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Chronique provinciale de la cuisine anticapitaliste du Front de gauche ...
par Antoine (Montpellier)
Publie le vendredi 11 janvier 2013 par Antoine (Montpellier) - Open-Publishing3 commentaires
Alors que tous les regards se portent sur les jeux médiatiques mélenchono-cahuzesques à qui perd gagne (ou l’inverse), il vaut la peine de faire un détour dans le quotidien du microcosme local où paradoxalement se dessinent parfois mieux des données politiques à portée nationale (le rapport du Front de Gauche au Parti Socialiste pour ne prendre que cet exemple).
Profondeur politique de la France profonde, en l’occurrence de Montpellier, ce petit laboratoire des arrangements politiciens entre la droite et l’extrême droite (du temps du petit père Blanc), entre le frêchisme et l’extrême droite ou le Parti Communiste. Aujourd’hui toujours entre le Parti Communiste et les héritiers socialistes du "grand Georges F" sans oublier le Modem. Mais désormais sur fond d’engagement radical du premier dans le Front de Gauche, lequel - il faut suivre ! - déclare ne pas vouloir d’allaince avec le second, encore moins avec le troisième... Pour corser le plat, ce Front de Gauche, emmené par un très proche compagnon de Jean-Luc Mélenchon (René Revol du PG, au centre de la photo ci-dessous), a été rejoint par les anticapitalistes de GA pour combattre le libéralisme mais aussi "enfoncer" le social-libéralisme dont on n’aura pas déjà oublié qu’il est pourtant l’allié des camarades communistes-qui-sont-le-grand-partenaire-du Front-de-Gauche (retour de la boucle des petites et grandes dérives sur elle-même) ...
Vous l’aurez compris, Montpellier est une cuisine politicienne assez unique - insipide selon les uns, épicée pour d’autres - où les "affrontements" goûteux à la sauce cahuzo-mélenchonienne du plateau de Mots croisés perdent beaucoup de leur subtilité mais révèlent leur essence ! Une petite incursion, à première vue anecdotique, dans un rassemblement des salariés du Virgin de la ville mobilisés contre la liquidation de leur enseigne, aura permis de le vérifier aux dépens des maîtres cuistots, quelque peu manchots, de Gauche Anticapitaliste 34.
GA 34 mise au supplice de la parole tronquée...
Dérisoire...
La vision, par omission, de la solidarité avec les Virgin Montpellier chez Gauche Anticapitaliste (GA)
La direction de GA 34 (représentée par son porte-parole à droite sur cette photo de rentrée du FdG) a visiblement voulu jouer au plus fin dans le compte rendu sur son blog de la mobilisation hier des Virgin de Montpellier en se réjouissant de la présence à ce rassemblement de représentants du Front de Gauche tout en ciblant méchamment le PS et EELV : "Une délégation (PG, PC et GA) du Front de Gauche était présente et a apporté son soutien aux grévistes. Notre camarade Francis Viguié s’est retrouvé le seul élu du conseil municipal à être présent. Ce soutien a rencontré peu de succès auprès du PS : aucun représentant présent, le Maire et des élus PS absents tout comme les députés PS ou EELV."
Le seul élu du conseil municipal...
Mais voilà, au petit jeu de la polémique politicienne envers le PS et EELV, tel est pris qui croyait prendre. En effet, le juste regret manifesté que les élus du PS à la mairie ou les députés socialistes et EELV n’aient pas fait le déplacement de solidarité, épargne, en catimini, sans les mentionner, et en usant du leurre de la présence de la délégation du Front de Gauche, les élus de ce dernier pourtant également absents (par exemple Michel Passet, à gauche sur la photo). Absents et pratiquant avec zèle une tout autre solidarité, contradictoire avec celle que défend GA auprès des Virgin : la solidarité de gestion avec les socialistes, en mairie comme d’ailleurs à la région !
Depuis leur entrée au Front de Gauche 34, cela est devenu décidément une seconde nature chez ces anticapitalistes d’ajuster "serrés" leurs discours et prises de position afin de faire oublier, comme ici, que, dans leur coalition il y en a, et pas des moindres, puisqu’il s’agit des élus, qui préfèrent, à l’occasion, rester au chaud avec leurs camarades du PS au lieu de battre la pavé avec des salariés en grève. Et, qui sait, de risquer ainsi de gêner les manoeuvres municipales qui, en accointance avec l’homme d’affaires Marcel Salerno, détenteur du bail des locaux de Virgin, viseraient à apporter une réponse toute commerciale et social-libérale à la disparition de cette enseigne !
