Accueil > Lettre ouverte pour une interdiction des licenciements boursiers

Lettre ouverte pour une interdiction des licenciements boursiers

par Jouer avec les mots c’est jouer avec nos vies

Publie le samedi 2 février 2013 par Jouer avec les mots c’est jouer avec nos vies - Open-Publishing
12 commentaires

Merci de cliquer sur l’image si vous souhaitez signer et diffuser le texte qui suit :

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les parlementaires de la majorité.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle 2012, M. Hollande a déclaré que son ennemi était la finance.

Son 35ième engagement de campagne indiquait la volonté suivante :
Pour dissuader les licenciements boursiers, nous renchérirons le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions, et nous donnerons la possibilité aux salariés de saisir le tribunal de grande instance dans les cas manifestement contraires à l’intérêt de l’entreprise.

Après sa victoire en mai, pendant la campagne pour les élections législatives, M. Sapin, son ministre du travail, a déclaré qu’à condition d’avoir la majorité à l’Assemblée nationale le 17 juin 2012, un projet de loi donnera "les pouvoirs, les moyens au juge d’interdire un licenciement lorsqu’il n’a comme seul motif que d’augmenter encore un peu plus les dividendes qui seront versés à l’actionnaire".

A ce jour et jusqu’en 2017, M. Hollande est au pouvoir et possède une majorité absolue à l’Assemblée Nationale.

Elle lui a été donnée sur la base notamment des engagements et promesses rappelés ci-dessus.

Vous avez un mandat du peuple français pour CHANGER LES CHOSES, MAINTENANT !

Comme l’a montré le rassemblement du 29 janvier 2013 devant le ministère du travail, l’inquiétude grandit face à la multiplication des licenciements dans les entreprises qui réalisent pourtant des profits.

A cette occasion, les salariés ont transmis une proposition de loi pour interdire cette pratique.

Aujourd’hui, nous ne nous satisfaisons pas des arguments qui veulent montrer que le terme de "licenciement boursier" est inapproprié pour désigner de telles pratiques.

Jouer sur les mots, c’est jouer avec des vies.

Nous ne nous satisfaisons pas non plus des arguments selon lesquels les récents accords sur la réforme du marché du travail vont protéger les salariés de ce type de licenciements...

Au-delà de tout clivage politique, et parce que cette attente est immense dans l’opinion publique, nous vous demandons donc de travailler rapidement à l’élaboration et au vote d’une loi interdisant les licenciements dans les entreprises qui réalisent des profits.

Nous pensons que c’est la seule façon de tenir vos engagements de campagne sur ce sujet et qu’il en va de la crédibilité de la classe politique, peut-être même de celle de nos institutions républicaines, dont vous êtes toutes et tous les garants.

Pour vous soutenir dans cette démarche, en ne doutant pas que vous l’engagerez rapidement, nous ne manquerons pas de continuer à occuper le terrain des luttes sociales.

Portfolio

Messages

  • Je vais cliquer MAIS je tiens à apporter une précision qui me semble extrêmement importante.

    Demander l’interdiction des "licenciements boursiers" est une hérésie et se tirer déjà d’emblée une balle dans le pied, j’ai expliqué ailleurs et ici avec d’autres en long en large en travers pourquoi ce qu’il faut réclamer c’est

    "L’INTERDICTION DES LICENCIEMENTS"

    et punto. "Tout court" comme on dit !

    donc je "clique"

    MAIS MON SOUTIEN VA AUX LUTTES ET A CELLES ET CEUX QUI LES MÈNENT selon les modalités qu’ils estiment le plus collectivement possibles être les bonnes

    ET PAS à cette proposition qui est ,je suis désolée, inepte.

    Gardons en mémoire comme la proposition du référendum pendant le mouvement sur la réforme des retraites a permis aux réformards de tous bords de casser la dynamique au lieu de la faire monter.

    Là, avec "licenciements boursiers" et / ou "dans les groupes qui font du profit" (encore pire, donne moi un pool de bons comptables et avec les normes IFRS je te transformerai en qq jours un groupe qui "fait du profit" en un groupe qui est "en faillite" ou à peu près....) on a déjà foutu un genou par terre.

