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De la mine aux mines, la rançon du nucléaire français
par Patrig K
Publie le vendredi 8 février 2013 par Patrig K - Open-Publishing1 commentaire
08 février 2013 Par Patrig K
Mali. En conséquence et à la suite du boulevard en fanfare du défilé militaire, des applaudissements et le soulagement des populations maliennes, le chantier pour la démocratisation et la stabilisation du pays est une œuvre gigantesque, une entreprise humanitaire durable. Un vocable si souvent usité par les communicants des grands groupes industriels, du greenwashing à la reconquête chevaleresque épique des soldats magnifiques, l’épopée cape et d’épée revisitée par Rafale faisant, une coproduction de Élysée. (1)
Extrait lu sur Libération.fr (AFP) : […//…Une ex-ambassadrice américaine à Bamako a d’ailleurs affirmé dans un entretien à iTélé ce vendredi que Paris aurait payé une rançon de 17 millions de dollars pour la libération de ces quatre otages, enlevés au Niger il y a deux ans. « Il y a deux ans, Aqmi a pris des Français en otages dans une mine d’uranium au nord du Niger, et pour faire libérer ces otages la France a payé une rançon d’environ 17 millions de dollars », déclare dans cette interview Vicki J. Huddleston, qui fut ambassadrice au Mali de 2002 à 2005.
« Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes », a-t-elle ajouté. …//…
Abu Walid Sahraoui (Ndr : Mujao) : « Nous avons réussi à créer une nouvelle zone de conflit, à organiser des attaques de convois et organiser des kamikazes », a-t-il déclaré dans un communiqué adressé à l’AFP. « Nous appelons les citoyens à ne pas se déplacer sur les routes nationales parce qu’il y a danger de champs de mines », a-t-il souligné, tout en « exhortant au jihad (guerre sainte) contre les régimes infidèles, pour établir la charia (loi islamique) et libérer les musulmans ». …//…]
Une rançon de 17 millions de dollars payée par Sarkozy et un Secret Défense français dévoilé par une Ex ambassadrice des États-Unis à de quoi surprendre, ou non d’ailleurs. Si la guerre militaire éclaire n’a pas vraiment eu lieu jusqu’à présent, le show boulevard par défaut de combattants extrémistes tous terrorisés par l’armada conduite par les valeureux militaires français, celle de la communication n’a pas finit de nous surprendre, si de plus, les cachotteries diplomatiques des intrigants commencent ainsi à fleurir sur les écrans. A propos de cette rançon venue de Paris via Bamoko, des millions d’euros portés en mains propres à rétribuer les néo-déserteurs extrémistes, pas moins de 13 millions d’euros pour la libération des quatre otages employés de l’entreprise leader mondial de l’exploitation de l’uranium, le groupe Areva. Une somme considérable qui est à mettre en comparaison de ce que ce leader français acquitte au gouvernement Nigérien, en compensation pour l’exploitation des mines d’uranium au Niger, et selon les derniers échos des savanes africaines proches de Niamey, des 100 millions d’euros pour le carburant qui nourrit près d’un tiers des centrales nucléaires françaises.
Touaregs et le mirage nucléaire ! Part 1 par Squapad
Viideo :Conférence débat à l’espace Vauban à Brest le 2/12/2008. Peuple Touareg & le mirage nucléaire !
D’ailleurs, le président nigérien Mahamadou Issoufou n’a pas perdu de temps à faire valoir ses intérêts, et de sa vision géopolitique pour la région sahélienne lors d’un entretien qu’il a donné sur la chaîne TV, RFI/Le Monde/France5. (2) Au court de son entrevue, celui-ci mettait en garde son partenaire français, en affirmant que : « Le MNLA n’est pas représentatif du peuple touareg » On peut dès lors se poser la question sur ce jugement, la limite de l’indécence en ingérence à décider à la place de son voisin, de qui serait représentatif ou non, à construire la paix durable dans le Sahara malien ! Si l’on oublie précisément que les mines d’extraction de l‘uranium du Niger, sont toutes situées dans le zones du Sahara nigérien qui sont sous influence et de domination ethnique des peuples Touareg majoritairement, MNLA ou pas.
