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Le "NON" de la CNT Aquitaine

Publie le mardi 26 avril 2005 par Open-Publishing
4 commentaires

Cette année, le défilé du 1er-Mai sera marqué par le Traité Constitutionnel européen (TCE) et le référendum français. Thème électoraliste pour le 1er-Mai, ce projet constitutionnel et ses conséquences représentent d’abord un réel danger pour tous les travailleurs.

CONTRE L’EUROPE DU CAPITAL, SOLIDARITÉ INTERNATIONALE ! L’EUROPE ET LES TRAVAILLEURS

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON

Les travailleurs des pays de l’Union européen seront mis en concurrence ; les inégalités sociales et territoriales vont augmenter : flexibilisation du marché du travail, privatisations, concentrations et restructurations industrielles à grande échelle, le tout en vue de baisser les "charges sociales".

Concurrence entre travailleurs européens : délocalisations, droits sociaux harmonisés par le bas, droit du travail remis en cause (directive Bolkestein)

Avec la « liberté des services » les entreprises prestataires de services pourront s’installer dans un autre pays européen, mais à cause du principe d’origine ces entreprises seront sous la loi du pays de leur siège social et non celle du pays où le service sera rendu. En pratique, les salariés d’une entreprise lituannienne auront des droits sociaux lituaniens en France. Et c’est aux autorités lituaniennes de surveiller le respect de ces droits ! Avec aucun moyen de contrôle en France !

Travailleurs immigrés extra-européens : criminalisés, privés des droits européens. = droits européens tirés vers le bas au profit des patrons.

Moins de contrôle pour les « entreprises immigrées ». mais plus de contrôle et de surveillance des travailleurs immigrés.

La construction de l’Europe se fait dans une logique purement pro-patronale. C’est à eux que sert la logique d’exclusion des étrangers (à l’Europe), un « nationalisme européen » qu’exploite de son côté l’extrême-droite.

Les étrangers sont surveillés, avant d’avoir des droits.

Contrôle des frontières renforcés, accords de réadmission, chantage économique aux pays du Sud, fichage généralisé, restrictions au droit d’asile. La « coopération avec les pays tiers pour gérer les flux de demandeurs d’asile » (art. III-266) pourra créer des « camps » de réfugiés dans les pays de transit, afin d’externaliser les demandes. En revanche, l’art. II-75 sous-entend que les travailleurs immigrés pourront ne pas avoir les mêmes droits que les travailleurs européens.

Cette politique favorise le travail clandestin et la criminalisation des travailleurs.

Cela bien entendu au service du patronat, qui dispose d’une masse de travailleurs corvéables à merci, encore plus fragiles que les précaires, pour les travaux les plus pénibles (bâtiment, nettoyage.).

Cela permet également d’accroître la pression sur les salariés européens, peu enclins à accepter des conditions de travail aussi dégradées. Le problème, pour les travailleurs européens, ce ne sont pas les travailleurs immigrés, mais leurs conditions de travail : nous devons tous avoir les mêmes droits pour garantir ces droits.

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON

 Le droit du travail (art. III-213). Aucune perspective en terme de Code du travail européen. Mais une précision : « l’Union et les Etats membres agissent en tenant compte de [...] la nécessité de maintenir la compétitivité de l’économie de l’union » !

 Le droit au travail (II-75). Disparaît. C’est renoncer à l’objectif du plein emploi.

 Le droit de grève (art. 55). Le traité sous entend qu’il pourrait être incompatible avec l’Etat de droit. Il reconnaît (art II-88) le lock-out (en cas de grève, le patron peut fermer l’entreprise !). Il est subordonné (art. III-210
et III-209) à « la nécessité de maintenir la compétitivité de l’Union ». Sa défense est exclue des objectifs de l’Union. J.Barrot, ancien commissaire européen ultralibéral, a affirmé dans Le Parisien du 20/02/05, qu’une grève n’était « en rien conforme à l’esprit de la future Constitution européenne, qui veut prévenir de tels débordements préjudiciables à l’image du syndicalisme, [.] aux intérêts économiques des compagnies. »

 Le dumping social. La Constitution et les directives qui en appliquent les principes sont des armes pour casser les droits des salariés.

La directive des services (Bolkestein) : application du principe de libéralisation des services inscrit dans la Constitution.

Directive aménagement du temps de travail :

 Temps de travail maxi hebdo de 67 heures.

 Opt-out : dérogation individuelle ou collective, au max. légal du temps de travail ; etc.

 Les services publics. Ils sont transformés en « services économiques d’intérêt général »

(SIEG). Ils « doivent être ouverts à la concurrence (articles III-166). C’est donc bien la mort des services publics.