    EN OUTRE,

    Je pense que l’URGENCE c’est AUSSI de lier à la défense de l’emploi la lutte contre "l’accord de Wagram" (l’ANI du 11 01 2013) pour unir ceux qui ne sont pas dans une situation de perte d’emploi à ceux qui le sont, avec une formule qui a du sens.

    De toute manière ce n’est pas très grave, l’essentiel est que les luttes montent et s’amplifient - si nous faisons toutes et tous correctement notre travail d’agitateurs propagandistes militants, dans quelques semaines, les revendications se seront radicalisées d’elles-mêmes je l’espère.

    Soutien, solidarité et fraternité à celles et ceux qui luttent ou qui s’apprêtent à le faire en tous cas.

    La Louve

    • Ajoutons aux propos de LL que ce mot d’ordre a une histoire...

      Issu en ligne droite de... LO et la LCR... Sans le concept de "boursiers" bien sur.
      Il connait une montée en puissance et en popularité auprès des salariés sous le gouvernement de la... "gauche plurielle"...

      Et est opposé aux lois dites "Aubry" sur les 35h "annualisées et flexibilisées" sensées créer de l’emploi.

      Condamné comme "foutaise gauchiste irréaliste" par les gouvernementaux dont bien sur le secrétaire d’état JLM et les "ministres communistes".

      Avec le retour de la droite, il sera repris par la "gauche" surtout le PCF puis le FdG en y ajoutant bien sur "boursiers".
      Faut rester sérieux quand même...
      Avec toutes les conséquences décrites par LL.

      Il est vrai qu’en retirant "boursiers" on pourrait entrer dans le piétinement de la sacro-sainte propriété privée et poser la question de l’expropriation des licencieurs.

      Le socialisme ? Vous n’y pensez pas...
      Paco

    • Merci Paco pour cet utile rappel qui nous permet de distinguer l’alcool du canada dry si je puis dire, à l’heure de l’apéro ;)

      L’interdiction des licenciements point à la ligne est le seul mot d’ordre révolutionnaire .....sauf à vouloir cogérer le capitalisme pour le compte des capitalistes.....

      il est en outre parfaitement justifié parce que dans un monde où le "prolétaire n’a plus que la vente de sa force de travail pour vivre", le licenciement équivaut en période de crise du capitalisme, donc, de crise de surproduction à tout ce que l’on connait, misère, pauvreté etc donc atteinte à la vie et à la dignité, c’est donc un acte immonde toujours et a fortiori en période de crise

      en outre l’interdire purement et simplement sera une voie pour en effet et comme le souligne très justement Paco, porter atteinte à la propriété privée du Capital.

      LL

  • Je clique en ajoutant que les casseurs d’Entreprises ça suffit qu’ils s’en aillent et que l’Etat fasse son devoir en remettant l’entreprise abandonnée par le patron aux travailleurs avec les aides à la clé destinées seules au patronat ! Sinon qu’est-ce que cela veut dire, ce serait méprisant, que les travailleurs ne savent pas gérer aussi ? Et ce processus systématisé oui ce serait le remède efficace anti-chômage ! Allons ! Messieurs les décideurs un peu de courage, vous auriez là un argument sérieux pour vous faire réélire ! De l’audace voyons pour dire au MODEF. : Vous fermez une entreprise ? Eh ! Bien les travailleurs s’en chargeront et l’Etat aidera. Et voilà des aides qui seraient enfin bien utilisées !!!

  • Je ne signe pas ce genre de texte.

    Je ne répèterai pas l’argumentation développée par LL."Les licenciements boursiers" est un slogan à la con repris par celles et ceux qui n’ont même pas ce réflexe de considérer que cela implique l’acceptation des licenciements " non boursiers".

    Soit des entreprises cotées en bourse et qui transforment en licenciements économiques. ( la concentration capitaliste, par OPA,etc.....)