Poursuivant la conversation face aux journalistes qui a été enregistrée à Niamey, le Président nigérien, Vice-président de l’Internationale Socialiste, Ingénieur des Mines diplômé français depuis ses études qu’il a suivit à Paris et Montpellier, (3) adepte de la polygynie (4), ancien dirigeant d’une filiale d’Areva, l’homme cultivé précisait à propos de « son » sous sol « L’uranium ne rapporte pas suffisamment au peuple du Niger, il faut rééquilibrer le partenariat avec Areva » …//… « Notre objectif c’est de diversifier les partenaires de l’exploitation de l’uranium. Il n’y a pas de raison qu’au niveau du (gisement) d’Imouraren on ne puisse pas associer d’autres pays qui souhaitent coopérer avec nous » ajoutait le chef de l’Etat nigérien. « …//…Le Niger reçoit du secteur de l’uranium à peine 100 millions d’euros par an. Cela représente 5% à peine de notre budget, ce n’est pas admissible », affirmait M. Issoufou.
Les journalistes qui le questionnaient, n’ont pourtant pas eu la présence d’esprit, ni encore moins le toupet de rappeler à propos de versement d’argent par AREVA, justement concernant ce chantier tant convoité d’Imouraren, que M. Issouffou et son gouvernement ont déjà reçut de la part du groupe français, une coquette somme de 35 millions d’euros versée en plusieurs lots. 35 millions d’euros soit pas moins de l‘équivalent du tiers des 100 millions d’euros qui enrichissent aussi pauvrement le budget annuel nigérien. Un accord et un paiement confidentiel et exceptionnel, ainsi qualifié par les négociateurs et cadres d’Areva lors d’une réunion secrète qui s’est tenue cet automne dernier. Des versements anticipés assez inhabituels venant des partenaires français, ce afin de sécuriser la concession française de cette mine d’Imouraren, qu’Issouffou semble de nouveau vouloir renégocier ! T’en donne 35, et voilà le résultat, chaud chaud pour la main mise du groupe Areva sur ce gisement d’Imouraren. Une mine promise à produire 5000 tonnes d’Ua/an, dès lors que le groupe Areva pourra y investir après son désendettement exceptionnel. Un montant chiffré et estimé à 1.2 milliards d’euros d’investissement pour les infrastructures gigantesques à couvrir ce chantier de 200 km² du Sahara Nigérien tout juste situé à quelques encablures de Kidal, pour y creuser dans les dunes sur 110 à 170 mètres de profondeur. Une exploitation qui était annoncée à l’origine pour l’année 2012, puis retardée au plus tôt en 2016, avec une réception en 2015 en amont des élections présidentielles nigériennes. Dernière date promise par Areva , l’an 2016 et sous réserve que les cours d’uranium l’y autorisent en rendement gagnant-gagnant.
Des versements d’argent, ce que les directeurs d’Areva niaient dans un premier temps, puis confirmé par le communiqué de l’Observatoire du Nucléaire, un document confidentiel rendu publique par le directeur de l’association anti nucléaire, ce qui lui a valut, une convocation au Tribunal à Paris le 1er février, suite à la plainte du groupe Areva, atteint pour son honneur.
De là à dire que ce beau monde, d’Areva à M. Issouffou, y se fout de nous serait exagérer, mais moins certainement pour les nigériens.
Dossier à consulter sur le site Observatoire du Nucléaire :
Extrait [Pourtant, le compte-rendu confidentiel d’une rencontre entre des dirigeants d’Areva et le chef de cabinet du Président du Niger, révélé par l’Observatoire du nucléaire, permet de constater que Areva, aujourd’hui comme autrefois, dicte ses volontés aux dirigeants du Niger et, pour finir, décide d’accorder un "don", comme un "bienfaiteur" secourant un défavorisé.] http://observ.nucleaire.free.fr/com-doc-confid-areva-niger.htm
Notes :
(1) Selon Claude Angeli du Canard enchaîné, l’intervention militaire française au Niger, ne reposant sur aucun droit légitimé par l’ONU, le courrier d’appel au secours du président intérimaire malien , serait un scénario élaboré par les conseils de l’Elysée.
(2) http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Aide/p-21810-Aide-a-la-lecture-des-videos.htm
(3) Wikipédia : [ Il poursuivra ensuite ses études à l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc de Montpellier de 1975 à 1976 (obtention de la maîtrise en mathématiques et applications fondamentales) ; à l’université Paris VI de 1976 à 1977, (diplôme d’études approfondies de probabilités et statistique) et à l’École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne (France) de 1977 à 1979, d’où il sort avec le diplôme d’ingénieur civil des mines. ]
(4) Wikipédia versionanglophone voir PDF saisie écran : ( lien HS !)
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Une information qui dans la version wikipédia en français disparaît ...Etonnant non ?





Messages
1. De la mine aux mines, la rançon du nucléaire français, 8 février 2013, 19:48, par patrig k
le PDF n’a pas accroché
accessible ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrig-k/080213/de-la-mine-aux-mines-la-rancon-du-nucleaire-francais