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Liberté pour Georges Abdallah et tous les prisonniers !


de : jean clément
vendredi 20 mars 2020 - 13h02 - Signaler aux modérateurs

Georges Abdallah, le combat de toute une vie !

Georges Abdallah est… un militant communiste, résistant de la cause palestinienne emprisonné à Lannemezan et incarcéré en France depuis 1984 pour des actions de résistance antisioniste et anti-impérialiste. Encore aujourd’hui, il représente une résistance qui se bat dans cette lutte de libération nationale en Palestine, pour l’instauration d’un seul État arabe, laïc et démocratique.

Le 24 octobre 2019, Georges Abdallah est entré dans sa 36e année de détention. Un extrait d’une déclaration de la DST (la police politique française) adressé, en 1999, directement aux juges, illustre bien les raisons pour lesquelles l’État français utilise tous les prétextes pour le maintenir en prison :

« Personnalité emblématique de la lutte antisioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un événement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans une lutte révolutionnaire. » Non seulement, il le sera mais il l’est déjà aujourd’hui de par le combat qui est le sien et le nôtre : un combat auquel il n’a jamais renoncé, contre l’impérialisme, le sionisme et pour la libération totale de la Palestine.

Georges Abdallah est un des symboles de la résistance et de la libération de son peuple et il concentre en lui-même l’ensemble de nos luttes politiques. Il est de nos luttes et nous sommes de son combat, et pour nous, s’il est un état d’urgence à décréter, c’est bien celui de la libération d’Abdallah !

Le combat pour la Palestine

Pour Georges Abdallah, comme pour nous, le combat pour la libération de la Palestine est une cause centrale qui concentre en elle-même toutes les luttes : la lutte anti-coloniale, la lutte anti-impérialiste, anticapitaliste et celle contre les États réactionnaires arabes.

Aujourd’hui, en Palestine, est clairement affirmée la « casse du siècle » lancée par Trump et ses alliés sionistes et sous couvert des États réactionnaires arabes pour liquider définitivement le mouvement de libération national palestinien, liquider sa cause et ses droits justes et légitimes. Ce « deal » est le dernier maillon d’un vaste plan qui vise, depuis des décennies, à anéantir par tous les moyens le peuple palestinien. Ainsi, pas un jour ne passe sans que l’on soit témoin de l’acharnement de l’entité sioniste à vouloir exterminer le peuple palestinien et liquider sa cause juste et légitime : le droit collectif au retour des Palestiniens sur leur terre occupée et colonisée est toujours nié ; les assassinats se poursuivent, avec des moyens de guerre, contre des manifestants sans armes ; les exécutions sommaires sont quotidiennes, les emprisonnements sont massifs et touchent toutes les couches de la population. Ghazza/Gaza est non seulement sous blocus depuis plus de 13 ans mais est aussi sous le feu des bombardements chaque soir. Toute forme de vie politique, économique et sociale « normale » est rendue impossible. On ne compte plus les destructions de villages, de plantations, d’écoles, les confiscations des biens et des terres alors que parallèlement, toute construction de logements pour les Palestiniens est strictement interdite. S’ajoute à tout cela la modification illégale du statut d’El Qods Jérusalem imposée comme capitale du prétendu « État juif » sioniste.

Cela est rendu possible, comme toujours, par le soutien actif et inconditionnel sur le plan politique, diplomatique et militaire, des pays impérialistes nommés cyniquement « communauté internationale » et au vu et au su de tous.

Mais pas un jour ne passe non plus sans que s’élèvent les voix de la résistance palestinienne que l’entité sioniste, malgré tous les moyens qui sont les siens, ne parvient pas à faire plier ni à soumettre ; et ce pour une vérité fondamentale que ne cesse de rappeler Georges Abdallah et nous tous, ses camarades - une vérité que la longue histoire et les expériences des luttes de libération nationale nous ont déjà apprise : la force de ces luttes est dans la légitimité et la légalité de leur cause ! Ainsi malgré la répression féroce déployée, force est de constater que la résistance du peuple palestinien s’est poursuivie et se poursuit encore aujourd’hui, toujours plus héroïque et sur tous les fronts.

Il nous appartient de soutenir et de populariser cette résistance, sous toutes ses formes y compris la résistance armée, et notamment auprès des couches et des quartiers populaires.

Tout comme il nous revient de démasquer, sur le terrain idéologique et politique, les mécanismes de propagande que déploie l’entité sioniste en permanence pour justifier l’injustifiable et victimiser le bourreau, que ce soit à travers : • la prétendue nécessité de la création d’un « État juif » pour légaliser l’existence d’un prétendu peuple juif et se doter d’un droit de combattre pour une nation juive, quitte à exterminer pour cela tout un peuple. • la soi-disant nécessaire normalisation des relations de l’entité sioniste avec les États réactionnaires arabes et avec le maximum de pays dans le monde, pour faire reconnaître l’existence d’un État qui n’en est pas un mais qui est bien une Colonie au service des intérêts impérialistes, et pour banaliser l’occupation de toute la Palestine. • la mise en équivalence du sionisme et du judaïsme pour diaboliser et criminaliser toute forme de résistance populaire antisioniste, anti-colonialiste, anti-impérialiste et anti-capitaliste en la faisant passer pour antisémite. • Enfin par l’appellation de « conflit » israélo-palestinien pour désigner une réalité qui n’est, en vérité, qu’une guerre coloniale d’invasion d’un territoire et d’extermination d’un peuple sans armes, à qui on refuse le droit de se défendre.