    Et les entreprises non cotées en bourse qui foutent des centaines de salariés à la rue ? c’est des licenciements "acceptables" ?

    Désolant de conneries !

    LR

  • l’interdiction des licenciements boursiers

    =

    l’acceptation des autres licenciements !!!

    c’est faire croire qu’il est naturel ( car le capitalisme, mon bon monsieur, c’est la vie comme dirait la parisot ) de licencier quand les affaires vont mal

    c’est l’acceptation du capitalisme.

    c’est la fumeuse théorie des petits pas chères à tout un pan de l’extrème gauche ( auquel j’ai cru ) obtenir l’interciction des licenciements boursiers ça serait un grain de sable dans la machinerie...

    cette "lutte" n’est pas à la hauteur de ce que pensent des millions de salariés : nous vivons dans un monde de merde, mais nous ne voyons pas par quoi le remplacer.

    ce genre de lutte, c’est ne pas se poser les vrais questions : à savoir, devant ce monde mortifère qui va dans le mur, quelles alternatives concrètes, comment ne pas reproduire le passé, en particliers le passé stalinien ?

    • Je partage ce qui est dit sur les licenciements dits boursiers, surtout à l’heure la quasi totalité des groupes est internationale.

       Surtout qu’à l’heure où on veut unir des forces face à des attaques globales, diviser ceux qui seraient licenciés parce que les comptes de leurs boites sont déficitaires et ceux qui ne le seraient pas parce que leur boite est bénéficiaire relève d’un affaiblissement de l’unité nécessaire face à des attaques qui se ressemblent : baisser la part des salaires (par les licenciements, les destructions d’emplois, les attaques sur les salaires, le temps de travail, les conditions de travail, etc) et remonter la part des profits par tous les moyens, la part que les carnassiers de la bourgeoisie prélève.

      Ainsi quand la bande à Hollande décide de liquider des centaines de milliers d’emplois dans le périmètre de l’intervention de l’état, ça se fera par des licenciements, des départs à la retraite non compensés, etc, ça vise bien à économiser du fric pour le filer aux créditeurs bourgeois de l’état, accroitre les marges des entreprises, etc. La logique à l’œuvre est strictement la même et les objectifs strictement les mêmes.

       Les travailleurs qui ont poussé cette orientation sur les licenciements boursiers l’ont fait en partie par la propagande sur cette question par le front de gauche. Ce fut une erreur parce que ça n’a pas élargi le front de la résistance, mais l’a affaibli. On comprend le raisonnement et on soutient la lutte des travailleurs concernés. Mais si on veut élargir il faut bien faire autrement. Cela n’empêche pas les aspects spécifiques de telle ou telle boite, ni coordination de boites. Au contraire.

       Ce qui me ramène à la question de la nécessité d’opposer un front coordonné des travailleurs en lutte embrassant et reprenant les revendications des travailleurs en lutte, et non pas l’idée qu’en se concentrant sur une ou deux simples on sera plus fort. Le LKP il y a maintenant quelques années avait mobilisé sur plus de 100 revendications et gagné sur plus de 100 revendications, permettant ainsi à tous les travailleurs de se retrouver dans les revendications portées.

      Le gouvernement et les patrons du secteur s’attaquent maintenant à une multitude d’entreprises du secteur santé social, avec mêmes objectifs que dans le secteur industriel, et le carnage a commencé. Tout autant que les résistances, même dans de toutes petites structures de 20, 50, 70 travailleurs, etc.

      Unir tout cela est important.

      Enfin, une petite question : dans le rapport de force et la mise sous protection des moyens de production, au delà des discours lyriques sur la nationalisation ou l’expropriation, le concret doit pousser à se saisir des moyens de production, donc occuper partout où c’est possible les entreprises.

    • au delà des discours lyriques sur la nationalisation ou l’expropriation, le concret doit pousser à se saisir des moyens de production, donc occuper partout où c’est possible les entreprises.

      comment l’idée même de prise de contrôle de l’outil de production (au sens large, la boite quoi ) pourrait venir à l’esprit des salariés alors que quasiment toutes les forces de gauche et d’extrème gauche applique la délégation de pouvoir à fond

      que ce soit par les élections ou par les comité de grève noyautés.

      bref, qui pousse les salariés à réellement se prendre en main ?

      qui ?

