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Apartheid scolaire à Ris-Orangis ?
par Le MRAP
Publie le mardi 29 janvier 2013 par Le MRAP - Open-Publishing2 commentaires
Le MRAP s’indigne de la tentative du Maire de Ris-Orangis de
contourner la loi française sur l’ obligation scolaire en mettant en place
une classe spéciale pour les enfants Roms résidant sur le territoire de sa
commune. Par cet acte, le maire réinvente une forme inacceptable d’
"apartheid" à la française.
Le MRAP s’étonne du fait que l’ inspection académique de l’ Essonne
ait prêté son concours à une telle opération en détachant le personnel
enseignant nécessaire.
Le MRAP exige que la loi sur la scolarité soit respectée, et demande
au Préfet de l’ Essonne et au recteur d’académie, d’user de leur pouvoir,
afin que les enfants Roms puissent intégrer une classe normale (celle
correspondant à leur classe d’âge) , en procédant si nécessaire à l’
ouverture d’une classe CLIN.





Messages
1. Apartheid scolaire à Ris-Orangis ?, 29 janvier 2013, 17:36, par Pierre
Mais les classes CLIN ne font-elles pas partie elles aussi des classes spéciales qui s’adressent à des jeunes en difficultés scolaires ? Et puis ne nous leurrons pas de mots (maux), nous ne pouvons pas constater d’un côté que ceux qui constituent ces jeunes en difficultés scolaires sont issus des milieux pauvres et/ou immigré et demander à ce que quelque chose soit fait et, de l’autre côté, crier au "racisme" ou à "l’apartheid" quand il y a tentative de faire. Je ne comprends pas trop la réaction du MRAP sur ce coup là ; est-ce par pur idéologisme poussé à l’extrême ? ("tout ce qui différencie est stigmatisant et donc doit être combattu même si ce n’est que pour tenir compte de la réalité de façon à être plus éfficace". Dans ce cas il va falloir supprimer les associations d’aide aux devoirs qui essaient de remettre à niveau des élèves en difficultés, compte tenu de l’origine ethnique des élèves dans certaines banlieues ???).
1. Apartheid scolaire à Ris-Orangis ?, 29 janvier 2013, 20:17, par Paco NPA
Ci dessous un copier/coller d’un commentaire écrit hier sur un cas comparable :
"La vingtaine d’enfants est encadrée par une seule maîtresse. Le plus jeune à 6 ans, le plus âgé 12 ans. Les niveaux scolaires sont donc très différents. Certains sont scolarisés depuis longtemps et parlent bien le français, d’autres viennent d’arriver et ne parlent pas un mot de français. On se demande bien ce que peut faire l’enseignante à part s’arracher les cheveux."
Il y a aussi un problème du côté de l’Education Nationale.
Ces enfants semblent scolarisés dans une classe "CLIN" (classe d’intégration).
Or cette structure est destinée (dans les textes EN) aux non-francophones.
Les enfants roms qui parlent le français n’ont rien à y faire et devraient être scolarisés dans des classes dites "banales" avec des élèves de leur tranche d’âge (ou un an de retard si redoublement) avec des dispositifs d’aides scolaires si nécessaire (mais pas du type non-francophone).
Pour ceux scolarisés en CLIN, les textes indiquent qu’il ne s’agit pas d’une structure "fermée" mais qu’au contraire ses élèves doivent être "intégrés" de façon importante (en volume horaire) dans des classes "banales".
Ce qui est logique. On apprend d’autant mieux le français que l’on est en situation d’échanges verbaux formels ou informels avec des francophones (à l’occasion de séances de sport, de musique, de dessin voire de maths, etc...)
Sans parler des échanges entre enfants lors des récréations.
Outre son caractère odieux, la solution retenue ne tient pas la route du point de vue de ses objectifs affichés...
Tu te trompes Pierre et le MRAP a raison.
Une classe "réservée" aux enfants roms est bien une forme d’apartheid.
Soit ils parlent le français et leur place est dans une classe "banale" (avec éventuellement des dispositifs de soutien scolaire).
Soit une partie ne parle pas le français et il faut créer une CLIN (pour non francophones).
Attention au piège de confondre non-francophone et difficulté scolaire "classique". Un petit chinois brillant scolairement en Chine sera à la ramasse dans une école française. Non pour difficultés scolaires mais pour non maîtrise d’une langue pour lui étrangère. Comme un lecteur de Bc parachuté en chine... D’où le dispositif CLIN.
Attention aussi au mot "ethnique". le problème est l’origine sociale et culturelle. Un gamin dont le milieu familial et social maîtrise 400 mots dans sa langue d’origine, sans aide particulière et plongé dans une "cité" paupérisée finira par parler un français de... 400 mots...
J’ai connu un réfugié politique turc, universitaire dans son pays, et son gamin.
En deux ans son gamin est devenu "the best" de l’école et son père avait acquis un meilleur français que la moyenne des... enseignants...
Pourtant... "ethniquement"...
paco