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Comment obtenir une formation en deux mois ?

par CGT chomeurs 56

Publie le jeudi 7 mars 2013 par CGT chomeurs 56 - Open-Publishing
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Comment obtenir une formation en deux mois ?
Hollande vient de l’annoncer, c’est comme si c’était fait :
Un chômeur sur deux va se voir proposer une formation au bout de deux mois.
Et tout chômeur aura eu une proposition de formation au bout de six mois.
Super !
Au fait, une formation pour quoi ?
Une formation bidon de quelques semaines qui débouchera sur un contrat précaire, une mission interim ou un contrat aidé précaire lui aussi ?
Ou bien une formation qualifiante ou diplômante de plusieurs mois, qui débouchera sur un titre professionnel ou un diplôme, et qui garantira un salaire supérieur au SMIC temps plein, selon la convention collective, en CDI ?

On peut le dire tout net : Le plan communication de Hollande marche à plein tube, mais il ne faut pas s’attendre à grand chose au bout !

1 - C’est impossible d’ envoyer en même temps les 6 millions de personnes privées d’emploi ou en sous-emploi en formation qualifiante. Il faudrait des années pour y arriver

2 - Il faut plusieurs mois pour valider un projet professionnel. Et le calendrier des formations qualifiantes n’est pas toujours compatible avec le moment où le salarié est prêt à entrer en formation.

3 - La majorité des salariés privés d’emploi inscrits au Pôle emploi sont surqualifiés. Le gros problème en France ce n’est pas le manque de qualification, mais le manque de débouchés pour les salariés : La majorité des emplois sont sous-payés, beaucoup de temps partiel subis et de contrats courts.

4 - L’alternance (contrats d’apprentissage, ou contrats de professionnalisation) n’est bien souvent qu’une aubaine pour les employeurs. Les employeurs touchent beaucoup d’aides de l’Etat pour embaucher pendant quelques mois des jeunes de moins de 26 ans, payés en dessous du SMIC.
Exemple : La grande distribution et le commerce, de vrais chasseurs de prime.
Ils abusent carrément du système. Ils embauchent, payent des clopinettes des travailleurs plein de bonne volonté, ils les virent pour en embaucher d’autres, les payent des clopinettes, les virent...
...Pendant ce temps-là, le chômage baisse ! Mais ni la misère, ni la précarité, ni l’angoisse du lendemain, eux, ne disparaîssent...

5 - Le "plan Hollande de la formation" va encore oublier les personnes non inscrites au Pôle emploi : Les personnes qui n’ont aucun diplôme, voire qui ont des difficultés avec les savoirs fondamentaux (lire-écrire-compter). Alors qu’il est indispensable, pour prévenir les "accidents de la vie" de former les salariés AVANT qu’ils soient virés, pas après.

6- C’est écoeurant de voir que pour Hollande, comme Sarko l’avait fait en son temps, seul compte l’effet d’annonce

7 - Rien n’est prévu pour enrayer la privatisation par appartements de l’AFPA, feu organisme national, qui permettait à tous les travailleurs d’accéder à des formations qualifiantes (avec un titre professionnel au bout), et d’être hébergé à un prix dérisoire, avec un choix de formation étendu sur toute la France.
Les régions vont continuer à démanteler cet outil national, et refiler le "marché" aux copains des barons politiques des régions. Le fric de la formation ne sera perdu pour tout le monde.

8 - Comment parler de réforme de la formation sans parler de réforme du marché du travail ? Avec l’ANI du 11 janvier 2013, l’orientation de sieur Hollande, c’est toujours plus de précarité pour les travailleurs, et toujours plus de sécurité pour les patrons.
Si sieur Hollande s’intéressait vraiment aux chômeurs et aux précaires, il pourrait commencer par récupérer les 172 milliards d’euros versés tous les ans aux patrons, sans aucun contrôle. Et s’en servir pour créer des emplois là où il y en a besoin : La recherche, la santé, l’éducation, l’aide aux personnes non autonomes...
Hollande pourrait aussi réglementer le travail et le capital en taxant moins le travail et plus le capital.
Hollande pourrait aussi embaucher des inspecteurs du travail et les envoyer dans les boîtes pour obliger les patrons à respecter un peu plus les droits des travailleurs.

Pour conclure, si on veut que nos droits à la formation professionnelle qualifiante progressent, si on veut sauver l’AFPA, si on veut défendre notre droit à un emploi décent à salaire décent, il va FALLOIR SE BATTRE.

CAR RIEN NE TOMBERA TOUT CUIT !

SEULE LA LUTTE PAIE !

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