Plus que par solidarité humanitaire ou du fait du seul respect du droit et de la justice (laquelle, en dernier ressort, est celle du capital comme l’a si bien analysé Georges Abdallah), nous devons considérer la résistance du peuple palestinien comme notre propre combat et c’est ce soutien que notre camarade Georges Abdallah - après l’avoir mené de manière active – continue à exprimer à chacune de ses interventions et que nous portons avec lui.

Contre l’impérialisme

Georges Abdallah durant toute sa vie a aussi lutté et lutte encore contre l’impérialisme et les guerres faites aux peuples, et en cela il est aussi pleinement de nos luttes. Nombreuses sont les occasions de se mobiliser pour dénoncer et condamner cet impérialisme, que ce soit :
  contre les guerres menées contre les peuples et nations opprimées de Syrie, du Yémen, en Libye, en Irak, en Afrique et ailleurs, dans le seul but réel de piller ces terres et de dominer ces régions en imposant une stratégie du chaos.
  contre les colonisations qui perdurent
  contre les conséquences désastreuses de ces guerres sur les populations en proie à la misère, à la famine, aux génocides et poussées malgré elles au départ et à l’exil
  ou encore pour dénoncer les guerres économiques qui appauvrissent des États nations afin de les mettre sous le joug des puissances impérialistes – soit par le biais de sanctions ou de blocus, soit à travers les directives de leurs Institutions financières et politiques telles que le FMI, la Banque mondiale, etc.

L’impérialisme français est un acteur central de ce repartage inique du monde sous couvert de la lutte contre « le terrorisme » ou encore de la défense des valeurs de la « démocratie » » et de « droits de l’Homme ». En réalité, l’État français déploie jour après jour tout son arsenal de guerre pour asseoir son hégémonie et préserver ses intérêts principalement en Afrique et au Moyen-Orient et en cela, il est un maillon essentiel dans ce système d’exploitation et de domination des peuples que nous devons démasquer et dénoncer à chaque occasion comme le fait notre camarade Georges Abdallah, pour lui opposer le droit fondamental des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes.

En soutien aux luttes en France

Guerres contre les peuples et nations opprimés du monde mais que l’on retrouve aussi en France dans la guerre sociale, économique et politique que mène l’État français contre les couches populaires et le prolétariat en particulier. Il n’y a pas un jour sans que l’État n’abatte une carte pour mettre en pièces tous les acquis sociaux gagnés par les résistances populaires passées et détruire tous les services publics que sont l’éducation, la santé, la poste… Il n’y a pas un jour sans que l’État n’impose sa politique d’exclusion - scolaire, économique, sociale – et pratique son racisme d’État effréné contre les quartiers populaires, toujours aux premières loges des violences policières.

La lutte des classes est de plus en plus aiguë, dans tous les secteurs, sur des temps de plus en plus longs et dans une confrontation désormais ouverte et violente contre les forces armées de cet État bourgeois. Les manifestations, grèves, blocages se multiplient pour défendre les acquis sociaux, les salaires, les services publics, les retraites, …. Et la révolte des « gilets jaunes » s’inscrit bien dans cette colère contre la politique anti-populaire, antisociale et antidémocratique de l’État au service des seuls intérêts du grand capital.

Guerre sociale qui se note aussi à travers la criminalisation et la répression (jusque-là déjà bien implantées dans les quartiers populaires, en particulier contre la jeunesse avec les interventions de la Bac ou de l’armée) de ces mouvements de résistance : les manifestants ne sont plus seulement nassés mais deviennent des cibles de tirs en tous genres, tout comme le sont également les militants et les représentants syndicaux ; dans le seul but d’empêcher toute forme d’organisation de la protestation contre ce plan de liquidation économique et sociale.

Du fait de la loi sur l’état d’urgence synonyme aussi de perquisitions à toute heure, d’assignations à résidence, de répression préventive, de mise en garde à vue en masse, de comparutions immédiates, de justice expéditive de classe, de fichage et de flicage à outrance, de contrôles au faciès généralisés, cette violence d’État institutionnalisée est devenue une normalité qu’ils veulent imposer et que nous combattons.

Enfin, comprenons bien qu’une autre arme dont use le pouvoir en ce sens est aussi celle de l’islamophobie pour dévier la haine de classe et orienter le mécontentement populaire contre une fraction de la population française : les étrangers, les immigrés, les réfugiés, les sans-papiers, et en fin de compte diviser les exploités et unir les exploiteurs. Il s’agit toujours de la même tactique : diviser pour mieux opprimer, réprimer et exploiter sans entrave. Face à un tel État répressif et liberticide, un seul mot d’ordre se doit d’être opposé : celui du droit juste et légitime à se révolter, à agir et à s’unir dans l’action pour faire converger les résistances dans la diversité de leurs expressions et c’est ce terreau qui unit aussi nos luttes à celle de Georges Abdallah.

