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Intervention impérialiste au Mali

par pilhaouer

Publie le samedi 12 janvier 2013 par pilhaouer - Open-Publishing
4 commentaires

Un article éclairant de Mireille Fanon Mendès-france :

Mali:le bruit des bottes qui commence

Extrait :

... Il s’agit de profiter de la déliquescence d’Etats sous domination continue depuis les indépendances pour réintroduire directement une présence militaire camouflée derrière des armées locales dont nul n’ignore l’insigne faiblesse. Le Mali devient, dans ce jeu géostratégique, otage d’une volonté des Etats impérialistes et de leurs soutiens de porter partout la guerre sans fin de façon à interdire la progression d’une puissance adverse et, dans le même mouvement, d’éradiquer toute volonté des peuples à résister à l’ordre ultralibéral mondialisé construit sur la financiarisation et la militarisation. Les Etats-Unis démontrent leur sens de l’opportunisme en répondant à l’appel à l’aide de son allié français désormais incapable, à lui seul, de gérer son pré carré africain. La présence américaine dans le Sahel permet de contrôler directement l’accès à des ressources essentielles, l’uranium notamment, et de conférer une profondeur stratégique à leur action sur le continent et au Moyen-Orient. ...

et encore :

"... préparer l’opinion publique internationale à une intervention au nord Mali au nom de la démocratie et de l’ordre constitutionnel, du patrimoine culturel mondial mis en péril par des terroriste islamistes et de la souffrance des populations, qui, rappelons-le, paient le prix fort de tout conflit interne ou importé par ceux qui veulent imposer leur loi. Ces raisons méritent questionnement.

Sont à la fois mis en avant la situation humanitaire des populations du nord et du sud mais ne peut être omis que de nombreux partenaires, dont l’Union européenne, les Etats-Unis, la Belgique, le Canada, la France[5] et des institutions financières ont décidé, au lendemain du coup d’Etat, de suspendre leurs aides au Mali précipitant l’ensemble de la société malienne dans une pauvreté encore plus grande ; cet « embargo » financier a été renforcé par un « embargo » politique. L’Organisation internationale de la Francophonie[6] a suspendu le Mali dès le 30 mars ; l’Union Africaine[7] dès le 23 mars et la CEDAO dès le 27 mars. Il aura fallu la quasi-certitude d’une intervention militaire pour que certaines instances reviennent sur leur décision de bannir le Mali de leur communauté internationale.

Le Président Hollande, quant à lui, revendique son droit à délivrer les otages –cela semble compter bien peu- mais surtout à protéger les intérêts français. Pour mieux faire accepter une intervention militaire, il cache des intentions néocoloniales partagées derrière le besoin d’une intervention pour « éradiquer le terrorisme dans l’intérêt de ce pays, de l’Afrique et de la stabilité du monde[8] ». Certes, l’Islam radical – désigné globalement et sous nuances par le terme « terrorisme » pour conditionner l’opinion – dispose de bases dans le Sahel, sur les routes du pétrole, du gaz et de l’uranium, mais ne soyons pas naïfs, son émergence et sa consolidation ont bien été favorisées – notamment par les Saoudiens et les Qataris – pour servir les intérêts des Occidentaux et particulièrement ceux des Américains. ... "

On peut lire l’article complet ici :

http://frantzfanonfoundation-fondat...

ou là :

http://www.elcorreo.eu.org/Qu-y-a-t...

Messages

  • Heureux de trouver cette confirmation de pillage des multinationales à l’oeuvre ! Et ceux qui vont mourir sous notre drapeau, mourrons bien sûr pour la République ! Ah ! l’hypocrisie , ignoble ! Le pire c’est qu’ils sont encore crédibles nos valeureux va-t-en guerre ! Comment notre école à pu alimenter ignorance et misère ? Que répudia Victor Hugo, par ces mots : Tant que cette philosophie persistera il y aura des misérables !
    Mais l’Afrique comme l’Amérique-Latine finira par trouver le chemin de l’unité pour d’autres conditions de vies plus dignes plus humaines !

  • vendredi 11 janvier 2013
    Communiqué NPA

    Qui a dit que la Françafrique c’était fini ? Hollande n’avait pas de mots assez durs lors de sa campagne pour dénoncer la politique de domination de l’Afrique par la France. Au mois d’octobre lors de son déplacement à Dakar il déclarait même " Il y a la France et il y a l’Afrique ! "Tu parles Charles !

    3 mois après il annonce le déclenchement de l’intervention militaire au Mali ! Il est passé du « nous n’interviendrons pas » au « nous protégerons nos ressortissants » pour finir à l’intervention directe.

    L’ancienne puissance coloniale n’entretient pas des troupes sur ce continent pour rien. Elle poursuit, dans la tradition de tous les gouvernements qui se sont succédés, son rôle de gendarme, pour protéger ses intérêts, pour soutenir les gouvernements qui sont à sa botte. La menace islamiste constitue le paravent de cette opération militaire.

    Le NPA dénonce cette intervention militaire impérialiste décidée par Hollande, une fois de plus sur le dos des peuples ! Ce n’est pas de cette façon que les maliens se libéreront de tous les fondamentalismes.

    Montreuil, le 11 janvier 2013

    • "La menace islamiste constitue le paravent de cette opération militaire."

      Oui mais Quid de ceux et celles qui vivaient avec le paravent depuis des mois ? à priori on n’a pas vu de scènes de liesse lors des prises des villes par tous ces groupes fondamentalistes. Fallait attendre quoi ? des brigades internationales ?

      Bien sur que l’intervention cache des intérêts financiers menacés et que la Francafrique continue mais est ce que les gens libérés des fascistes islamistes n’y gagneront pas aussi quelque chose ?

    • Il existait une autre option : soutenir le MNLA et les Touareg et s’adresser à nos amis qui financent les fondamentalistes.
      Les populations du Nord Mali n’aiment pas les fondamentalistes mais elles n’aiment pas non plus les exactions des troupes maliennes dont on parle moins.

      Cette opération ne " cache " pas des intérêts menacés, elle est faite sous prétexte humanitaire pour soutenir ces intérêts.
      Et pour cela, il ne faut pas que le Mali se développe et puisse exploiter lui-même ses richesses.
      On s’apitoie sur les exactions des jihadistes mais on s’est beaucoup moins apitoyé sur la misère de ce pays depuis des lustres. Or cette misère n’est en aucun cas "naturelle".