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Guerre médiatique et désinformation sur le système pénitentiaire vénézuélien

par Victoria Valdez / Luis Alberto Reygada

Publie le lundi 18 février 2013 par Victoria Valdez / Luis Alberto Reygada - Open-Publishing
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Dans la continuité de la campagne mondiale contre la « révolution bolivarienne », nous avons pu assister dernièrement à une importante couverture médiatique dans les médias dominants français des évènements survenus dans le milieu pénitencier vénézuélien. Mettant l’accent sur l’incapacité du gouvernement national à résoudre les problèmes notamment liés aux contrôles des armes dans les prisons, ces médias n’abordent le sujet que lorsqu’une mutinerie à lieu (chose malheureusement trop courante sur le continent américain), omettant systématiquement de signaler les mesures qui ont été prises depuis quatorze ans pour l’amélioration des conditions de vie de la population carcérale comme la construction de nouvelles infrastructures afin de lutter contre la surpopulation ou les initiatives de démantèlement des réseaux de trafic en tout genre.

En effet, le gouvernement vénézuélien s’est attaqué avec vigueur aux problématiques héritées des pratiques du passé - caractérisées par le désengagement de l’État, la corruption ainsi que l’application des méthodes de torture incompatibles avec les droits de l’homme - en vue de répondre avec une vision plus humaine aux carences et aux difficultés du secteur.

La première chose à préciser serait sans doute qu’à ce sujet, le gouvernement ne se voile pas du tout la face contrairement à ce que pourrait laisser croire la lecture des journaux d’opposition vénézuéliens ou bien les dépêches de l’AFP reprises en cœur par la grande majorité des journalistes français. Le président Chavez a lui-même reconnu l’existence de nombreux problèmes à ce niveau. Il a encore une fois abordé le sujet de face durant son discours annuel de gestion à l’Assemblée Nationale (en janvier 2012) où il a rappelé qu’il avait suivi la recommandation du Vice-président, du Fiscal général ainsi que de la Présidente du Tribunal Suprême de Justice consistant à diviser certaines fonctions du Ministère de l’intérieur et de la justice pour donner naissance à un nouveau Ministère : celui des affaires pénitentiaires. A sa tête a été nommée une personnalité de poids, l’ancienne députée Iris Varela, qui a depuis la difficile charge de faire face aux nombreux défis que connaît l’univers carcéral vénézuélien.

Afin de rééquilibrer l’information dispensée sur ce sujet, voici une liste de mesures prises depuis le début de la révolution bolivarienne mais qui sont rarement mentionnées par les médias dominants.
Les défis sont importants, mais des progrès on été faits, et il y a bien une volonté politique de venir à bout des problèmes existants. Le verre sera à moitié vide ou à moitié plein, selon le point de vue de chacun.

1) Création des dispositifs pour la transformation sociale des personnes privées de liberté

• 1999  PLAN JUSTICE 2000 : a permis de réaliser un diagnostique sur l’état de détérioration des établissements pénitentiaires, de recenser les besoins et de constater l’état d’anarchie et l’existence des réseaux d’intérêt économique empêchant le control des établissements par les autorités.

• 2004  COMMISSION PRÉSIDENTIELLE POUR LES AFFAIRES PÉNITENTIAIRES : a donné naissance au « Plan d’humanisation pénitentiaire ».

• 2008  CONSEIL SUPÉRIEUR PÉNITENCIER : chargé du suivi des transformations du système pénitencier.

• 2011  MINISTÈRE DU POUVOIR POPULAIRE POUR LE SERVICE PÉNITENCIER : chargé de développer, de formuler et d’exécuter les politique et les stratégies pour l’exercice des droits fondamentaux des personnes privées de liberté ainsi que la réhabilitation des centres de réclusion et le développement des programmes socio-éducatifs. En effet, le gouvernement s’est rendu compte que bien que des succès aient été obtenus, la complexité du thème nécessitait une institution avec plus de poids, plus d’autonomie et de budget.

2) La lutte contre la surpopulation carcérale

• RECENSEMENT DE LA POPULATION PÉNITENTIAIRE : ce fut l’une des premières missions du ministère ; après une visite de la ministre Iris Varela ainsi que d’une équipe pluridisciplinaire ont été recensées 40.000 personnes privées de liberté.

• CONSTRUCTION DE NOUVELLES ÉDIFICATIONS PÉNITENTIAIRES : Centre pénitentiaire Yare II et III, Centre pénitentiaire occident II, l’internat judiciaire Rodeo II, Communauté pénitentiaire de Coro, Centre agro-productif de Barcelona.

• ÉLARGISSEMENT ET AMÉLIORATION DES ZONES PÉNITENTIAIRES DÉJÀ EXISTANTES : Rodeo I, Tocoron, Uribana.

