Accueil > Lettre d’un chômeur à ses parents
Lettre d’un chômeur à ses parents
par CGT chômeurs rebelles 56
Publie le dimanche 24 février 2013 par CGT chômeurs rebelles 56 - Open-Publishing3 commentaires
Maman, Papa
Je vous écris aujourd’hui pour vous demander de ne plus me parler de ma recherche d’emploi.
Je vous demande ça parce que cela fait maintenant trois mois que je n’ai plus de contact avec vous, parce que je ne peux plus supporter de vous entendre me demander "où j’en suis dans ma recherche d’emploi".
Je ne vous en veux pas, mais c’est tout simplement au-dessus de mes forces.
Comme vous le savez, j’ai quitté l’école avec un BTS de comptabilité.
Puis j’ai cherché un emploi lié à mon diplôme.
Pendant des mois.
Je n’ai rien trouvé, à part des mi-temps qui ne permettaient pas d’être autonome et de payer mon loyer. Alors j’ai commencé l’intérim, après avoir bidonné mon CV pour ne pas faire apparaître que j’avais Bac+2.
J’ai bossé dans des usines de conditionnement poisson, de pâtisseries.
J’ai bossé comme coursier.
J’ai bien aimé le poste de coursier, la préparation de commandes, la relation client.
Mais, malgré ce que m’a laissé entendre la boîte intérim, il n’y a pas eu d’embauche au bout.
C’était juste pour boucher un trou.
Je vais consciencieusement à tous mes rendez-vous Pôle emploi, même si des fois je n’ai pas le moral. Je lis les petites annonces, je fais le tour des boîtes intérim. Je recherche tous azimuts.
Mais je ne trouve rien de durable. Juste quelques missions de temps en temps.
Croyez-moi, pourtant, je ne pense qu’à ça.
La pire pression, c’est de vous entendre dire, vous, mes parents, « Alors, où t’en es de ta recherche d’emploi ? » Comme si c’était simple.
Comme si c’était facile de trouver un emploi qui me permette de vivre, et non pas de survivre.
Comme si je ne pensais pas à ça tout le temps.
Je sais bien que vous ne pensez pas à mal, mais c’est tout bête, je ne supporte tout simplement plus ces petites phrases « Si j’étais toi, j’irai voir untel » ou « tu as vu ils embauchent chez machin ».
Comme si je ne cherchais pas assez.
Je vous demande donc, à vous, mes parents, de ne plus me parler de ma recherche d’emploi.
Je ne suis pas qu’un chômeur. Je suis aussi votre fils, avec sa vie sociale, ses envies, ses doutes, ses centres d’intérêts. Ma recherche d’emploi, je m’en occupe.
A bientôt j’espère
P.S : Vous n’êtes pas les seuls à me parler sans arrêt de ma recherche d’emploi. Je compte aussi envoyer ce courrier à mes amis Jacky, Marlène, Fabrice, Carole, et tonton Gilou, tati Paulette que n’ai pas vu non plus depuis plusieurs mois, pour la même raison.
Je compte sur vous pour continuer à cacher à grand-père et grand-mère que je suis au Pôle emploi, et leur laisser croire que je bosse toujours en tant que coursier.





Messages
1. Lettre d’un chômeur à ses parents, 24 février 2013, 18:50, par robin des bois
ne faite plus d’enfants,il y a plus de boulot.Les parents sont les responsables et l’état qui pense qu’a notre fric
1. Lettre d’un chômeur à ses parents, 24 février 2013, 19:56
en fait c’est ce que le NOM ESPERT , te fait pas de soucis mon
cher "ils ont des formules qui rapportent plus d’argent que la tienne
ne prend pas la mouche , c’est ce que j’ai dit a mes enfants (2 )
deux enfants ,de quoi ce remplacer sur la Terre
2. Lettre d’un chômeur à ses parents, 26 février 2013, 22:29, par Cassiopée
"Je n’ai rien trouvé, à part des mi-temps qui ne permettaient pas d’être autonome et de payer mon loyer"
Ce serait intéressant de savoir si celà a existé dans d’autres civilisations passés, je n’en ai jamais vu évoqué de mon côté.
De plus de nos jours, même des temps plein ne permettent pas de payer un loyer et si reste il y a d’être autonome avec les autres coûts financiers de la vie.