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Communiqué des prisonnier(e)s du Chiapas pour le 19 ème anniversaire de l’EZLN

par Solidaritat Chiapas

Publie le vendredi 18 janvier 2013 par Solidaritat Chiapas - Open-Publishing

Communiqué des prisonnier(e)s du Chiapas pour le 19 ème anniversaire de l’EZLN

À L’opinion publique
Aux Médias de communication de l’Etat, Nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
Aux Adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN
A la sexta Internationale
Aux Organisations Indépendantes
Aux défenseurs de droits humains et aux ONG

Nous, les prisonniers politiques de la Voix de l’Amate adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, enfermés dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas Chiapas, déclarons :

En raison de l’exploitation par quelques capitalistes néolibéraux des ouvriers et des paysans qui travaillent du lever au coucher du soleil, pour seulement subvenir aux besoins de leurs familles, nos soeurs et frères zapatistes de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale se sont soulevés en 1994 et sont sortis de leurs maisons avec leurs machettes, leurs bâtons et leurs armes sans faire cas de leurs vies. Ils sont sortis parce qu’ils ne supportaient plus l’exploitation, la discrimination, le pillage de la terre, l’inégalité, les mauvais traitements, les emprisonnements, la pauvreté, la misère.

Tous ces héros qui nous enseignent et nous enseigneront leurs valeurs et leur courage d’affronter le mauvais gouvernement sont pour nous un exemple, et nous continuerons à observer le chemin qu’ils ont tracé. Et aujourd’hui premier janvier, ce chemin arrive à son 19 ème anniversaire, chemin d’exigence, de résistance qui est apparu à la lumière avec clarté et ne peut plus être occulté, parce que ce chemin a fleuri et fleurira partout dans le monde.

Finalement nous lançons un appel au gouvernement de l’État Manuel Velasco Coello, et demandons notre libération immédiate et inconditionnelle, en raison de l’injustice de notre emprisonnement.

Vivre ou mourir pour la vérité et la justice !

Prisonniers de la Voix de l’Amate et Solidaires de la Voix de l’Amate adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN.

Alberto Patishtan Gómez
Rosario Díaz Méndez
Pedro López Jiménez
Juan Collazo Jiménez
Juan Díaz López
Rosa López Díaz
Alejandro Díaz Sánchez

Prison No. 5 à San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 01 janvier 2013.

Source : http://noestamostodxs.noblogs.org/?...

Traduit par les trois passants
Plus d’infos sur les prisonnier-e-s de l’Autre Campagne-Mexique : http://liberonsles.wordpress.com/

Des Nouvelles des prisonniers et prisonnières de l’Autre Campagne. Mois de Janvier 2013.

Liberté immédiate pour l’indigène Francisco Santiz López, base d’appui de l’EZLN.

Par Hermann Bellinghausen
Journal La Jornada
Vendredi 11 janvier 2013, p. 20

Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas (Frayba) a déclaré que le gouvernement fédéral n’a pas d’éléments suffisants pour continuer de priver de sa liberté Francisco Santiz López, base d’appui de l’EZLN, et doit le libérer immédiatement, d’autant plus que le 3 janvier le magistrat du premier tribunal unitaire s’est prononcé pour l’habeas corpus (amparo) et pour la protection par la justice fédérale de ce commerçant et paysan tzeltal du Tenejapa, Chiapas, dont la liberté est réclamée par des dizaines d’organisations, de collectifs et des milliers des personnes dans 30 pays ainsi que par l’Assemblée du Bon Gouvernement d’Oventic.

Le Centre des Droits Humains Frayba a signalé que le juge du district en charge des procès pénaux fédéraux du Chiapas a transgressé les garanties judiciaires de Francisco en le retenant en prison. Selon ce centre, pour l’accuser du délit de possession d’arme à feu à l’usage exclusif de l’armée, le juge s’est uniquement basé sur des éléments à charge, sans évaluer toutes les preuves existantes comme les huit témoignages qui font référence textuellement au fait que Santiz Lopez ne portait aucune arme ; il existe d’autres preuves dans le dossier que le juge n’a pas prises en compte.

Il faut se rappeler que le civil zapatiste, accusé à tort d’avoir participé il y a 13 mois à une agression où des groupes du parti du PRI ont attaqué des familles de Banavil, municipalité de Tenejapa, est en prison depuis le 4 décembre 2011 au Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés, numéro 5 de San Cristóbal de las Casas. Bien qu’il ait été exonéré de toutes les charges seulement quelques mois après sa détention, les autorités ont décidé de le garder en prison en raison de l’accusation de port d’une arme à feu interdite, ce qui n’a jamais été prouvé.

Le Frayba signale qu’en conséquence de l’habeas corpus qui lui a été accordé, le juge doit déterminer la situation juridique du prisonnier, en prenant en compte toutes les preuves et pas seulement celles qui portent préjudice, comme il l’a fait en condamnant Francisco à de la prison ferme.

Face à tout ceci, le juge en question a l’opportunité de faire justice en accordant la liberté immédiate à l’indigène. Le Frayba considère également qu’il s’agit d’une bonne occasion pour que le gouvernement du Chiapas fasse tout le nécessaire pour accomplir tout ce que le gouverneur Manuel Velasco Coello a exprimé le premier janvier concernant la situation de Santiz López et celle du professeur tzotzil Alberto Patishtán Gómez, adhérent à l’Autre Campagne : « Pour le gouvernement de l’État il est nécessaire de les libérer rapidement ».

