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Haro médiatique sur les « salariés voyous »

par Quentin

Publie le dimanche 10 février 2013 par Quentin - Open-Publishing
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COMMUNIQUE SNJ-CGT

Haro médiatique sur les « salariés voyous »




Les médias (à quelques exceptions près) ont trouvé les responsables de la crise… Il y aurait pire que les patrons voyous, aujourd’hui les casseurs d’emplois seraient les grévistes et les syndicalistes qui refusent la violence des licenciements.


A lire et à écouter la plupart des médias, les grévistes feraient 
régner la terreur dans les ateliers de Psa à Aulnay-sous-Bois. Chez
 Goodyear à Amiens, les salariés qui ont refusé « par dogmatisme » des conditions de travail et des salaires indignes auraient alimenté leur propre malheur.

Du Figaro à Libération en passant par les ondes 
publiques et privées sont pointés du doigt tous ceux qui résistent à 
l’inhumaine loi du capital.
 Dans un récent « Mots croisés » ayant pour thème le chômage, un des invités, Benjamin Coriat, co-président des Economistes atterrés, a pu à juste titre s’indigner de l’absence sur le plateau d’un représentant de la CGT alors que ce syndicat était mis au banc des accusés.


Les citoyens ont besoin d’une information de qualité, qui donne à
 comprendre les mécanismes de la crise, qui donne à entendre les 
arguments et les propositions des syndicalistes.
Comme ils ont besoin de comprendre pourquoi la presse est absente des kiosques, pourquoi les ouvriers de Presstalis défendent un système de distribution coopératif et solidaire.

Les lecteurs du Figaro

 continueront de croire que les ouvriers de la distribution gagnent 
plus de 5000 € mensuels et qu’ils s’arqueboutent sur des emplois
 fictifs. Ils ne sauront jamais que, depuis 1994, les effectifs de 
Presstalis sont passés de 6000 à 2000 salariés et que 1250 postes doivent encore être supprimés. Ils ne sauront jamais que les salaires ne dépassent pas les 2400 €. Les lecteurs de Libération ne le sauront pas non plus d’ailleurs.
Nicolas Demorand, rédacteur en chef de Libération, a laissé claquer sa colère contre les grévistes de Presstalis en écrivant «  qu’un kiosque vide était une sinistre image dans un pays démocratique ». 

Pour une fois, le SNJ-CGT sera d’accord avec lui : il serait effectivement sinistre pour la démocratie qu’une fois Presstalis liquidé on ne puisse plus trouver, dans tous les kiosques et points de vente, tous les titres de son choix.



On veut faire croire à l’opinion publique que les casseurs sont les 
salariés en lutte pour sauver leurs usines, leurs emplois.
Mais qui aujourd’hui met de l’huile sur le feu des luttes sociales 
sinon le ministère de l’Intérieur qui tente de criminaliser les 
grévistes et les syndicalistes en évoquant « des risques d’incidents
et les éventuelles menaces sur l’outil de production en cas de
 radicalisation d’un conflit ». Pourtant, n’est-ce pas un jeune ouvrier d’Arcelor Mital qui vient de perdre un œil d’un tir de flash-ball en pleine tête, avant de perdre son emploi ? CQFD.



Le SNJ CGT dénonce cette violente offensive lancée avec le MEDEF et 
les patrons de presse contre les salariés et leurs syndicats en lutte, 
de PSA à Presstalis. 
Alors que de Bolloré à Dassault, de Lagardère à Bouygues et de Bergé, Pigasse Niels à Lucas, on "dégraisse" les rédactions, on concentre à qui mieux pour vendre une information light, qui lutte pour défendre le pluralisme ?

SNJ-CGT
Montreuil, le 8 février 2013

Messages

  • Après avoir vu le film très bien fait " les chiens de garde", on ne s’étonne plus de l’attaque en règle contre les salariés qui ne baissent pas la tête : Bernard Arnault est propriétaire des Échos, François Pinault possède Le Point, Edouard Rotschild détient 37 % du capital de libération, Dassault patron du figaro, des banques qui se sont introduits dans le capital de quotidiens régionaux, etc Cette presse muselée est aux ordres de ses maîtres et est chargée de diffuser les valeurs de la société bourgeoise. Si jamais la révolte venait à s’étendre, il faudra s’attendre à la voir diffuser des messages de haine comme on en a déjà vu dans les années 40.