Georges Abdallah est en prison pour la lutte politique qui a été la sienne, pour les idées et les idéaux que nous venons de rappeler et qu’il n’a eu de cesse de proclamer et de ne jamais renier. Sa résistance s’inscrit pleinement dans celle de tous ceux qui combattent aujourd’hui l’impérialisme, le sionisme, le système capitaliste et qui rejettent sa domination sur la société et sur les peuples. C’est pour ses idées d’émancipation que Georges Abdallah s’est engagé dans la lutte. C’est pour ces idées et son combat révolutionnaire qu’il est encore détenu aujourd’hui, que nous le soutenons et que nous exigeons sa libération immédiate et sans condition !

Pour ce faire, a été créée en 2015 une campagne unitaire qui tout en regroupant en son sein plusieurs organisations et militants luttant pour la Palestine et pour les prisonniers politiques révolutionnaires, a eu pour vocation de chercher à coordonner toutes les forces engagées pour la libération de Georges Abdallah et à intensifier la mobilisation afin d’accentuer encore davantage le rapport de force en faveur de notre camarade et d’imposer par-là sa libération.

Le travail de la campagne unitaire s’inscrit dans l’actualité des luttes, semaine après semaine, et il s’organise aussi autour des temps forts mobilisateurs : en février par des meetings à Paris (comme cela a été le cas en 2017 et en 2019), en mars et avril par des rassemblements lors de la journée des prisonniers politiques (18 mars), pour la journée de la Terre (30 mars) et lors de la journée internationale des prisonniers Palestiniens (17 avril) ; en mai lors du défilé du 1er mai ; en juin avec l’organisation d’une manifestation nationale à Paris (pour la 5ème fois cette année, le 20 juin 2020), organisée aussi à l’occasion de la journée internationale des prisonniers révolutionnaires ; en septembre par une manifestation au sein de la fête de l’Humanité et en octobre par la manifestation à Lannemezan, devant la prison où notre camarade est détenu. Cette campagne unitaire travaille sur un plan régional, national et a désormais aussi de nombreux relais sur le plan international.

Les initiatives pour clamer la justesse du combat de notre camarade ne cessent de fleurir ici et là et l’organisation de cette journée, que nous saluons avec force, dans le cadre du mois anti-impérialiste, organisé par le GRC et le Cri rouge, en est une nouvelle preuve et participe à démontrer la justesse d’un mot d’ordre cher à Georges Abdallah : « c’est ensemble, camarades, et seulement ensemble que nous vaincrons ! ».

Intensifions et coordonnons nos luttes pour exiger et imposer la libération de notre camarade !

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens et tous les prisonniers révolutionnaires !

Vive la résistance palestinienne !

Vive la résistance des peuples !

A bas le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme et les États réactionnaires arabes !

Pour la campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah Paris le 15/03/2020

Pour rappel : Georges Abdallah, un prisonnier d’exception !

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais qui, au sein de son organisation, les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), a lutté contre les criminels impérialistes et leurs alliés sionistes.

Il s’est engagé dès la fin des années soixante dans la résistance palestinienne et libanaise contre la colonisation et l’occupation sionistes.

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il est condamné à 4 ans de prison, puis en 1987 à la réclusion à perpétuité par un tribunal spécial, pour complicité dans l’exécution d’un agent des services secrets israéliens et d’un attaché militaire états-unien sans preuves tangibles.

Le montage policier et judiciaire qui a permis sa condamnation a depuis été dénoncé par de hauts personnages de l’État.

En 2003, la juridiction de Pau autorise sa libération, mais sur ordre du ministre de la Justice suite à une intervention des États-Unis, l’appel du procureur général fait annuler cette décision.

En 2009, la cour d’appel rejette une nouvelle fois une demande de libération conditionnelle.

En 2012, Georges Abdallah dépose une nouvelle demande de libération. Lors d’une visite officielle en France, le premier ministre libanais réaffirme l’accord de son pays pour le retour de Georges Abdallah.

En novembre 2012, le tribunal d’application des peines donne un avis favorable à sa libération, en l’attente d’un arrêté d’expulsion… que Valls, ministre de l’Intérieur, refuse de signer. Le 4 avril 2013, après trois ajournements, deux appels et un recours en cassation, la demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah est déclarée irrecevable.

Le 5 novembre 2014, une nouvelle demande de libération est déclarée "irrecevable" au motif qu’il n’avait pas fait préalablement l’objet d’un arrêté d’expulsion. La cour d’appel confirme ce jugement le 26 février 2015. Sa peine de sûreté étant accomplie depuis 1999, Georges Abdallah est pourtant libérable depuis 21 ans.

La justice française, aux ordres d’un gouvernement soucieux de préserver les intérêts impérialistes français au Moyen-Orient, maintient Georges Ibrahim Abdallah en prison depuis 36 ans. Aujourd’hui, il est le plus ancien prisonnier politique en Europe.



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