Francis Viguié en vient à jouer une carte biaisée : celle de l’anticapitalisme du temps où il était au NPA et où, comme hier auprès des Virgin, il se dépensait sans compter pour porter le fier soutien npaesque aux grévistes, mais cette carte est désormais rebattue dans une diplomatie feutrée, sur le mode de l’arbre de l’anticapitalisme qui doit cacher la forêt des alliances institutionnelles du grand frère du Front de Gauche avec le PS !
GA 34, d’une implacable sévérité, on le voit à cette occasion, envers le PS (et EELV), s’interdit de mettre le doigt "là où ça fait mal", du côté de ces alliés dudit PS qui sont installés au coeur même, en tant que son parti le plus important, du Front de Gauche...lequel pourtant soumet à longueur de discours le social-libéralisme à une volée de bois vert... ! On conviendra aisément qu’il y a position politique anticapitaliste plus confortable et moins contorsionnée !
Dans ce déséquilibre permanent tant bien que mal occulté par des jeux de discours tronqués, la dénonciation que fait GA du parti social-libéral et la clarté de son soutien aux grévistes de Virgin en deviennent assez bancals... Surtout si l’on précise, par déontologie politique, que, oui, Francis Viguié était bien, même si GA 34 ne veut pas que cela se sache, le seul élu montpelliérain du Front de Gauche (1) à apporter hier un soutien direct aux Virgin ... !
Le NPA, quant à lui, était tout logiquement représenté par sa porte-parole départementale, Martine Granier, qui a pu rédiger le compte rendu de la mobilisation des salariés de Virgin sans avoir à procéder à de périlleux jeux de rééquilibrages et de silence...
(1) mais un élu d’un Front de Gauche paradoxalement fictif ! Cette "affaire" met en effet en évidence que le Front de Gauche 34, contrairement au postulat qu’il incarnerait l’alternative populaire, la seule, en tous lieux (la rue et les institutions), n’existe tout bonnement pas à la mairie de Montpellier. Mais GA, cherchant à jouer du label Front de Gauche alors qu’il est inopérant municipalement parlant, ne parvient pas à énoncer cette inexistence "clandestine" comme une anomalie à corriger, tellement est contradictoire et malaisée à défendre publiquement la double stratégie municipale (unitaire avec le PS/indépendante du PS) mise en oeuvre par les partis du Front de Gauche concernés. Tellement aussi et surtout le rapport de forces interne à cette coalition lui est défavorable et lui impose la loi "participative" et cogestionnaire des chers camarades communistes. Et lui impose silence sur le sujet. Sans que le Parti de Gauche 34 puisse ou veuille contrebalancer quoi que ce soit
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Point de vue. GA 34 mise au supplice de la parole tronquée...







Messages
1. Chronique provinciale de la cuisine anticapitaliste du Front de gauche ..., 11 janvier 2013, 21:52, par antoine (Montpellier)
Pardon : j’ai oublié de mettre le lien vers le compte rendu par GA 34 du rassemblement des Virgin : c’est ici
1. Chronique provinciale de la cuisine anticapitaliste du Front de gauche ..., 12 janvier 2013, 07:24, par Guillot
Les "sectaires et isolationnistes " du NPA et d’AL sont sollicités par la GA 47 pour constituer une liste aux municipales sans le PCF. En effet, le PCF 47 veut maintenir ses accords avec le PS dans toutes les villes du département ! Puisque le NPA a constitué un collectif avec AL sur ce département : " les anticapitalistes-47", AL propose au NPA une réponse commune a la GA & consorts( GU et PG).
Lorsque les Anticapitalistes- 47 ont interpelé le front de gauche sur leur refus de faire un meeting unitaire contre l’austerite( a la différence de Toulouse, ou il était commun avec Melenchon et Poutou :.2000 personnes), les mêmes avaient répondu que c’était bien pour le front de gauche de faire une apparition autonome.