      L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes !

      qui y croit réellement et qui agit en conséquence

      au lieu de cela, on en reste à une vision d’orga, quelle s’appelle parti, syndicat ou comité tartantpion

    • l’interdiction des licenciements boursiers

      =

      l’acceptation des autres licenciements !!!

      C’est pas un peu rapide ça comme affirmation ,
      Bien que je partage ce que L.L. LR ou Copas rappellent, je pense que , tout recul du CAPITAL ( LDC dans et hors l’entreprise PLUS telle outelle disposition "interdisant" telle fermeture de site,).. c’est bon à prendre..
      Sinon, on peut comme d’autres rappeler que demander l’"augmentaion des Salaires" c’est ACCEPTER que jamais , on ne connaisse la fin du Salariat, et que le slogan "taxer fortement les Capitalistes" c’est ACCEPTER la pérennité du CAPITALISME ..

      Non, dans la LUTTE , telle victoire contre l’adversaire , dans un moment ou il ne peut TOLERER aucune "avancée"sociale, c’est aussi un moment de prise de conscience qu’"ils" ne sont pas invincibles..
      C’est de l’espoir que "tout n’est pas foutu".

      Après, comme nous le répétons, les Masses fontl l’Histoire..

      De petits pas en petits pas , ( et oui, camarades !)...quand la CLASSE, malade d’absence de repères, marche en boitillant méchamment !

      Sans ORGA révolutionnaire !

      Et quand c’est POSSIBLE et décidé par les intéressés, avec "des grands bonds en avant"..

      J’ai signé la pétition moi aussi..
      Comme d’ailleurs j’aurai pu ne pas la signer

      Mais ceux de chez Mittal ou ailleurs,eux, estiment ils que dans l’urgence e tl’angoisse de perdre son job, ce serait ou non un pas en avant que d’obliger ce Gouvernement à prendre en compte le rapport de force , non pas électoral du 6 mai- mais de ce jour, avec ce qui a "bougé" chez certains qui croyaient à cette"Gôôche"..

      J’ai signé en prenant tout ça en compte..et sans me considérer comme un pov’ réformiste qui accepte les autres licenciements qui ne sont pas "boursiers"...

       :)

      Cordialement

      A.C

      .

    • Salut AC,

      Je ne pense pas traiter les divergences à coup de "social-traitres".
      Si cela a été le cas une fois, signale le moi.
      Pour autant, je ne signerai pas.
      Pour les raisons déjà mentionné par d’autres et moi ici.

      De plus, il ne faut pas mélanger ce qu’une partie des travailleurs mettent derrière "interdiction des licenciements boursiers" et ce qui mettent des dirigeants du FdG.

      Pour les uns, c’est : "le patronat s’en met plein les poches et en plus il nous vire pour s’en mettre encore plus", raisonnement que ces travailleurs étendent à tous les licenciements.
      Pour les dirigeants, la recherche d’un capitalisme "pacifié et régulé" bien comique vu l’ampleur de la crise et derrière le proposition d’une "autre politique" sensé restaurer une certaine "marge de négociation" entre le capital et le travail.

      Ajoutons que pour ces derniers (les dirigeants) le mot "entreprise" est bien ambigu.
      Parle-t-on du groupe (PSA ou Mittal) ou d’un site (Aulnay ou Florange) ?
      Pour Aulnay c’est éclairant : PSA veut organiser la faillite du site d’Aulnay à coup de surbookage de la production à Poissy et d’anticipation de la "mobilité du personnel" en particulier vers Poissy.

      On peut parfois signer des textes "pas très bons voire limites" pour faire avancer les choses, mais considérant que les luttes et leur coordination feront avancer autant ne pas signer un texte confusionniste qui lui ne pèsera guère dans les rapports de force "réels".

      Cordialement
      Paco