Il ne faut pas oublier que le précédent gouverneur Juan Sabines Guerrero a été généreux en déclarations similaires et en promesses qu’il n’a pas tenu.

Le Frayba appelle donc à mettre fin aux pratiques que l’Etat mexicain utilise par le biais du système de procuration et d’administration judiciaire pour criminaliser les bases d’appui de l’EZLN et considère indispensable de respecter les acquis du droit à la libre détermination à travers l’autonomie zapatiste inscrits dans les accords de San Andrés et ses références internationales : la convention 169 de l’OIT et la Déclaration de Nations Unies sur Les Droits des Peuples Indigènes.

Concernant le prisonnier politique Rosario Díaz Méndez, membre de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate, son cas a subi des retards injustifiés de la part de la juge de Simojovel pendant les trois derniers mois. La magistrate a ajourné à plusieurs reprises l’audience de révision de son cas, qui permettrait enfin sa libération. Devant une imminente nouvelle audience, les prisonniers de l’Autre Campagne ont dit dans un communiqué qu’ils espèrent que la juge mène cette audience avec responsabilité.

Source : http://www.jornada.unam.mx/2013/01/...

VII Anniversaire de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate

Le compagnon Alberto Pathistan Gómez a créé l’organisation de prisonniers « la Voix de l’Amate » Il s’agit d’une organisation de prisonniers appartenant à l’Autre Campagne, née en 2005 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons font subir à ces prisonniers, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

Actuellement, Alberto Pathistan Gómez et Rosario Díaz Méndez sont les seuls membres qui restent de cette organisation. Ensemble ils ont encouragé les autres prisonniers à s’organiser et ont largement soutenu la création de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, composée de prisonniers et prisonnières qui luttent à l’intérieur de la prison pour leurs droits et leur dignité.

Le Dimanche 6 janvier 2013, 100 personnes environ se sont donné rendez-vous à la prison No. 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas pour fêter et se rappeler la décision courageuse et rebelle d’un groupe d’indigènes de s’organiser et se battre à l’intérieur de la prison, afin d’exiger leur libération immédiate, de faire entendre leur voix et briser ainsi l’isolement, l’oubli, l’humiliation et la peur.

Ce fut en 2006, après avoir adhéré à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, que les indigènes prisonniers ont décidé de sortir de leurs cellules et de se mettre en grève en organisant un piquet de protestation pour exiger des mauvaises autorités leur remise en liberté,donnant naissance à la voix des sans voix « La voix de l’Amate ».

A partir de 10 heures du matin de ce 6 janvier 2013, la prison No. 5 qui compte sur plus de 600 personnes une majorité d’indigènes tsotsiles et tseltales, recevait l’arrivée de visiteurs en provenance des régions proches du Chiapas d’El Bosque, de San Cristobal de Las Casas, de la ville de Mexico, ou de régions plus éloignées d’Italie, d’Espagne, d’Argentine entre autres. Tous et toutes en plus de leur coeur solidaire amenaient des galettes des rois, des gâteaux de mais, des cahiers, des sourires, des embrassades, des dessins. Beaucoup de gens remplissaient la cour de joie, de partage, de solidarité.

La cour située devant la petite école de la prison était couverte par des bâches blanches et jaunes, les chaises et les tables étaient disposées et prêtes à accueillir la foule qui arrivait de partout.

A midi, tandis que le lieu brillait de salutations, de conversations, d’histoires et d’échanges un petit espace de silence a fait irruption en donnant lieu à toute une série de discours, tous émouvants, tous solidaires… Le message a été clair : nous n’oublions pas, la lutte continue !

Communique depuis la Prison No. 5 à San Cristóbal de las Casas, Chiapas,
06 janvier 2013. VII Anniversaire de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate

À l’opinion publique
Aux médias de communication de l’Etat, nationaux et internationaux Aux médias alternatifs
Aux adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN
A la Sexta Internationale
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONG

Nous, les prisonniers politiques de la Voix de l’Amate, adhérents à l’Autre Campagne de l’EZLN, déclarons :

Nous nous trouvons condamnés injustement en raison des injustices que nous vivons en prison et à cause des irrégularités qui entachent nos procès, cependant tout ceci a permis la création le 8 janvier 2005 de l’organisation de « La Voix de l’Amate ». Cette organisation a pour but la défense des droits humains, la promotion de la paix et la justice pour les opprimés en prison. C’est pour cette raison que ce 6 janvier 2013 nous célébrons le septième anniversaire de nos victoires ensemble, avec différentes organisations indépendantes nationales et internationales ; et c’est pour cela que nous exigeons du gouverneur Manuel Velazco Coello notre liberté immédiate et inconditionnelle en raison de l’injustice de notre emprisonnement.

Finalement nous continuons de demander au Peuple du Mexique et du Monde de se joindre à nos demandes de liberté et de justice.

Vivre ou mourir pour la vérité et la justice !

Fraternellement
Organisation de la Voix de l’Amate
Alberto Patishtan
Gómez Rosario Díaz Méndez
Solidaires de la Voix de l’Amate :
Pedro López Jiménez
Juan Díaz López
Alejandro Díaz Santis
Juan Collazo Jiménez
Rosa López Díaz

Prison No. 5 à San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 06 janvier 2013.

Source : http://noestamostodxs.noblogs.org/?...

Traduction : les trois passants
Merci à Valérie et à Myriam pour les corrections.

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s de l’Autre Campagne - Mexique
http://liberonsles.wordpress.com/

source française : CSPCL, Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte : http://cspcl.ouvaton.org/

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