Au bout du compte, ce sont les salariés qui paient 3 fois les bénéfices des entreprises :

 en tant que salariés, leurs conditions de travail et leurs salaires se détériorent ;

 en tant qu’usagers, devenus « clients », la logique de rentabilité l’emporte sur la qualité ;

 en tant que contribuable, leurs impôts alimentent les bénéfices des entreprises (délégation de service public).

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON

Les "valeurs" du traité constitutionnel ? Concurrence, économie, marché.

Nos valeurs ? Service public, droits des travailleurs, protection sociale.

2/3 du projet constitutionnel, et toutes ses dispositions contraignantes, sont dédiés à l’économie, la concurrence. L’Europe sociale se contente de belles proclamations d’intention qui n’engagent à rien. Les services publics ?

Inexistants. Le « libéralisme économique » est la seule règle, c’est la fin des garanties collectives, des systèmes de sécurité sociale développés en Europe, fondés sur la solidarité et l’égalité des droits.

La Constitution est un projet de l’Europe des grands patrons. Ses défenseurs : le Medef, l’UNICE (patronat européen), les partis de la droite libérale, la majorité du PS passée à l’idéologie de marché, et un « syndicalisme » européen type CFDT.

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON

Au niveau européen, le traité constitutionnel (TCE) affiche les objectifs :imposer le capitalisme libéral, criminaliser les luttes, favoriser un « dialogue social » dans lequel les patrons ont toutes les cartes en mains. L’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) à voter « Oui » à ce traité
antisocial marque la coupure de ce syndicalisme d’accompagnement d’avec la réalité des salariés.

Au niveau mondial, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec des textes comme l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), pose
un cadre similaire au TCE : pouvoirs locaux dépossédés de toute possibilité d’action dans les domaines touchant à la libre concurrence, capacité répressives, policières et militaires, articulées au niveau de l’Otan ; zones d’exploitation protégées, héritées de la colonisation, sous contrôle du FMI et de la Banque mondiale, si besoin est avec des interventions militaires directes ou des blocus meurtriers.

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON

L’approche syndicaliste pose le travailleur au coeur de l’organisation sociale.

La perspective d’une société sans classes suppose que tous appartiennent à la seule classe des travailleurs. Cela signifie la fin de l’exploitation capitaliste, puisque tous participent au bien-être collectif, chacun dans la mesure de ses moyens, comme tous récoltent les fruits de l’effort collectif.

La nécessité apparaît de construire un syndicalisme internationaliste fort.

Pour répondre à une idéologie capitaliste intégriste, ne tolérant aucune entrave au droit de l’argent (droits sociaux, droit du travail). Pour répondre à la mondialisation, cet internationalisme du capital, qui veut abattre tout ce qui limite la liberté des capitaux (services publics, fiscalité), et qui écrase les cultures populaires. Une offensive syndicaliste Pour une Europe des travailleurs

 A la concertation syndicale par le haut de la CES, qui regroupe des permanents ne connaissant plus que les bureaux où se négocient des traités obscurs, nous opposons un internationalisme par la base, avec des luttes internationales, des informations et des rencontres entre salariés de tous pays.

 A la liberté sans frontières des capitaux, nous opposons la liberté des travailleurs à s’établir où ils le souhaitent, à conquérir de nouveaux droits, à s’unir par-delà les frontières.

 A l’harmonisation par le bas des droits sociaux, nous opposons la contagion des acquis sociaux les plus favorables,(droit du travail, maladie, retraite, chômage.) propagés par des organisations syndicales refusant le capitalisme.

 A la déliquescence des services publics, livrés à des intérêts privés, nous opposons la création de services publics européens, la mise en commun de nos richesses, pour que tous, de Vilnius à Paris, d’Istambul à Stockholm, aient le même accès à la santé, à l’éducation, aux transports, à l’électricité.

Se battre pour que tous les travailleurs aient les mêmes droits c’est le seul moyen de défendre nos droits

Constitution européenne : les capitalistes disent oui, nous répondons NON


C.N.T Pour un Syndicalisme

Différent ,Alternatif, Auto-gestionnaire .

La CNT c’est quoi ?

La Confédération Nationale du Travail essaie de développer un syndicalisme différent.

Longtemps ignorée et marginalisée, elle émerge aujourd’hui forte des
expériences accumulées, pour dire bien fort que le pire n’est pas fatal et qu’il n’est pas trop tard pour agir autrement...

Durant des années et des années on nous a bercé d’illusions : développement industriel, progrès social, accès des salariés à la consommation...

Le syndicalisme a pris de mauvaises habitudes : institutionnalisation, paritarisme, corporatisme, perte du sens de la solidarité.

Éblouis par le miracle économique, les salariés ont progressivement laissé des spécialistes de la négociation gérer leurs intérêts à leur place. Les employeurs, eux, étaient trop heureux d’avoir affaire à des professionnels du syndicalisme plutôt qu’à des salariés toujours plus turbulents et imprévisibles...

