros sur 15 ans ». Sans compter les frais de personnel. Et Philippe de conclure : « En fait les politiques dépensent notre argent là dedans pour pouvoir dire qu’ils ont agit contre l’insécurité »

Du mardi au dimanche, le marché d'Aligre brasse des milliers de personnes.Du mardi au dimanche, le marché d’Aligre brasse des milliers de personnes.

Le fait est que le choix de développer la vidéosurveillance dans la capitale est allé de pair avec des coupes claires dans les subventions aux associations, lesquelles, à l’instar de la Commune libre d’Aligre qui doit toujours se battre pour obtenir trois francs six sous, ont de plus en plus de mal à survivre. Surveillance policière généralisée ou développement des liens sociaux, le choix est clair et c’est un choix politique.

Dans le quartier d’Aligre, comme dans bien d’autres endroits en France, les représentants politiques, de gauche et de droite, ont un rapport pour le moins ambivalent avec le mouvement associatif. Selon qu’ils contrôlent ou non les associations, leur attitude balance entre une bienveillance agacée et une hostilité sans fard, l’argent public allant de préférence aux plus dociles...

Et, bien sûr, c’est un pur hasard si la caméra de vidéosurveillance de la place d’Aligre est idéalement placée à l’endroit du marché où les yeux inquisiteurs de la police pourraient, par mégarde, confortablement épier et ficher les militants politiques et associatifs qui y diffusent très régulièrement leurs tracts, tiennent des tables et discutent avec les citoyens.


AJOUT (mardi 29 mai, 17h30) : la Commune libre d ’Aligre a reçu ce matin, et donc au lendemain de l’« inauguration » de la caméra, un coup de téléphone de la préfecture de Paris l’informant que son projet de concert devant le café pour la fête de la musique avait obtenu un avis défavorable du commissariat du XIIe et n’était donc pas autorisé. Prétexte : trop de concerts dans le même secteur...

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean...


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Facebook Twitter
DAZIBAO
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
1 commentaire
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite
Mise à jour : réfugiés italiens sept sur dix sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Oreste Scalzone
* Sur les sept personnes arrêtées hier matin à l’aube, libérées de prison et remises en « caution » sous contrôle judiciaire : Roberta Cappelli, Narciso Manenti, Marina Petrella, Giorgio Pietrostefani, Sergio Tornaghi. ** Des deux Compagnons constitués ce matin, l’audience pour « statuer » sur la demande de libération de Luigi Bergamin a été fixée à 18 heures, et il est fort probable qu’elle ait eu le même résultat. Les « demandes » formulées par l’avocate Irène (...)
Lire la suite
On avance… Marina Petrella et Roberta Cappelli sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Dominique Grange
Nous fêtons ce soir une libération qui nous fait chaud au coeur à tou.te.s, celle de nos deux camarades MARINA PETRELLA et ROBERTA CAPPELLI qui sont désormais dehors, sous contrôle judiciaire ! Mais n’oublions pas les six autres toujours détenus... Continuons à nous mobiliser per liberare tutti...pour les libérer tous ! Rejoindre notre groupe FB tu es le bienvenu ✊ (...)
Lire la suite
LIBERARE TUTTI (audio)
mercredi 28 avril
de Dominique Grange
1 commentaire
A Roberta Capelli, Marina Petrella, Enzo Calvitti, Giovanni Almonti, Sergio Tornaghi, Narciso Manenti, Giorgio Pietrostefani. En 2003, j’ai écrit cette chanson "DROIT D’ASILE", suite à l’enlèvement d’un militant italien exilé en France, Paolo Persichetti, et à son extradition, puis son incarcération en Italie. Je l’ai ensuite dédiée à Cesare Battisti, alors emprisonné au Brésil, à Marina Petrella, arrêtée en 2007 et emprisonnée en France, en attente (...)
Lire la suite
REVIREMENT INQUIÉTANT DE LA FRANCE POUR LES RÉFUGIÉS ITALIENS
mercredi 28 avril
de La LDH
Communiqué LDH A l’inverse de ce que la présidence de la République soutient, la décision de François Mitterrand, exprimée lors du congrès de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en 1985, de ne pas extrader les réfugiés italiens en France n’excluait aucun de ceux-ci. Il est regrettable qu’en violation de toute éthique le président de la République ait décidé de revenir sur les engagements de la République. S’en prendre à des femmes et des hommes qui vivent (...)
Lire la suite
Une trahison indicible de la France
mercredi 28 avril
de Collectif Bellaciao
3 commentaires
28 avril 2021 : 7 réfugiés politiques italiens arrêtés à Paris : Enzo Calvitti, Giovanni Alimonti, Roberta Cappelli, Marina Petrella, Sergio Tornaghi, Giorgio Pietrostefani, Narciso Manenti, trois recherchaient Luigi Bergamin, Maurizio Di Marzio et Raffaele Ventura. Tous accusés d’actes de terrorisme dans les années 70 et 80. Macron heureux : "Je résolu ce problème comme l’Italie le demande depuis des années" Draghi heureux : "Le gouvernement se déclare satisfait de la (...)
Lire la suite
21 avril 1961 - 21 avril 2021 le rêve du « putsch des généraux »...
mercredi 28 avril
de Roberto Ferrario
2 commentaires
A propos de « la tribune des généraux » les signatures on été récolté par Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes et ancien responsable du service d’ordre du Front national entre 1993 et 1994, qui avait initialement publié le texte le 13 avril dernier ou des signatures continuent à être comptabilisés, 30 généraux étaient dénombrés et 2500 militaires étaient au total recensés ce mardi. Après ca le 21 avril la tribune à été publié sur Valeurs (...)
Lire la suite