• 2 NOUVELLES PRISONS EN COURS DE CONSTRUCTION : Dans les états de Lara et Carabobo.

• CRÉATION DE 24 NOUVEAUX ÉTABLISSEMENTS POUR LES PERSONNES PRÉVENUES.

• CRÉATION D’UN PREMIER ÉTABLISSEMENT PÉNITENCIER POUR LA POPULATION ÉTRANGÈRE PRIVÉE DE LIBERTÉ : en accord avec les recommandations de l’ONU le gouvernement venezuelien s’engage à respecter les droits de l’homme ainsi que les droits les plus élémentaires de cette population vulnérable qui nécessite d’une attention particulière.

• DÉCLARATION DE L’ÉTAT D’URGENCE DES INFRASTRUCTURES PÉNITENTIAIRES : en octobre 2012, le gouvernement vénézuélien a procédé à déclarer un état d’urgence avec l’objectif d’accélérer la construction des nouveaux espaces pour l’accueil des personnes privées de liberté.

3) Actions concrètes pour l’amélioration des conditions de vie de la population carcérale

• LE RETARD DE PROCÉDURE EST ABORDÉ AVEC DÉTERMINATION PAR L’ÉTAT VÉNÉZUÉLIEN : ainsi, les plans « Cayapa » et « Cayapita » ont été mis en place ; ils correspondent à la création des tribunaux itinérants et des assemblées d’évaluation dans les établissements pénitentiaires du pays. Ces dispositifs (qui bénéficient à plus de 35.000 personnes privées de liberté) sont constitués par une équipe multidisciplinaire d’avocats, de défenseurs publics (défenseurs des droits, ombudsman), des psychologues ainsi que des travailleurs sociaux.

• MISE EN ŒUVRE DE STRATÉGIES DE FORMATION : 21.357 personnes ont bénéficié de diverses formations éducatives correspondant aux niveaux secondaire et universitaire grâce à des accords interinstitutionnels. Au même titre, régulièrement et afin de fournir des activités complémentaires aux études et éviter l’oisiveté, les personnes privées de liberté bénéficient de formations en coiffure, boulangerie, cuisine, agriculture et élevage d’animaux de la ferme ainsi que de mécanique automobile.

• LES INITIATIVES SPORTIVES EN MILIEU CARCÉRAL : les personnes privées de libertés peuvent d’une part pratiquer des activités telles que l’athlétisme, le basket, le football, la boxe, l’haltérophilie, le kickingball, les échecs et d’autre part participer à la promotion du sport à travers des tournois et compétitions tant dans des équipes formées dans les centres de rétention que dans des équipes au niveau régional et national.

• LES ACTIVITÉS CULTURELLES : les personnes peuvent participer aux ateliers de lecture, de poésies, de théâtre, de danse et de chant ayant la possibilité de créer des groupes de musique. De plus les personnes intéressées peuvent participer au festival « la voix pénitentiaire ».

• POSSIBILITES D’EXERCER UN TRAVAIL REMUNERE : Dans certains centres, les privés de liberté peuvent réaliser une activité rémunérée. Ainsi, plus de 11.000 privés de liberté exercent une activité dans l’une des 100 unités socio-productives que compte le pays. Un suivi en vue de faciliter la réintégration sociale post-carcéral est pris en charge par le biais du Programme « llegó la chamba », qui garanti un emploi aux ex-détenus en coopération avec un groupe d’entreprises d’état qui leur permettent une réinsertion plus rapide.

• L’ÉRADICATION DE LA VIOLENCE EN PRISON : l’État vénézuélien a procédé à plus de 77 réquisitions d’objets interdits dont des armes de divers calibres. Et ce, à travers le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Service Pénitentiaire (en coordination avec la Direction Nationale de Sécurité de la Garde Nationale Bolivarienne). Au même titre le contrôle de la plupart des établissements a été rétablit notamment avec des poursuites judiciaires initiées contre plus de 100 fonctionnaires, des gardes nationaux ainsi que des membres du personnel de sécurité impliqués dans des faits illicites dans ces centres pénitenciers.

• LE TRAVAIL AVEC LES FAMILLES DES DÉTENU-E-S De la même façon, a travers le « Plan LLegó Maíta », l’État vénézuélien développe une stratégie de dialogue permanent en collaboration avec les familles des personnes privées de liberté afin d’éradiquer la violence en prison.

• COMMUNICATION ET TECHNOLOGIE : le gouvernement vénézuélien a investi dans le contrôle définitif des établissements pénitentiaires en installant des scanners corporels, des détecteurs de métaux et de systèmes non intrusifs qui garantissent le respect de la dignité des personnes qui sont soumises à ce genre de contrôles.

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