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Antonio Negri et Michael Hard, les mécanos de la Sociale
par Pierre Bance
Publie le samedi 2 mars 2013 par Pierre Bance - Open-Publishing3 commentaires
Le monde vit une période de transition. Le capitalisme national industriel lié au salariat décline alors que se développe un nouveau capitalisme mondial fondé sur le travail cognitif et la précarité. Le pouvoir des États-nations s’affaiblit, le multilatéralisme a disparu et le coup d’État des États-Unis pour dominer la planète a échoué. Pendant ce temps, l’Empire se construit inexorablement tout en travaillant à sa perte. Dans ce monde en mutation, la multitude des singularités s’organise sans pouvoir dirigeant, lutte pour libérer le commun approprié et marchandisé par le capital, pour renverser l’Empire et imaginer un monde nouveau où la « démocratie absolue » remplacera la république de la propriété. Telle est la teneur des travaux de Michael Hardt et Antonio Negri. Autant dire que ceux qui aspirent à une convergence révolutionnaire ont là, matière à réflexion car, à leur manière, Hardt et Negri imaginent une convergence excentrique – l’oxymore pourrait leur plaire. Ce qui, peut-être, leur plaira moins, car ils conservent des traces du sectarisme marxiste de leur jeunesse, sera de dire que, souvent, ils font du syndicalisme révolutionnaire sans le savoir.
Une lecture militante pour faciliter l’accès à la somme des 1500 pages de la trilogie : Empire (2000), Multitude (2004), Commun (2009, 2012 pour l’édition française), est ici proposée en huit séquences :
– Capitalisme cognitif et production biopolitique ;
– Penser le commun pour le communisme ;
– L’Empire, parfait biopouvoir ;
– La multitude, forge de la révolution ;
– Parallélisme syndicaliste révolutionnaire ;
– L’organisation multitudinaire ;
– Une transition à durée indéterminée ; – Une contribution à la convergence.
Deux approches sont possibles. Le texte est rédigé pour être lu sans être obligé de se reporter aux notes, lesquelles, pour une réflexion plus approfondie, donneront les références, des compléments et des approfondissements.
Lire l’étude de Pierre Bance sur le site un Autre futur, espace d’échanges ouvert à toutes les composantes anti-autoritaires, autogestionnaires et libertaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire :
http://www.autrefutur.net/Antonio-Negri-et-Michael-Hardt-les







Messages
1. Antonio Negri et Michael Hard, les mécanos de la Sociale, 2 mars 2013, 12:09
La "multitude des singularités" ?
Chacune des "singularités" a la meme décision à prendre , vis-à-vis du même oppresseur, le capital : refuser le salariat et mourir dans la misère, ou bien accepter le salariat et subir l’exploitation.
Où est la singularité du salarié ? où est la singularité du chômeur ?
2. Antonio Negri et Michael Hard, les mécanos de la Sociale, 2 mars 2013, 15:36, par Copas
Enfin ceux qui font du sectarisme marxiste sans le savoir ont quand même soutenu des agressions comme le TCE au motif que cela accélérait le processus engagé d’unification des multitudes prolétariennes...
Donc quelques pistes bien flairées sur l’évolution de la société, la poussée mondiale numérique d’un prolétariat formé, communicant, précaire, et la poussée d’un capitalisme mondial, etc...
Mais rien pour rompre et au contraire suivisme des plans de la bourgeoisie.
Dit comme ça de façon caricaturale.
3. Antonio Negri et Michael Hard, les mécanos de la Sociale, 2 mars 2013, 17:45, par V13
Et pour une approche moins enthousiaste, on lira aussi avec profit Les habits neufs de l’empire, de Jappe et Kurz.