Aujourd’hui, les anticapitalistes du NPA et d’AL deviennent frequentables aux elections municipales pour essayer d’exister au front de gauche face au PCF.
Mais en dehors des élections municipales, la GA, la GU et le PG n’ont pas besoin des anticapitalistes -47 redevenus "sectaires", puisque le PCF ne leur fait pas des infidélités.
2. Chronique provinciale de la cuisine anticapitaliste du Front de gauche ..., 12 janvier 2013, 13:40, par philippe
Dans le Finistere aussi on prépare les municipales dans la meme ambiance. (L’article du Canard enchaine sur Pierre Laurent est instructif)
Localement a Quimper le dirigeant local a declaré dans la presse que le Pcf (tres affaibli) n’a plus aucun role a jouer, (il est dans le fromage socialiste depuis si longtemps qu’il s’y est dissous !). L’ancien dirigeant de Brest est passe au PS depuis quelques annees déjà. Mais la section du Sud Finistere, dissidente, "FDG" (apres s’être fait un peu prier quand meme) a fini par se presenter avec le NPA aux legislatives. Ca fait desordre, on dirait le NPA !
C’est surement avec les municipales en ligne de mire que l’on s’organise entre partisans du collé serré avec le PS et partisans du Front de gauche. Sans oublier qu’il n’y a pas que le PCF et PG, au FDG : les autres groupes pourraient aussi faire des listes à coté des listes officielles PCF-PG.
Finistère. Du rififi chez les communistes (Le Tél)
10 janvier 2013
Le vent du Front de Gauche souffle sur le PCF du Finistère. La direction est contestée, des militants grognent et le prochain congrès, fin janvier à Châteauneuf-du Faou, s’annonce animé.
Le Parti communiste est à une nouvelle croisée des chemins. Il ne prendra probablement pas le virage des années 80 où le mouvement des rénovateurs avait ébranlé tout l’appareil mais la poussée du Front de Gauche et l’ombre portée de Mélenchon laisse visiblement des traces. Notamment dans le Finistère qui fut l’un des plus remuants à l’époque des rénovateurs. Cette fois encore, c’est de la base que le mouvement est parti avec des mises en cause de la fédération et même de son secrétaire, Éric Le Bour, maire-adjoint de Rosporden et membre du cabinet de Jean-Yves Le Drian à la Région.
« Le bilan creux »
Dans un parti où les prises de position individuelles ne sont pas dans la culture d’expression, c’est par le biais de contributions à ce prochain congrès que la contestation se manifeste. Elle a pris une forme abrupte avec celle venue du sud du département, cosignée par une cinquantaine de militants qui n’hésitent pas à parler du « bilan creux de la direction départementale ». Ils lui reprochent ouvertement d’avoir abandonné le terrain de la lutte pour les coulisses de la cogestion, du moins dans les collectivités où le PCF est encore présent. Au conseil général du Finistère, il ne dispose plus d’aucun des 54 sièges.
« Pas servir la soupe »
Dans les collectivités bretonnes, et notamment au conseil régional, les communistes sont généralement considérés comme des partenaires loyaux dans la gestion des affaires. C’est justement ce que leur reprochent ces militants en estimant que leurs positions sont devenues « strictement compatibles avec celles du Parti socialiste », en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain. Et en prenant cette semaine ses fonctions, la nouvelle direction du PCF de Quimper vient de mettre encore plus les pieds dans le plat en estimant que « les gens attendent autre chose de nous que de servir la soupe ». Bigre !
Blocage au Sénat
Où va maintenant le PCF ? À la tête du parti, quelques tiraillements sont manifestes sur la stratégie à suivre, sous l’influence du remuant Mélenchon. Les sénateurs communistes n’ont d’ailleurs pas hésité, eux, à franchir le Rubicon. Déjà, à deux reprises, ils ont mis le gouvernement en minorité, notamment en ne votant pas le budget. La suite ? On en saura plus lors du prochain congrès à Châteauneuf-du-Faou (les 26-27 janvier) où la base et la direction de la fédération finistérienne vont devoir s’expliquer et clarifier le positionnement du parti, à un an des élections municipales. Et les prochains mois diront si le mouvement amorcé dans le Finistère fait tache d’huile, comme ce fut le cas au temps des rénovateurs.
René Perez