Et puis crac ! Le chantage à la "crise", le retour en force du libéralisme, la fin de l’État-providence et voici où nous en sommes : coupure de la société entre chômeurs et précaires d’un côté, salariés de l’autre. Et pour ces derniers course à la rentabilité, à la productivité, déréglementation, fin des garanties, liquidation de la notion de service public, limitation de la protection sociale, dictature de l’économie. De cette situation tous les politiciens, de droite comme de gauche, tous sont responsables.

Exploitation sanguinaire du Tiers-Monde, destruction du milieu naturel par pollution industrielle ou nucléaire, commerce cynique des armes et militarisation de la société, bénéfices monstrueux des financiers et misère sans nom de ceux à qui est refusé même l’indispensable....

Est-ce là ce que nous voulons ?

Ce monde hideux qu’on nous impose en même temps qu’on nous demande de
le fabriquer, nous, les salariés, nous pouvons le refuser.

Parce que nous fabriquons toutes les marchandises et assurons tous les services, il faut que nous les orientons pour le bien de toute la collectivité et non pour le plus grand profit ou pour l’ambition démesurée de quelques-uns.

C’est pourquoi nous pensons que le syndicalisme doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : révolutionnaire, c’est-à-dire porteur d’un projet pour une société plus juste, plus égalitaire, plus libre..

Aussi, pour l’immédiat la CNT propose-t-elle une pratique syndicale qui dépasse la cogestion frileuse de la société telle qu’elle est. Il s’agit, bien entendu,de défendre les intérêts immédiats des salariés. Mais il s’agit aussi d’ébaucher dès maintenant un autre futur, en adoptant une méthodologie syndicale en rupture avec les schémas hiérarchiques qui régissent notre présent.

La CNT c’est l’effort militant à la place de la bureaucratisation ; c’est la solidarité interprofessionnelle à la place du corporatisme ; c’est un syndicalisme libre de toute interférence politique.

Pour la CNT, ce qui est fondamental, c’est que les gens décident pour eux-mêmes. Dans la section, dans le syndicat, c’est l’assemblée générale qui décide de tout : pas de mots d’ordre parachutés, pas de "ligne" à suivre, pas d’arrière-pensées politiciennes...

Et ce modèle est transposable aux luttes. Ce sont les salariés eux-mêmes qui doivent décider de la manière de les mener. Assemblées générales souveraines de tout le personnel impliqué ; pas d’étiquettes syndicales affichées, seul moyen d’éviter les lamentables rivalités de clocher que nous n’avons que trop connues.

Puisque personne ne travaille pour toi, que personne ne décide à ta place !

Si vous désirez recevoir gratuitement trois numéros du
« Combat Syndicaliste » mensuel de la Confédération Nationale
du Travail, vous pouvez renvoyer le coupon suivant à l’adresse ci-dessous :

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Messages

  • La "CNT Aquitaine" est-elle affiliée au bureau conféral CNT sis rues des Vignolles à Paris ? Ou à la CNT-AIT dont le siège est à Toulouse (et qui édite elle-aussi un périodique intitulé "Combat syndicaliste" ? Je pencherais pour la première hypothèse, mais je n’en suis pas sûr. En tous les cas, je pense que ce genre de prises de position sont claires. Elles ne donnent pas explicitement une consigne d’aller voter, le 29 mai (elle laisse libre les adhérents et sympathisants "philosophiquement abstentionnistes", sans les engager dans une démarche contraire à leurs valeurs), elles indiquent par contre clairement et intelligemment là où est le danger pour les travailleurs et tous les exploités.
    Bravo !

  • "Puisque personne ne travaille pour toi, que personne ne décide à ta place !"
    Très belle maxime prolétarienne ! Allez votez le 29 mai (même si t’as pas de cartes d’électeur, "tu voles" - c’est une image - celle de ta belle-mère, d’un pote hésitant... ) en mettant le bulletin NON, c’est les empêcher momentanément de décider à la place des dizaines de millions de spectres en Europé , pour lesquels "personne ne travaille", mais sur l’anéantissement social desquels prospèrent ceux pour lesquels beaucoup de gens travaillent...!
    Ce scrutin est aussi une bataille de classe qui décrit deux camps, qui fracturent enfin la société française. "le ciel de la politique" commence enfin à refléter moins imparfaitement le pesamment terrestre des conditions réelles d’existence, autrement dit tout ce qui se trouve sommairement regroupé sous les concepts journalistiques bâclés de "social", "société", "fait divers", "France", "Europe", "culture", "emploi","entreprise", "économie", "finances", "modes et travaux"...

  • juste une précision : Le Combat syndicaliste est un bimensuel édité par la CNT vignoles.